Argument. Le salaire minimum est une institution du marché du travail dont les effets sur le chômage structurel peuvent être opposés : il peut freiner certaines embauches, mais aussi favoriser l’emploi selon le fonctionnement du marché et le niveau auquel il est fixé.
Explication. Dans le modèle concurrentiel, un salaire minimum supérieur au salaire d’équilibre empêche l’ajustement du salaire. À ce niveau, les travailleurs souhaitent offrir davantage de travail que les employeurs n’en demandent. Certains emplois deviennent insuffisamment rentables au regard de la productivité des travailleurs concernés ; les entreprises peuvent limiter les recrutements ou substituer du capital au travail. Le chômage structurel peut alors augmenter, notamment pour les moins qualifiés. Mais, lorsque les employeurs disposent d’un pouvoir de marché, ils peuvent imposer un salaire inférieur au niveau concurrentiel et restreindre l’emploi. Dans cette situation, dite de monopsone lorsqu’il n’existe qu’un acheteur de travail, un salaire minimum fixé à un niveau approprié peut accroître simultanément le salaire et l’emploi. Une meilleure rémunération peut aussi réduire les départs et améliorer l’efficacité du travail. Une hausse du salaire minimum ne provoque donc pas mécaniquement une hausse du chômage.
Illustration. Le couple France-Bulgarie est compatible avec l’hypothèse d’un lien positif entre salaire minimum et chômage : 1 521 euros et 8,4 % en France, contre 286 euros et 5,2 % en Bulgarie. Toutefois, l’Allemagne combine un salaire minimum légèrement supérieur à celui de la France, de 1 561 euros, et un chômage nettement inférieur, de 3 %. Le document ne montre donc pas de relation systématique. Les différences de productivité, de conjoncture et d’autres institutions doivent également être prises en compte.
Repères de correction. « Effet positif sur l’emploi » signifie ici une réduction possible du chômage. Présenter un mécanisme dans chaque sens ; le seul soutien de la consommation ne suffit pas à expliquer un effet sur le chômage structurel. Le tableau mesure le chômage total : il n’en distingue pas les composantes structurelle et conjoncturelle.