Questions de cours
CHAPITRE 01
Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ?
01Montrez que l’accumulation des facteurs de production est source de croissance économique.
D — DéfinirLa croissance économique correspond à l’augmentation durable de la production de biens et de services, généralement mesurée par le PIB réel. Les facteurs de production sont principalement le travail et le capital. Leur accumulation désigne l’augmentation de leur quantité disponible.
E — ExpliquerL’accumulation ne fait croître la production que si les facteurs supplémentaires sont effectivement employés. Un investissement augmente le stock de machines et permet aux salariés de produire davantage ; une hausse du nombre de personnes en emploi augmente le volume de travail mobilisé. À efficacité des facteurs donnée, cette hausse des quantités utilisées fait progresser le PIB réel : c’est une croissance extensive.
I — IllustrerImaginons une boulangerie qui ouvre un second atelier avec de nouveaux fours et embauche une équipe pour les utiliser. Sans changer la façon de fabriquer chaque pain, elle peut en produire davantage chaque jour. Si beaucoup d’entreprises procèdent ainsi, le volume produit dans l’économie augmente.
02Montrez que l’accroissement de la PGF est source de croissance économique.
D — DéfinirLa productivité globale des facteurs, ou PGF, mesure l’efficacité avec laquelle le travail et le capital sont combinés pour produire. Son augmentation signifie qu’une même quantité de facteurs permet d’obtenir davantage de production.
E — ExpliquerLa PGF augmente lorsque la production progresse plus vite que les quantités de travail et de capital employées. Une meilleure organisation, des connaissances nouvelles ou des procédés plus efficaces permettent de tirer davantage de chaque combinaison productive. La hausse de la production qui n’est pas attribuable à la seule accumulation des facteurs constitue ainsi une source de croissance intensive.
I — IllustrerDeux ateliers disposent chacun de dix machines et de 50 salariés. L’un réorganise la circulation des pièces et réduit les temps d’arrêt : avec des facteurs inchangés, il livre davantage de produits. Cette production supplémentaire illustre une hausse de la PGF, à condition de comparer des productions de qualité équivalente.
03Montrez le lien entre progrès technique et accroissement de la PGF.
D — DéfinirLe progrès technique désigne l’ensemble des innovations qui améliorent les produits, les procédés ou l’organisation de la production. La PGF mesure l’efficacité de la combinaison des facteurs travail et capital.
E — ExpliquerUne innovation de procédé peut réduire les pertes de matières premières ou les temps d’arrêt des machines. Pour des quantités données de travail et de capital, davantage de biens sont alors produits : la PGF augmente. Il faut cependant distinguer l’efficacité nouvelle de la simple installation de machines supplémentaires, qui relève aussi de l’accumulation du capital. La PGF est un indicateur résiduel : elle ne mesure pas uniquement le progrès technique.
I — IllustrerDans une usine, un logiciel règle plus finement la découpe des matériaux. Les mêmes salariés, machines et quantités de matière permettent de fabriquer davantage de pièces utilisables parce que les rebuts diminuent. Le gain vient ici du procédé, non d’une multiplication des machines.
04À l’aide d’un exemple, montrez que le progrès technique est endogène.
D — DéfinirDire que le progrès technique est endogène signifie qu’il résulte du fonctionnement même de l’économie. Il provient notamment d’investissements dans la recherche, l’éducation, la formation, les infrastructures et de l’activité d’innovation des entreprises.
E — ExpliquerLe progrès technique ne tombe pas du ciel : les entreprises consacrent des ressources à la recherche lorsqu’elles espèrent vendre un produit nouveau ou réduire leurs coûts. L’État finance aussi des connaissances et des formations dont les retombées peuvent profiter à de nombreuses entreprises. Une innovation peut ensuite en faciliter d’autres, ce qui donne au processus un caractère cumulatif.
I — IllustrerUn fabricant de batteries finance des chercheurs pour améliorer la chimie de ses cellules. La nouvelle conception augmente l’autonomie ; l’expérience acquise en usine permet ensuite de diminuer les défauts de fabrication. Ces progrès résultent de décisions de recherche et d’investissement prises dans l’économie : ils sont endogènes.
05Montrez comment une institution peut contribuer à la croissance économique.
D — DéfinirUne institution est un ensemble de règles formelles ou informelles qui encadrent les comportements des agents économiques. Elle peut organiser les contrats, protéger la propriété ou assurer le fonctionnement des marchés.
E — ExpliquerUne règle qui protège effectivement les créations réduit le risque qu’un concurrent copie immédiatement une innovation coûteuse. L’entreprise peut alors espérer récupérer une partie de ses dépenses de recherche et se décider à investir. Si l’innovation améliore les produits ou la productivité, cette incitation peut contribuer à la croissance. La règle seule ne suffit pas : elle doit être appliquée et la demande doit exister.
I — IllustrerUn brevet accorde à une entreprise un droit temporaire sur un procédé qu’elle a mis au point. Elle peut vendre ce procédé ou l’exploiter avant l’arrivée d’imitateurs, ce qui aide à amortir les dépenses de recherche. Cette perspective rend le projet plus attractif qu’en l’absence de protection.
06Montrez comment les droits de propriété influent sur la croissance économique.
D — DéfinirLes droits de propriété donnent à leur titulaire le droit d’utiliser un bien, d’en percevoir les revenus et d’en disposer dans les limites fixées par la loi. Ils peuvent porter sur des biens matériels ou sur des créations intellectuelles.
E — ExpliquerDes droits de propriété reconnus et défendus permettent à un investisseur de conserver les revenus tirés de son bien ou de son invention. Le risque de se faire déposséder baisse ; l’investissement et la recherche deviennent plus intéressants. Le capital accumulé peut accroître les capacités de production et les innovations améliorer leur efficacité. C’est par ces deux voies, et non automatiquement, que les droits de propriété favorisent la croissance.
I — IllustrerUne jeune entreprise met au point un dispositif médical. Si elle peut protéger son invention par brevet, elle a davantage de chances de financer les essais nécessaires puis de vendre le produit avant que ses concurrents ne le copient. Le brevet transforme donc l’espoir d’un revenu futur en incitation à innover.
07Expliquez en quoi l’innovation s’accompagne d’un processus de destruction créatrice.
D — DéfinirL’innovation correspond à l’application économique d’une invention ou d’une nouvelle manière de produire. La destruction créatrice, concept associé à Joseph Schumpeter, désigne le processus par lequel l’apparition de nouvelles activités s’accompagne du déclin d’activités anciennes.
