Argument. La croissance peut provenir de l’augmentation des quantités de facteurs de production mobilisées, appelée composante extensive, et d’une utilisation plus efficace de ces facteurs, appelée composante intensive. Les deux sources se combinent différemment selon les pays.
Explication. La mobilisation de davantage de travail, par l’emploi ou les heures travaillées, permet de produire davantage. L’investissement accroît le capital productif disponible, comme les machines et les bâtiments. Ces apports relèvent de la composante extensive. La croissance peut aussi résulter d’une hausse de la productivité globale des facteurs : à quantités de travail et de capital données, l’économie produit davantage grâce à une combinaison plus efficace des facteurs. Le progrès technique, issu notamment des innovations, contribue à cette hausse. La PGF ne se confond donc pas avec la seule productivité du travail.
Illustration. En France, la croissance de 6,8 % s’explique, dans le tableau, par les contributions du travail, de 5,9 points, et du capital, de 0,8 point, la PGF ne contribuant pas à la croissance mesurée. Aux États-Unis, les facteurs travail et capital apportent respectivement 3,4 et 0,8 point, auxquels s’ajoute une contribution de la PGF de 1,6 point. Au Danemark, les contributions sont de 2,7 points pour le travail, 0,5 pour le capital et 1,6 pour la PGF, pour une croissance de 4,9 %. En Allemagne, elles atteignent respectivement 1,3, 0,3 et 1 point, pour une croissance de 2,6 %. La composante extensive domine dans les quatre pays, mais la composante intensive intervient dans trois d’entre eux et occupe une place relative particulièrement importante en Allemagne.
Repères de correction. Distinguer les deux sources et mobiliser les quatre pays. Une contribution nulle de la PGF en France en 2021 ne signifie ni absence d’innovation, ni productivité nulle. Une seule année ne suffit pas à caractériser durablement le modèle de croissance d’un pays.