Argument. La croissance économique se heurte à l’épuisement des ressources naturelles lorsque leur utilisation compromet leur disponibilité future. Cette limite concerne aussi bien les ressources non renouvelables que les ressources renouvelables surexploitées.
Explication. Produire davantage exige généralement des matières premières et de l’énergie. Les stocks de ressources non renouvelables, comme les combustibles fossiles, sont finis à l’échelle humaine : leur extraction les réduit. Les ressources renouvelables, comme les poissons, peuvent se reconstituer, mais seulement si les prélèvements restent compatibles avec leur reproduction. Lorsque les captures dépassent durablement cette capacité, les populations diminuent et peuvent s’effondrer. Les ressources halieutiques présentent les caractéristiques d’un bien commun : les captures d’un pêcheur réduisent les possibilités des autres, tandis que l’exclusion des usagers peut être difficile. En l’absence de règles efficaces, chacun peut être incité à prélever rapidement sans prendre suffisamment en compte l’effet collectif sur le renouvellement du stock. La production présente menace alors les activités et les besoins futurs.
Illustration. Le document montre que la part des stocks sous-exploités passe de 25,4 % en 2000 à 7,1 % en 2015. Parallèlement, celle des stocks surexploités augmente de 27,4 % à 33,1 %, soit 5,7 points supplémentaires. En 2015, 59,8 % des stocks sont exploités au rendement maximal durable et 33,1 % sont surexploités : 92,9 % sont donc exploités à ce seuil ou au-delà. Les marges d’augmentation durable des captures sont limitées.
Repères de correction. Expliquer pourquoi une ressource renouvelable peut s’épuiser. Ne pas dire que 92,9 % des stocks sont surexploités : l’exploitation au rendement maximal durable et la surexploitation sont deux situations distinctes. Le document ne mesure pas une baisse de 72 % du nombre total de poissons.