E — ExpliquerL’entreprise qui introduit un produit ou un procédé nouveau attire des clients ou produit à moindre coût. Une partie de la demande et des ressources se déplace vers cette activité. Des entreprises se créent et de nouveaux métiers apparaissent ; en parallèle, les producteurs liés à l’ancienne technique perdent des débouchés et peuvent supprimer des emplois. Les gains globaux s’accompagnent ainsi de reconversions parfois difficiles.
I — IllustrerAvec l’essor de la photographie numérique, les fabricants de capteurs, de logiciels et de services de partage d’images se sont développés. À l’inverse, la demande de pellicules et de développement argentique a reculé. La même innovation a créé de nouvelles activités tout en détruisant des débouchés anciens.
08Montrez que le progrès technique peut engendrer des inégalités de revenus.
D — DéfinirLe progrès technique correspond aux innovations qui transforment les produits et les méthodes de production. Les inégalités de revenus désignent les écarts de revenus entre individus ou ménages.
E — ExpliquerUne technologie peut compléter le travail de certains salariés tout en remplaçant une partie des tâches d’autres salariés. Si un logiciel accroît la productivité de spécialistes capables de l’utiliser, les entreprises peuvent rechercher davantage ces compétences et mieux les rémunérer. Lorsque les tâches routinières sont automatisées, la demande pour les emplois qui en dépendaient peut diminuer, pesant sur les salaires ou l’emploi. La diffusion du progrès technique peut donc modifier la répartition des revenus.
I — IllustrerDans un cabinet comptable, un logiciel classe automatiquement les factures. Les heures de saisie diminuent, tandis que les salariés capables d’analyser les comptes et de conseiller les clients deviennent plus recherchés. Si leurs rémunérations progressent alors que celles des postes de saisie stagnent, l’écart de revenus augmente.
09Présentez un mécanisme par lequel le progrès technique peut engendrer des inégalités de revenus.
D — DéfinirLe progrès technique désigne les innovations qui transforment les produits et les procédés de production. Un mécanisme important est le progrès technique biaisé en faveur des travailleurs qualifiés.
E — ExpliquerPrenons le biais en faveur des compétences qualifiées. Un outil numérique peut rendre les salariés qui le conçoivent ou le pilotent plus productifs, ce qui accroît leur demande et peut pousser leurs salaires à la hausse. Le même outil peut automatiser des tâches répétitives effectuées par d’autres salariés. Si la demande pour ces tâches baisse, leur pouvoir de négociation diminue. L’écart de rémunération peut alors se creuser, selon les possibilités de formation et de reconversion.
I — IllustrerUn service bancaire automatise la saisie des dossiers de crédit mais recrute des spécialistes pour concevoir et contrôler les modèles utilisés. Les postes de saisie diminuent ; les compétences techniques sont davantage demandées. Ce déplacement de la demande de travail peut accroître les écarts de salaire entre les deux groupes.
10Montrez qu’une croissance économique soutenable se heurte à des limites écologiques.
D — DéfinirUne croissance économique soutenable est une croissance qui peut se poursuivre sans compromettre les possibilités des générations futures. Elle se heurte notamment à l’épuisement de certaines ressources naturelles, aux pollutions et au changement climatique.
E — ExpliquerProduire davantage suppose souvent d’extraire plus de matières et d’utiliser plus d’énergie. Certaines ressources s’épuisent, tandis que les pollutions dégradent l’air, l’eau et les sols. Les émissions de gaz à effet de serre s’accumulent dans l’atmosphère et contribuent au réchauffement climatique. Même si l’impact par unité produite baisse, une hausse suffisante du volume peut annuler ce gain : la croissance n’est donc pas automatiquement soutenable.
I — IllustrerUne flotte de véhicules peut consommer moins de carburant par kilomètre grâce à des moteurs plus efficaces. Si le nombre de véhicules et les distances parcourues augmentent fortement, la consommation totale de carburant peut néanmoins rester élevée, voire croître. Ce décalage entre efficacité et impact global montre la limite écologique.
11À partir d’un exemple, montrez que l’innovation peut aider à reculer les limites écologiques de la croissance.
D — DéfinirL’innovation correspond à la mise en œuvre économique d’un nouveau produit ou procédé. Les limites écologiques de la croissance désignent notamment l’épuisement des ressources, les pollutions et le changement climatique.
E — ExpliquerUne innovation de procédé peut réduire la quantité de ressources ou d’émissions nécessaire pour produire un même service. Elle desserre alors une contrainte écologique et peut permettre à l’activité de se développer avec un impact moindre. Son effet dépend toutefois de sa diffusion, de la façon dont elle est produite et de l’évolution des volumes consommés : un gain d’efficacité ne garantit pas à lui seul une baisse de l’impact total.
I — IllustrerEn remplaçant une centrale à charbon par des panneaux solaires pour produire une partie de son électricité, une région peut éviter une part des émissions liées à la combustion du charbon. Les panneaux mobilisent eux aussi des matériaux et de l’énergie à fabriquer : l’innovation recule la limite climatique sans faire disparaître toutes les contraintes environnementales.
CHAPITRE 02
Quels sont les fondements du commerce international et de l’internationalisation de la production ?
01Montrez comment les avantages comparatifs expliquent la spécialisation internationale.
D — DéfinirUn avantage comparatif désigne la capacité d’un pays à produire un bien à un coût d’opportunité relativement plus faible que les autres biens qu’il pourrait produire. La spécialisation internationale correspond au fait qu’un pays concentre davantage ses ressources dans certaines productions.
E — ExpliquerL’avantage comparatif se juge par ce à quoi il faut renoncer pour produire un bien plutôt qu’un autre. Chaque pays a intérêt à consacrer davantage de ressources à la production où son coût d’opportunité est le plus faible, puis à échanger avec l’autre. Ainsi, même un pays moins productif dans toutes les activités peut trouver un intérêt à l’échange si les productivités relatives diffèrent. Les gains supposent des conditions d’échange favorables aux deux partenaires.
I — IllustrerSupposons qu’en une journée le pays A produise soit 10 tissus, soit 5 bouteilles de vin, et le pays B soit 6 tissus, soit 1 bouteille. A est plus productif dans les deux activités, mais produire une bouteille lui coûte 2 tissus, contre 6 tissus pour B. A a donc l’avantage comparatif dans le vin et B dans le tissu ; un échange entre 2 et 6 tissus par bouteille peut profiter aux deux.
