Argument. Les innovations peuvent reculer les limites écologiques de la croissance en réduisant l’intensité en ressources et en émissions des activités économiques. Elles agissent sur l’épuisement de certaines ressources, la pollution et le réchauffement climatique.
Explication. Les innovations de procédé améliorent l’efficacité de la production : une entreprise peut fournir une même quantité de biens avec moins d’énergie ou de matières. Les innovations de produit permettent, par exemple, de proposer des équipements plus économes à l’usage. D’autres techniques réduisent la dépendance aux ressources épuisables : le développement de la production électrique renouvelable peut remplacer des combustibles fossiles, et le recyclage peut limiter le recours à des matières premières vierges. Si ces économies sont assez fortes par rapport à l’augmentation des volumes produits, les pressions environnementales totales peuvent diminuer. Toutefois, les gains d’efficacité peuvent aussi encourager une consommation supplémentaire : cet effet rebond réduit les économies effectivement réalisées. L’innovation aide donc à reculer les limites sans garantir leur disparition.
Illustration. D’après le document, la part des innovations environnementales passe de 7,6 % en 1990 à environ 13 % en 2018. Dans le même temps, les émissions de GES diminuent d’environ 5,6 à 4,3 milliards de tonnes, selon l’unité du graphique, soit une baisse d’environ 23 %. Ces évolutions sont compatibles avec la contribution des innovations à la réduction des émissions. Le document ne permet cependant pas de mesurer leur effet propre, ni de séparer cet effet de celui des réglementations ou des changements de production.
Repères de correction. Articuler une innovation précise à la réduction d’une pression écologique. Les deux courbes utilisent des unités et des axes distincts : leur croisement n’a pas de signification économique. Le graphique n’indiquant pas le PIB, il ne permet pas, à lui seul, de démontrer un découplage entre PIB et émissions.