Argument. Le commerce international peut accroître les inégalités internes parce que ses gains et ses coûts sont répartis de manière inégale entre les travailleurs et les détenteurs du capital.
Explication. Dans un pays développé, la concurrence d’importations intensives en travail peu qualifié peut réduire la demande adressée aux producteurs nationaux concernés. Les salariés exposés risquent alors de subir des suppressions d’emplois ou une pression sur leurs rémunérations. À l’inverse, les travailleurs qualifiés et les propriétaires d’entreprises exportatrices performantes peuvent bénéficier de nouveaux débouchés et de revenus plus élevés. La fragmentation internationale de la production peut renforcer ces écarts : certaines tâches sont déplacées à l’étranger, tandis que les activités les plus rémunératrices sont conservées. Les inégalités peuvent aussi augmenter dans les pays accueillant ces tâches si celles-ci y demandent des qualifications supérieures à celles des activités préexistantes, ce qui favorise relativement les travailleurs qui les possèdent. L’ouverture peut donc créer des gains moyens sans que tous les groupes en bénéficient autant.
Illustration. Le document montre une concentration croissante du revenu dans plusieurs pays. En Russie, les 10 % les plus riches perçoivent environ 46 % du revenu national en 2015, contre environ 23 % en 1985. En Inde, leur part passe approximativement de 35 % à 55 %. Ces évolutions illustrent une hausse des inégalités internes compatible avec les mécanismes présentés. Toutefois, aucune donnée du graphique ne mesure l’ouverture commerciale : il ne permet donc pas de lui attribuer directement les évolutions observées.
Repères de correction. Expliquer quels groupes peuvent gagner ou perdre et par quel mécanisme. Ne pas confondre inégalités entre pays et inégalités au sein d’un pays. Dans le cas russe, l’évolution du système économique et des institutions interdit notamment de faire du commerce une explication unique sur la seule base du document.