02Montrez comment les dotations factorielles peuvent expliquer la spécialisation internationale.
D — DéfinirLes dotations factorielles correspondent aux quantités relatives de facteurs de production dont dispose une économie, notamment le travail qualifié, le travail peu qualifié et le capital.
E — ExpliquerLorsque le capital est relativement abondant, son coût relatif tend à être plus faible et les activités qui utilisent beaucoup de machines deviennent plus avantageuses. À l’inverse, une abondance relative de travail peut favoriser des activités intensives en main-d’œuvre. Cette différence de coûts relatifs oriente les entreprises vers certaines productions, puis les exportations. Les infrastructures, les salaires et les choix industriels comptent aussi : la dotation n’explique pas toute la spécialisation.
I — IllustrerDans la confection de vêtements, de nombreuses étapes nécessitent beaucoup de travail humain. Un pays disposant d’une main-d’œuvre abondante peut y avoir un avantage relatif par rapport à une activité très mécanisée. Le Bangladesh a ainsi développé d’importantes exportations d’habillement, même si les investissements, l’accès aux marchés et les chaînes d’approvisionnement ont également joué un rôle.
03Montrez comment les dotations technologiques peuvent expliquer la spécialisation internationale.
D — DéfinirLes dotations technologiques désignent les différences entre pays en matière de connaissances, de savoir-faire, de recherche, d’innovation et de maîtrise de certaines technologies.
E — ExpliquerUne avance en recherche, en compétences ou en procédés permet à certaines entreprises de produire à moindre coût ou d’offrir une qualité difficile à reproduire. Cette différence crée un avantage comparatif, même lorsque les pays disposent de quantités voisines de travail et de capital. Les entreprises exportent alors les produits dans lesquels cette maîtrise technique leur donne un avantage ; l’investissement dans la connaissance peut donc construire une spécialisation.
I — IllustrerLa fabrication de semi-conducteurs avancés exige des procédés, des équipes et des équipements très spécialisés. Les capacités développées à Taïwan dans cette activité lui permettent d’exporter des puces vers des pays qui disposent eux aussi de capital et d’ingénieurs, mais pas de la même maîtrise de ces procédés.
04Montrez que la différenciation des produits peut expliquer le commerce entre pays comparables.
D — DéfinirLa différenciation des produits consiste à proposer des biens similaires mais présentant des caractéristiques différentes : marque, design, fonctionnalités, style ou autres attributs. Des pays comparables ont des niveaux de développement et des dotations relativement proches.
E — ExpliquerDes entreprises situées dans des pays semblables produisent des variétés distinctes d’un même type de bien. Les consommateurs ne les considèrent pas comme parfaitement interchangeables : certains préfèrent un style, une fonction ou une marque étrangère. Les entreprises peuvent en outre produire une variété à grande échelle plutôt que toutes les variétés en petite série. Chaque pays importe donc certaines versions d’un produit tout en exportant les siennes : c’est du commerce intra-branche.
I — IllustrerUn automobiliste français peut choisir une berline allemande pour ses caractéristiques, tandis qu’un acheteur allemand préfère une citadine française. Les deux pays fabriquent des voitures ; leurs échanges croisés s’expliquent ici par la diversité des modèles demandés, et non par l’absence de production automobile dans l’un d’eux.
05Montrez que les différences de qualité des produits peuvent expliquer le commerce entre pays comparables.
D — DéfinirLa différenciation verticale désigne la production de biens appartenant à une même catégorie mais présentant des niveaux de qualité ou de gamme différents.
E — ExpliquerLa différenciation verticale concerne des biens de même nature mais de qualités ou de gammes différentes. Dans deux pays au niveau de développement proche, les entreprises peuvent se positionner sur des segments distincts. Comme les acheteurs n’ont pas tous le même budget ni les mêmes attentes, chaque marché demande aussi des produits fabriqués à l’étranger. Cela crée des importations et exportations au sein d’une même branche.
I — IllustrerDeux pays européens peuvent tous deux produire des chaussures : l’un exporte davantage de modèles de luxe en cuir, l’autre des chaussures de sport moins coûteuses. Les consommateurs de chacun des deux pays achètent aussi l’autre gamme. La différence de qualité et de prix rend donc possibles des échanges croisés.
06Présentez deux raisons expliquant le commerce international entre pays comparables.
D — DéfinirLe commerce entre pays comparables désigne notamment les échanges entre économies dont les niveaux de développement et les dotations sont relativement proches. Il prend souvent la forme de commerce intra-branche.
E — ExpliquerD’abord, des pays semblables peuvent échanger des variétés différentes d’un même bien : la diversité des goûts crée une demande croisée. Ensuite, une entreprise peut répartir les étapes de fabrication entre plusieurs pays proches selon les compétences de leurs fournisseurs ; les pièces traversent alors les frontières avant l’assemblage final. La première explication porte sur le choix des consommateurs, la seconde sur l’organisation internationale de la production.
I — IllustrerLa France et l’Allemagne vendent chacune des modèles de voitures à l’autre : c’est la différenciation. Une boîte de vitesses fabriquée dans l’un de ces pays puis montée dans une voiture assemblée dans l’autre illustre, elle, la fragmentation de la chaîne de valeur. Les deux flux peuvent coexister entre les mêmes partenaires.
07À partir d’un exemple, montrez que la fragmentation de la chaîne de valeur explique une partie du commerce international.
D — DéfinirLa chaîne de valeur regroupe l’ensemble des étapes permettant de concevoir, produire et commercialiser un bien. Sa fragmentation internationale signifie que ces étapes sont réalisées dans plusieurs pays.
E — ExpliquerPour fabriquer un bien, une entreprise peut confier la conception, les composants, l’assemblage et la distribution à des sites implantés dans différents pays. Les pièces et produits intermédiaires franchissent alors une ou plusieurs frontières avant même que le bien final soit vendu. Ces flux comptent dans le commerce international et peuvent être très importants lorsque les fournisseurs sont spécialisés dans des étapes distinctes.
I — IllustrerUne entreprise conçoit un téléphone dans un pays, commande les écrans et les puces dans deux autres, puis fait assembler l’appareil ailleurs. Le passage des composants vers l’usine d’assemblage est déjà un échange international ; l’expédition du téléphone achevé en est un autre. La répartition des tâches explique donc une partie des échanges enregistrés.
