Argument. Les droits de propriété favorisent la croissance économique en incitant les agents à investir et à innover. Ils définissent et protègent les possibilités d’utiliser un bien, d’en percevoir les revenus et de le céder.
Explication. Lorsqu’un entrepreneur peut conserver les revenus de son investissement, il est davantage incité à acheter des équipements et à développer son activité. La protection de la propriété intellectuelle joue un rôle particulier pour l’innovation : les recherches sont coûteuses et leur résultat peut être copié. Le brevet accorde un droit exclusif temporaire sur l’exploitation d’une invention, qui permet à son titulaire d’espérer rentabiliser ses dépenses, notamment par la vente du produit ou par des licences. Cette perspective de profit encourage la recherche et développement. Les innovations de procédé permettent ensuite de produire plus efficacement et d’accroître la productivité globale des facteurs ; les innovations de produit créent de nouvelles possibilités de production et de consommation. L’investissement et le progrès technique soutiennent ainsi la croissance.
Illustration. D’après le document, le nombre de brevets au Royaume-Uni augmente d’environ 8 % entre 2011 et 2019, tandis que le PIB par habitant progresse d’environ 16 %, son indice atteignant 116 en 2019. La progression conjointe des deux indicateurs est cohérente avec un lien entre innovation et croissance. Elle ne suffit cependant pas à établir que la hausse du nombre de brevets explique à elle seule celle du PIB par habitant.
Repères de correction. Le cœur du raisonnement est la chaîne « protection des revenus attendus → investissement et innovation → hausse de la production ». Un brevet protège une invention brevetable, pas toute idée. La protection est temporaire : elle doit aussi permettre la diffusion ultérieure des connaissances. Ne pas confondre croissance du PIB par habitant et hausse du nombre d’habitants.