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Moyens d’expression publique et engagement politique

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Les répertoires de l’engagement

Sujet 21-SESJ1PO1 · Sciences Po–CEVIPOF, février 2020 · Échantillon de 2 098 inscrits de 18 ans ou plus

Comparez les évolutions concernant « voter aux élections » et « manifester dans la rue » mises en évidence dans le document.

Réponse rédigée. De décembre 2009 à février 2020, le vote et la manifestation sont moins souvent cités parmi les moyens permettant aux citoyens d’exercer le plus d’influence sur les décisions en France. Le vote passe de 61 % à 54 % des réponses et la manifestation de 30 % à 23 % : les deux reculent de 7 points. Leurs trajectoires diffèrent toutefois. Le vote atteint un maximum de 65 % en 2012, puis diminue à chaque date observée. La manifestation connaît davantage de fluctuations : après 26 % en 2016, elle atteint 42 % en décembre 2018 avant de tomber à 23 % en 2020. Le vote reste toujours davantage cité ; l’écart est de 31 points au début comme à la fin.

Lecture utile. Les personnes interrogées indiquent leurs premier et second choix. Ces données portent sur l’efficacité perçue des moyens d’expression, pas sur un taux de participation électorale ou sur la proportion de manifestants.

À l’aide du document et de vos connaissances, présentez deux explications des transformations des répertoires de l’engagement politique en France.

Argument. Le répertoire de l’engagement désigne l’ensemble des moyens disponibles pour défendre une cause ou peser sur les décisions. Sa transformation s’explique notamment par la diversification des causes défendues et par l’évolution du rapport des individus aux organisations militantes.

Explication du premier facteur. La diversification des revendications conduit à adapter les moyens d’action. Les conflits professionnels peuvent mobiliser la grève, tandis que la défense de l’environnement, des consommateurs ou des minorités peut privilégier des pétitions, des boycotts, des occupations ou des actions symboliques. La recherche d’une visibilité médiatique encourage aussi les actions spectaculaires susceptibles d’attirer l’attention sur une cause. Les nouvelles modalités s’ajoutent aux pratiques anciennes, sans entraîner la disparition des conflits du travail ou des manifestations.

Explication du second facteur. L’individualisation favorise chez certains militants la volonté de choisir leurs causes et leurs modalités de participation, avec davantage d’autonomie à l’égard d’une organisation permanente. Des engagements ponctuels dans des collectifs, des campagnes ou des réseaux peuvent alors compléter le militantisme durable dans un parti ou un syndicat. Les outils numériques facilitent la circulation des appels et la coordination de telles actions. Cette évolution transforme les possibilités de mobilisation sans supprimer les organisations traditionnelles.

Illustration. Le tableau présente plusieurs moyens d’action : en 2020, 28 % des enquêtés citent le boycott parmi les deux moyens les plus influents, contre 5 % pour le militantisme dans un parti. Cette diversité est cohérente avec un répertoire dépassant l’engagement partisan. La manifestation reste citée par 23 % et le vote par 54 % : les formes anciennes conservent une place importante. Le document ne démontre toutefois pas directement les deux mécanismes historiques expliqués avec le cours.

Repères de correction. Distinguer deux facteurs et expliquer comment chacun modifie les moyens d’action. Ne pas déduire une hausse des pratiques numériques de la ligne « discuter sur internet » : elle mesure une opinion sur l’influence et recule de 8 % à 4 %. Le tableau ne mesure ni les adhésions aux partis ni la fréquence réelle des boycotts.