08À partir d’un exemple, illustrez l’internationalisation de la chaîne de valeur.
D — DéfinirL’internationalisation de la chaîne de valeur désigne la répartition entre plusieurs pays des différentes étapes de création d’un produit : conception, composants, assemblage, logistique, services et commercialisation.
E — ExpliquerL’entreprise choisit des lieux différents selon les compétences et les fournisseurs disponibles, les coûts, les infrastructures ou la proximité des acheteurs. La valeur du bien final provient ainsi de plusieurs territoires, sans que toutes les étapes se déroulent dans le pays où il est assemblé. Les composants et les services intermédiaires peuvent traverser les frontières au fil de la fabrication.
I — IllustrerDans l’industrie des semi-conducteurs, une entreprise peut concevoir une puce aux États-Unis, la faire fabriquer à Taïwan à l’aide d’équipements européens et japonais, puis l’intégrer à un appareil assemblé dans un autre pays. L’étiquette du produit final ne rend pas compte de toutes les étapes et de toute la valeur créées à l’étranger.
09Montrez comment la productivité des firmes sous-tend la compétitivité d’un pays et sa capacité à exporter.
D — DéfinirLa productivité mesure l’efficacité avec laquelle une firme utilise ses facteurs de production. La compétitivité désigne sa capacité à vendre face à la concurrence, notamment sur les marchés étrangers.
E — ExpliquerEntrer sur un marché étranger exige des dépenses supplémentaires : adapter le produit aux normes, trouver des distributeurs et se faire connaître. Les entreprises les plus productives ont souvent des coûts unitaires plus faibles et des marges suffisantes pour couvrir ces dépenses. Elles peuvent vendre à un prix concurrentiel ou investir dans la qualité. Leur capacité à exporter soutient ensuite la compétitivité du pays, sans que toutes ses entreprises deviennent exportatrices.
I — IllustrerDeux fabricants de meubles vendent au même prix sur leur marché national. Celui qui produit plus de meubles par heure travaillée dégage une marge qui lui permet de financer la traduction de son catalogue et un réseau de livraison à l’étranger. L’autre, avec une marge trop faible, renonce à ces coûts d’entrée : l’écart de productivité aide à expliquer leurs trajectoires différentes.
10Montrez comment le libre-échange peut entraîner une baisse des prix.
D — DéfinirLe libre-échange correspond à une situation dans laquelle les obstacles aux échanges internationaux, comme les droits de douane et quotas, sont faibles ou supprimés.
E — ExpliquerL’ouverture peut faire baisser le prix des biens importés lorsqu’un droit de douane disparaît. Elle met aussi les producteurs locaux en concurrence avec des fournisseurs étrangers, ce qui limite leurs possibilités d’augmenter leurs prix. Enfin, l’accès à un marché plus vaste peut réduire le coût moyen grâce aux économies d’échelle. La transmission aux consommateurs dépend néanmoins de la concurrence effective, du change et des coûts de transport.
I — IllustrerSi un distributeur importait un vélo frappé d’un droit de douane, la suppression de ce droit réduit son coût d’approvisionnement. Dans un marché où plusieurs vendeurs se disputent les clients, une partie de cette baisse peut être répercutée dans le prix du vélo. Sans pression concurrentielle, elle peut aussi être conservée sous forme de marge.
11Montrez que le commerce international peut réduire les inégalités entre pays tout en accroissant les inégalités de revenus au sein des pays.
D — DéfinirLes inégalités entre pays correspondent aux écarts de niveaux de vie moyens entre économies. Les inégalités au sein d’un pays désignent les écarts de revenus entre individus ou ménages d’une même économie.
E — ExpliquerL’accès aux marchés étrangers peut permettre à des pays moins riches de développer leurs exportations, d’employer davantage de travailleurs et d’accroître leur revenu moyen. Leur écart de niveau de vie avec les pays riches peut alors se réduire. Mais les gains à l’intérieur de chaque pays sont inégaux : les entreprises exportatrices et certains salariés en bénéficient, tandis que des secteurs concurrencés par les importations peuvent perdre des emplois et des revenus. La réduction des écarts entre moyennes nationales n’empêche donc pas la hausse d’écarts internes.
I — IllustrerLe développement des exportations manufacturières de plusieurs économies d’Asie a accompagné une hausse de leur revenu moyen. Dans un pays importateur, une usine textile exposée à cette nouvelle concurrence peut au contraire fermer, touchant particulièrement ses salariés et leur territoire. Ces effets se produisent à des échelles différentes et peuvent coexister.
12Présentez deux inconvénients du libre-échange.
D — DéfinirLe libre-échange désigne la limitation ou la suppression des obstacles aux échanges internationaux. Il produit des gains globaux, mais ceux-ci ne sont ni automatiques ni uniformément répartis.
E — ExpliquerPremièrement, l’arrivée de producteurs étrangers peut faire perdre des commandes à des entreprises moins compétitives. Les salariés concernés risquent de perdre leur emploi et de devoir se reconvertir, parfois difficilement. Deuxièmement, la répartition des gains peut devenir plus inégale : certaines entreprises et certains travailleurs tirent profit des nouveaux débouchés, tandis que les coûts d’ajustement se concentrent sur d’autres. Ces deux effets ne signifient pas que tous les échanges sont défavorables.
I — IllustrerDans une région spécialisée dans un produit standardisé, des importations moins chères peuvent entraîner la fermeture d’une usine. Ses salariés perdent un revenu avant de retrouver, éventuellement, un autre emploi ; ceux des entreprises exportatrices peuvent, au même moment, bénéficier de commandes supplémentaires. L’ouverture crée des gagnants et des perdants concrets.
CHAPITRE 03
Comment lutter contre le chômage ?
01Distinguez taux de chômage et taux d’emploi.
D — DéfinirLe taux de chômage mesure la part des chômeurs dans la population active, c’est-à-dire parmi les personnes en emploi ou qui recherchent un emploi. Le taux d’emploi mesure la part des personnes qui occupent effectivement un emploi dans une population donnée, généralement celle en âge de travailler.
E — ExpliquerLe taux de chômage a pour dénominateur la population active : il ne dit rien directement des personnes qui ne travaillent pas et ne recherchent pas d’emploi. Le taux d’emploi rapporte, lui, les personnes en emploi à toute la population retenue, y compris les inactifs. Une baisse du chômage peut donc s’accompagner d’un taux d’emploi faible si une part importante des personnes cesse de rechercher un travail.
