Argument. Le chômage conjoncturel dépend des fluctuations de l’activité économique : une dégradation de la demande et de la production tend à l’augmenter, tandis qu’une reprise suffisamment forte peut le réduire.
Explication. Lorsque la consommation, l’investissement ou les exportations diminuent, les entreprises anticipent moins de débouchés. Elles réduisent alors leur production et leurs besoins de travail. Elles peuvent commencer par diminuer les heures supplémentaires, ne pas renouveler certains contrats ou suspendre les recrutements ; si la baisse de l’activité persiste, elles peuvent licencier. Les entrées au chômage augmentent et les possibilités d’en sortir se réduisent. Inversement, l’amélioration des débouchés incite les entreprises à accroître leur production, puis à embaucher lorsque leurs capacités existantes ne suffisent plus. Le chômage peut ainsi diminuer. Cet ajustement n’est pas immédiat : les entreprises modifient aussi les heures travaillées et l’utilisation de leurs effectifs. L’effet de la croissance sur le chômage dépend également des gains de productivité et de l’évolution de la population active.
Illustration. Le document montre une baisse du taux de chômage d’environ 9,2 % en 2006 à 7,2 % au début de 2008, puis une remontée jusqu’à environ 9,5 % fin 2009. La forte hausse de 2008-2009 s’inscrit dans le contexte de la crise économique : la contraction des débouchés et de la production accroît les difficultés d’accès à l’emploi. La courbe illustre ainsi la sensibilité du chômage à la conjoncture, même si elle ne présente pas directement l’évolution du PIB.
Repères de correction. Expliquer les deux sens de la relation et distinguer chômage conjoncturel et structurel. Une hausse de la production ne garantit pas immédiatement une baisse du taux de chômage. Le graphique ne permet pas de mesurer séparément les deux composantes du chômage.