I — IllustrerDans une population de 100 personnes en âge de travailler, si 70 ont un emploi, 5 sont au chômage et 25 sont inactives, le taux d’emploi est de 70 %, tandis que le taux de chômage est de 5 ÷ 75 = 6,7 %. Les deux indicateurs décrivent donc des réalités différentes.
02Distinguez chômage et sous-emploi.
D — DéfinirAu sens du BIT, un chômeur est sans emploi, disponible pour travailler rapidement et a effectué des démarches de recherche, ou a trouvé un emploi qui commence prochainement. Une personne en sous-emploi occupe déjà un emploi, mais travaille moins qu’elle ne le souhaiterait et est disponible pour travailler davantage ; le sous-emploi inclut également certaines situations de chômage partiel.
E — ExpliquerLe critère décisif est l’existence d’un emploi, même de quelques heures, pendant la période de référence. Une personne à temps partiel qui souhaite et peut augmenter sa durée de travail peut être en sous-emploi, alors qu’elle n’entre pas dans le nombre des chômeurs. Le taux de chômage seul ne décrit donc pas toute la sous-utilisation de la main-d’œuvre.
I — IllustrerUne caissière travaille 18 heures par semaine, souhaite un temps plein et est disponible pour effectuer plus d’heures : elle est en emploi mais en sous-emploi. Son voisin, sans travail, disponible et cherchant activement un poste, est au chômage. Tous deux souhaiteraient travailler davantage, mais les statistiques les classent différemment.
03Montrez que les problèmes d’appariement sont sources de chômage structurel.
D — DéfinirL’appariement désigne la rencontre entre les travailleurs qui recherchent un emploi et les employeurs qui proposent des postes. Le chômage structurel résulte du fonctionnement durable du marché du travail et non d’un simple ralentissement temporaire de l’activité.
E — ExpliquerDes offres peuvent rester sans candidat malgré un nombre élevé de chômeurs si les compétences requises ne sont pas disponibles au bon endroit. Une mauvaise information sur les postes ou des difficultés de mobilité prolongent aussi les recherches. Les entreprises tardent alors à pourvoir leurs postes tandis que des candidats restent sans emploi. Comme cet écart persiste au-delà d’un simple ralentissement de la demande, il contribue au chômage structurel.
I — IllustrerUn atelier recrute un technicien qualifié pour entretenir ses machines, mais les demandeurs d’emploi de la commune ont surtout une expérience dans la vente. Le poste reste vacant et les candidats restent au chômage tant qu’une formation ou une mobilité ne rapproche pas les compétences du besoin de l’entreprise.
04Montrez que les asymétries d’information sont une source de chômage structurel.
D — DéfinirUne asymétrie d’information existe lorsqu’un agent possède davantage d’informations qu’un autre. Sur le marché du travail, l’employeur ne connaît pas parfaitement les compétences du candidat ni l’effort qu’il fournira une fois recruté. Un salaire d’efficience est un salaire volontairement supérieur au salaire d’équilibre pour attirer, fidéliser ou inciter les salariés.
E — ExpliquerL’employeur ne peut pas observer parfaitement l’effort futur des candidats. Pour attirer et fidéliser des salariés et rendre la perte de leur emploi plus coûteuse, il peut offrir un salaire d’efficience supérieur à celui qui équilibrerait le marché. Si plusieurs entreprises font ce choix, davantage de personnes souhaitent travailler à ce niveau de salaire que d’emplois ne sont proposés. Le chômage qui en résulte peut durer même sans faiblesse de la demande globale.
I — IllustrerDans un entrepôt où il est difficile d’observer chaque geste, l’employeur verse un salaire supérieur aux autres offres locales afin de limiter les départs et d’encourager l’effort. À ce salaire, de nombreux candidats se présentent, mais l’entreprise ne crée pas assez de postes pour tous les recruter. L’exemple illustre le chômage involontaire associé au salaire d’efficience, sans supposer un nombre arbitraire d’emplois perdus.
05Présentez deux effets des institutions sur le chômage structurel.
D — DéfinirLes institutions du marché du travail sont les règles qui encadrent l’emploi et la fixation des salaires, notamment le salaire minimum et les règles de protection de l’emploi.
E — ExpliquerLe salaire minimum peut, s’il est élevé par rapport à la productivité de certains salariés et si les employeurs ne disposent pas de pouvoir de marché, freiner leurs embauches. Les règles de protection de l’emploi agissent autrement : elles rendent les licenciements plus coûteux et peuvent inciter à conserver des salariés lors d’un ralentissement, mais aussi rendre une entreprise plus prudente avant de recruter. Les effets de ces institutions dépendent de leur niveau, des marchés et des mesures qui les accompagnent.
I — IllustrerUn restaurateur qui envisage un premier recrutement peut renoncer à embaucher si le coût d’un salarié dépasse les recettes qu’il anticipe. Une autre entreprise, confrontée à une baisse passagère des commandes, peut au contraire garder une salariée qualifiée parce qu’un licenciement serait coûteux et qu’elle aura besoin de ses compétences au retour de l’activité. Les institutions influent sur les embauches comme sur les séparations.
06Présentez un effet positif et un effet négatif du salaire minimum sur le chômage structurel.
D — DéfinirLe salaire minimum est le niveau de rémunération en dessous duquel un employeur ne peut légalement payer un salarié. En France, il prend la forme du SMIC.
E — ExpliquerSur un marché concurrentiel, un salaire minimum supérieur au niveau auquel offre et demande de travail s’équilibreraient peut rendre certains emplois moins rentables et réduire les embauches. Mais, lorsqu’un petit nombre d’employeurs peut imposer des salaires bas, un minimum modéré peut corriger ce pouvoir de marché : il attire davantage de candidats et peut accroître l’emploi. Le bilan dépend donc du niveau du minimum et de la situation du marché du travail.
I — IllustrerSi un entrepôt est le principal employeur d’une petite ville, il peut proposer un salaire si faible que des habitants renoncent au poste. Un minimum légal modéré peut rendre le travail plus attractif et faciliter les recrutements. À l’inverse, dans une activité où les recettes d’un poste restent inférieures à son coût après une forte hausse du minimum, l’employeur peut ne pas créer ce poste.
07Présentez deux effets des règles de protection de l’emploi sur le chômage structurel.
D — DéfinirLes règles de protection de l’emploi regroupent les dispositions encadrant notamment le licenciement, les contrats temporaires et certaines procédures d’embauche.
E — ExpliquerEn renchérissant ou en encadrant les licenciements, la protection de l’emploi peut éviter qu’une entreprise supprime trop vite un poste pendant une baisse temporaire des commandes. Elle garde alors des salariés qui connaissent son activité. Mais l’entreprise peut aussi anticiper la difficulté d’ajuster ses effectifs si son projet échoue et retarder une embauche. La protection réduit donc certaines sorties de l’emploi tout en pouvant freiner certaines entrées.
I — IllustrerUne usine qui prévoit de reprendre sa production après trois mois de commandes faibles peut conserver ses ouvriers formés plutôt que les licencier. Une jeune entreprise dont les ventes futures sont très incertaines peut, elle, repousser un recrutement si elle anticipe un coût élevé de séparation. Les deux décisions illustrent des effets de sens opposés.
08Expliquez comment les fluctuations de l’activité économique agissent sur le chômage conjoncturel.
D — DéfinirLe chômage conjoncturel est la partie du chômage liée aux fluctuations de l’activité économique. Les fluctuations correspondent aux phases d’accélération ou de ralentissement de la production autour de sa tendance.
E — ExpliquerQuand les ménages et les entreprises réduisent leurs achats, les producteurs écoulent moins de biens. Ils diminuent d’abord les heures travaillées ou les recrutements, puis peuvent supprimer des postes si le ralentissement dure. Des travailleurs perdent leur emploi alors que leurs compétences n’ont pas nécessairement changé : le chômage conjoncturel augmente. Une reprise des ventes peut inverser progressivement ce mouvement, avec un délai.
I — IllustrerLors de la récession de 2008-2009, la chute des commandes dans l’automobile a poussé des constructeurs et sous-traitants à réduire leur production et leurs besoins en main-d’œuvre. Le lien entre recul des débouchés, baisse de l’activité et chômage est ici conjoncturel.
09Montrez comment les politiques macroéconomiques de soutien de la demande globale permettent de lutter contre le chômage.
D — DéfinirLa demande globale correspond à la demande totale de biens et services adressée aux producteurs. Les politiques de soutien de la demande regroupent notamment la politique budgétaire expansionniste et la politique monétaire expansionniste.
E — ExpliquerQuand la demande privée faiblit, l’État peut augmenter ses achats ou réduire certains prélèvements pour soutenir le revenu et les commandes adressées aux entreprises. La banque centrale peut, si les conditions le permettent, réduire les taux et faciliter le crédit. Si les entreprises disposent de capacités inutilisées, elles répondent à la demande supplémentaire en produisant davantage et en embauchant ou en évitant des licenciements. Ces politiques ciblent surtout le chômage dû à une insuffisance conjoncturelle de débouchés.
I — IllustrerSi l’État accélère la rénovation de bâtiments pendant une récession, les entreprises du bâtiment reçoivent des commandes alors que leurs chantiers privés se raréfient. Elles maintiennent leurs équipes ou recrutent ; les salaires versés soutiennent ensuite d’autres achats. Une dépense publique compense ainsi une partie de la demande manquante.
10Expliquez comment les politiques d’allègement du coût du travail permettent de lutter contre le chômage.
D — DéfinirLe coût du travail correspond à l’ensemble des dépenses supportées par l’employeur pour un salarié : salaire brut et cotisations patronales notamment. Les politiques d’allègement réduisent une partie de ces cotisations, souvent sur les bas salaires.
E — ExpliquerUne baisse des cotisations patronales réduit le coût d’une heure de travail pour l’employeur. Certains projets d’embauche deviennent alors rentables, surtout lorsque la productivité attendue d’un candidat est proche de son coût initial. Si la baisse se répercute sur les prix, la demande de produits peut aussi progresser et soutenir l’emploi. L’effet n’est pas mécanique : une entreprise sans débouchés peut garder la marge supplémentaire sans recruter.
I — IllustrerUn restaurant envisage d’ouvrir le midi mais hésite à embaucher parce que le service supplémentaire couvrirait à peine le salaire et les cotisations. Un allègement ciblé des cotisations sur les bas salaires peut faire passer le coût de ce poste sous la recette attendue et rendre l’embauche possible. Si les clients ne viennent pas, l’allègement seul ne suffit pas.
11Montrez comment les politiques de formation permettent de lutter contre le chômage structurel.
D — DéfinirUne politique de formation vise à développer ou adapter les compétences des individus. Elle peut notamment concerner des demandeurs d’emploi dont les qualifications ne correspondent plus aux besoins des entreprises.
E — ExpliquerLa formation peut corriger une inadéquation durable entre les qualifications des personnes sans emploi et celles que recherchent les entreprises. Elle apporte les savoir-faire techniques et les certifications nécessaires pour accéder à des postes vacants. Les recrutements deviennent plus faciles et la durée du chômage peut diminuer. Pour agir effectivement, la formation doit correspondre aux besoins locaux et rester accessible aux personnes concernées.
I — IllustrerUne entreprise de maintenance peine à recruter pour réparer des machines automatisées tandis que des demandeurs d’emploi ont une expérience de mécanique traditionnelle. Une formation complémentaire à l’électronique et au diagnostic numérique leur permet de postuler à ces postes jusque-là hors de portée.
12Montrez que les politiques de flexibilisation permettent de lutter contre les rigidités du marché du travail.
D — DéfinirLa flexibilisation du marché du travail consiste à donner davantage de possibilités d’adaptation concernant les rémunérations, le temps de travail, les contrats ou les effectifs. Une rigidité limite l’ajustement de l’offre et de la demande de travail.
E — ExpliquerAdapter les horaires, les contrats ou les effectifs aux variations de l’activité peut réduire le risque perçu lors d’une embauche. L’entreprise accepte plus facilement de recruter pour une commande incertaine ou saisonnière si elle peut ensuite ajuster son organisation. Une flexibilité interne du temps de travail peut aussi éviter des licenciements lorsque la demande baisse momentanément. Ces possibilités n’assurent toutefois ni davantage d’emplois durables ni une absence de précarité.
I — IllustrerUn fabricant reçoit une commande exceptionnelle de trois mois. Si un contrat adapté à cette durée est possible, il peut embaucher plutôt que refuser la commande. Pour ses salariés permanents, il peut aussi moduler les horaires entre périodes chargées et creuses au lieu de supprimer immédiatement des postes.
CHAPITRE 05
Quelles politiques économiques dans le cadre européen ?
01Montrez comment le marché unique peut favoriser la croissance économique.
D — DéfinirLe marché unique européen est un espace économique dans lequel circulent librement les biens, les services, les capitaux et les personnes. La croissance économique correspond à l’augmentation durable de la production de biens et de services.
E — ExpliquerDans un marché unique, une entreprise peut vendre plus facilement dans les autres États membres. Des débouchés plus larges lui permettent de produire davantage et d’étaler ses coûts fixes sur plus d’unités. La concurrence accrue peut aussi la pousser à investir, améliorer ses procédés et réduire ses coûts. Ces gains de productivité et ces investissements peuvent soutenir la croissance, même si certaines entreprises exposées à la concurrence rencontrent des difficultés.
I — IllustrerUne PME qui fabrique des équipements médicaux peut vendre le même modèle sur plusieurs marchés européens, sous réserve de respecter les règles applicables. Elle amortit alors les dépenses de conception sur davantage d’appareils. Le coût moyen peut baisser et les nouvelles commandes encourager l’investissement dans une ligne de production.
02Présentez deux effets du marché unique sur l’activité économique.
D — DéfinirLe marché unique est l’espace européen fondé sur la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes. L’activité économique comprend notamment la production, les échanges, l’investissement et l’emploi.
E — ExpliquerLe premier effet est l’élargissement des débouchés : des producteurs peuvent vendre dans d’autres États membres et accroître leurs échanges. Le second est une concurrence plus forte : les entreprises doivent améliorer leurs prix ou la qualité pour conserver leurs clients, ce qui peut stimuler leur productivité mais aussi mettre en difficulté les moins compétitives. Il faut donc distinguer l’effet sur les flux commerciaux de l’effet sur le comportement des entreprises.
I — IllustrerUn fabricant français de vélos peut gagner des clients en Espagne sans droits de douane à la frontière intérieure. Dans le même temps, des vélos d’autres pays européens arrivent dans les magasins français : le fabricant doit améliorer son offre pour ne pas perdre ses clients. L’exemple réunit l’accès à de nouveaux marchés et la pression concurrentielle.
03Montrez comment la politique européenne de la concurrence contribue au fonctionnement du marché unique.
D — DéfinirLa politique européenne de la concurrence regroupe les interventions visant à préserver une concurrence effective entre les entreprises. Elle comprend notamment la lutte contre les ententes et abus de position dominante, ainsi que le contrôle des concentrations et de certaines aides d’État.
E — ExpliquerLa libre circulation des biens ne suffit pas si quelques producteurs s’entendent sur les prix ou se partagent les marchés. En poursuivant les ententes, les abus de position dominante et certaines concentrations, la Commission empêche que des entreprises neutralisent la concurrence à l’échelle européenne. Le contrôle de certaines aides d’État limite également les avantages sélectifs qui fausseraient les échanges. Ces interventions préservent l’accès au marché et le choix des acheteurs.
I — IllustrerLa Commission a sanctionné une entente entre plusieurs fabricants de camions qui coordonnaient notamment leurs prix. Sans intervention, des acheteurs présents dans différents pays auraient affronté des offres artificiellement moins concurrentielles malgré l’ouverture du marché européen.
04À l’aide d’un exemple, présentez un instrument de la politique européenne de la concurrence.
D — DéfinirUn instrument de la politique européenne de la concurrence est le contrôle des concentrations. Une concentration se produit notamment lorsque deux entreprises fusionnent ou lorsqu’une entreprise en rachète une autre.
E — ExpliquerLorsqu’une fusion importante risque de donner trop de pouvoir à une entreprise sur un marché, la Commission examine l’opération avant qu’elle ne soit réalisée. Elle peut l’autoriser, exiger des engagements comme la vente d’une activité, ou l’interdire si le risque pour la concurrence demeure. L’objectif est d’éviter qu’une réduction excessive du nombre de concurrents ne fasse monter les prix ou ne freine l’innovation.
I — IllustrerEn 2019, la Commission européenne a interdit le rapprochement des activités ferroviaires de Siemens et d’Alstom. Elle estimait que l’opération aurait réduit la concurrence sur certains équipements ferroviaires et les trains à grande vitesse. Cette décision montre qu’un projet industriel peut être bloqué au titre du contrôle des concentrations.
05Présentez une limite de la politique européenne de la concurrence.
D — DéfinirLa politique de la concurrence cherche à préserver des marchés concurrentiels, mais la concurrence n’est pas le seul objectif d’une politique économique. Les pouvoirs publics peuvent aussi rechercher l’innovation, la transition écologique, la résilience ou le développement de secteurs stratégiques.
E — ExpliquerUne politique centrée sur le maintien de plusieurs concurrents sur chaque marché peut entrer en tension avec la volonté de développer des entreprises capables de financer de grands projets de recherche ou de résister à la concurrence mondiale. Autoriser une fusion peut apporter des économies d’échelle, mais aussi donner à la nouvelle entreprise le pouvoir de relever ses prix. La limite est donc la difficulté d’arbitrer entre concurrence immédiate et objectifs industriels de long terme, sans présumer qu’une grande entreprise innove toujours davantage.
I — IllustrerL’interdiction de la fusion Siemens-Alstom en 2019 a suscité un débat : ses défenseurs invoquaient la constitution d’un groupe ferroviaire de taille mondiale, tandis que la Commission craignait une baisse de la concurrence sur certains marchés européens. Le cas illustre un arbitrage réel entre stratégie industrielle et protection des clients.
06Montrez comment une politique monétaire expansionniste peut soutenir l’activité économique.
D — DéfinirLa politique monétaire regroupe les décisions de la banque centrale qui influencent les conditions monétaires et financières. Elle est dite expansionniste lorsqu’elle cherche à réduire les taux d’intérêt ou à faciliter le financement afin de stimuler la demande.
E — ExpliquerUne baisse des taux directeurs peut se transmettre aux taux de crédit proposés par les banques. Les ménages et les entreprises ont alors davantage de projets dont le financement devient abordable : certains achats et investissements sont avancés. Cette demande supplémentaire pousse les producteurs à accroître leur activité et leurs embauches si des capacités sont disponibles. La transmission prend du temps et dépend de la volonté des banques de prêter et des agents d’emprunter.
I — IllustrerUne entreprise renonce à moderniser son atelier parce que les intérêts de l’emprunt rendraient le projet trop coûteux. Après une baisse des taux répercutée par sa banque, ses recettes attendues couvrent le coût du prêt : elle commande de nouvelles machines, ce qui soutient immédiatement la demande adressée au fabricant de ces machines.
07Expliquez comment une variation des taux d’intérêt directeurs agit sur l’inflation et l’activité économique.
D — DéfinirLes taux directeurs sont les taux fixés par la banque centrale qui influencent les conditions de financement de l’économie. Dans la zone euro, ils sont décidés par la BCE afin notamment de maintenir la stabilité des prix autour de sa cible de moyen terme.
E — ExpliquerQuand la BCE relève ses taux, le financement des banques devient plus coûteux et les taux des nouveaux crédits tendent à monter. Une partie des ménages et des entreprises diffère alors achats et investissements. La demande ralentit ; les entreprises ont moins de facilité à relever leurs prix, ce qui contribue à réduire l’inflation avec un délai, tout en freinant l’activité. Une baisse des taux agit en sens inverse, sans garantir une relance si la confiance ou le crédit font défaut.
I — IllustrerEntre 2022 et 2023, la BCE a relevé ses taux directeurs. Pour un ménage envisageant un achat immobilier financé à crédit, la hausse des mensualités réduit le montant qu’il peut emprunter. Si de nombreux ménages reportent leur achat, la demande dans l’immobilier ralentit ; l’effet sur les prix se transmet progressivement.
08Montrez comment une politique budgétaire expansionniste peut soutenir l’activité économique.
D — DéfinirLa politique budgétaire correspond à l’utilisation des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires pour agir sur l’économie. Elle est expansionniste lorsqu’elle augmente les dépenses publiques ou réduit les prélèvements afin de stimuler la demande globale.
E — ExpliquerUne dépense publique supplémentaire est d’abord une commande pour les entreprises. Celles-ci peuvent produire davantage et verser des salaires ; une partie de ces revenus est ensuite dépensée, ce qui soutient d’autres activités. Une réduction d’impôts peut aussi augmenter le revenu disponible des ménages, mais une partie sera épargnée ou consacrée à des importations. Le multiplicateur dépend donc des capacités de production, de l’épargne et des fuites vers l’étranger.
I — IllustrerSi une commune fait rénover ses écoles pendant un ralentissement, elle commande des travaux à des entreprises locales. Celles-ci achètent des matériaux et maintiennent des salariés sur les chantiers. Les revenus distribués peuvent soutenir les commerces, même si une partie des matériaux est importée et que tout l’argent ne revient pas dans la production nationale.
09Expliquez pourquoi les politiques budgétaires nationales sont contraintes dans la zone euro.
D — DéfinirDans la zone euro, les politiques budgétaires restent principalement nationales, mais elles sont encadrées par des règles européennes destinées à préserver la soutenabilité des finances publiques et à limiter les effets de débordement entre États membres.
E — ExpliquerChaque État décide de son budget, mais des déficits et des dettes élevés peuvent avoir des conséquences pour ses partenaires dans une monnaie commune. Les gouvernements se sont donc engagés à surveiller leurs finances et à suivre un cadre budgétaire européen. Les valeurs de référence des traités sont de 3 % du PIB pour le déficit et 60 % pour la dette ; les règles réformées prévoient aussi des trajectoires pluriannuelles adaptées aux pays. Ces contraintes réduisent la marge de manœuvre d’une relance nationale, sans interdire toute dépense supplémentaire.
I — IllustrerUn gouvernement souhaitant prolonger une relance alors que sa dette et son déficit sont élevés doit expliquer comment ses nouvelles dépenses s’inscrivent dans sa trajectoire budgétaire convenue au niveau européen. Il peut choisir ses priorités, mais il ne peut ignorer les engagements de soutenabilité partagés dans la zone euro.
10Montrez pourquoi un choc asymétrique peut poser des difficultés dans une union monétaire.
D — DéfinirUn choc asymétrique est un événement économique qui n’affecte pas de la même manière les différents pays d’une union monétaire. Une union monétaire utilise une même monnaie et une politique monétaire commune.
E — ExpliquerSi une crise frappe surtout un pays, celui-ci aurait intérêt à soutenir sa demande, alors qu’un partenaire en expansion pourrait chercher à freiner l’inflation. La BCE fixe pourtant des taux communs pour les deux. Le pays touché ne peut pas non plus dévaluer une monnaie nationale pour retrouver de la compétitivité. Il doit davantage compter sur sa politique budgétaire, la mobilité des facteurs ou des ajustements internes, qui peuvent être limités ou lents.
I — IllustrerEn 2020, l’arrêt du tourisme international a pesé particulièrement sur des économies comme l’Espagne et la Grèce. Une baisse des taux propre à ces pays était impossible dans la zone euro : la BCE devait tenir compte de la situation de tous les membres. Les États les plus touchés ont donc dû recourir à d’autres soutiens, notamment budgétaires.
11Expliquez les difficultés de coordination entre politique monétaire unique et politiques budgétaires nationales dans la zone euro.
D — DéfinirDans la zone euro, la politique monétaire est unique et conduite par la BCE, tandis que les politiques budgétaires restent largement décidées par les États membres dans un cadre commun.
E — ExpliquerLa BCE choisit ses taux en fonction de la situation de l’ensemble de la zone euro, tandis que chaque gouvernement vote un budget adapté à sa propre conjoncture. Si la BCE relève les taux pour contenir l’inflation mais que plusieurs États augmentent fortement leurs dépenses, la demande soutenue par les budgets peut atténuer le freinage recherché. À l’inverse, lorsque la BCE assouplit sa politique pendant une récession, des États contraints par leur dette peuvent réduire leurs dépenses et amoindrir la relance. Les décisions sont prises à des échelles différentes et leurs effets se croisent.
I — IllustrerImaginons que la BCE augmente ses taux pour ralentir le crédit, tandis qu’un État multiplie les commandes publiques pour soutenir ses entreprises. Les achats de cet État poussent la demande à la hausse au moment où le crédit plus cher cherche à la modérer. Sans coordination, les deux politiques peuvent donc se contrarier, même si chacune répond à un objectif compréhensible.
