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Pandémie, tourisme et chocs asymétriques

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Pandémie et chocs asymétriques dans la zone euro

Sujet 22-SESJ2AS1 · Organisation mondiale du tourisme, 2021 · Données de 2019 et 2020

À l’aide des deux dernières colonnes du document, vous montrerez que la Grèce et l’Espagne ont été particulièrement affectées par la pandémie de Covid-19.

Réponse rédigée. La Grèce et l’Espagne cumulent une très forte baisse des recettes du tourisme international et une exposition importante de leur économie au tourisme. En 2020, ces recettes diminuent de 76 % en Grèce et de 77 % en Espagne, contre 48 % en Allemagne et 27 % en Belgique : elles reculent donc de plus des trois quarts dans les deux premiers pays. Or, avant la pandémie, en 2019, les revenus du tourisme représentaient 9,32 % du PIB grec et 5,45 % du PIB espagnol, contre 1,15 % en Allemagne et 2,63 % en Belgique. La chute est ainsi particulièrement forte dans les pays pour lesquels ces revenus avaient un poids relativement élevé.

Lecture à retenir. Les variations de 2020 portent sur les recettes du tourisme international, pas sur le PIB total. Le rapport des revenus du tourisme au PIB ne mesure pas directement la valeur ajoutée du secteur : il ne faut pas en déduire mécaniquement une baisse du PIB.

À l’aide du document et de vos connaissances, vous expliquerez pourquoi un choc asymétrique peut induire des difficultés de mise en œuvre des politiques économiques dans la zone euro.

Argument. Un choc asymétrique, qui touche certains pays ou les affecte avec des intensités différentes, crée des besoins de stabilisation différents au sein d’une zone où la politique monétaire est unique.

Explication. Les pays les plus affectés par un choc négatif ont besoin d’un soutien plus important à l’activité et à l’emploi. Pourtant, ils ne disposent pas d’un taux directeur national : la politique monétaire est conduite pour l’ensemble de la zone euro. Une même orientation peut donc être insuffisante pour les pays les plus touchés et moins adaptée à ceux qui le sont peu. Les États ne peuvent pas non plus dévaluer leur monnaie nationale par rapport à leurs partenaires de la zone. Les politiques budgétaires peuvent apporter des réponses différenciées, par les dépenses publiques, les transferts ou les impôts, mais les marges de financement des États sont inégales et leur action doit être coordonnée. Les règles budgétaires communes encadrent aussi ces réponses, même si elles peuvent être assouplies en période exceptionnelle.

Illustration. La pandémie constitue un choc commun dont le document révèle les effets asymétriques : les recettes touristiques chutent de 76 % en Grèce, où elles représentaient 9,32 % du PIB avant la crise, contre une baisse de 48 % en Allemagne, où leur poids était de 1,15 %. Une réponse uniforme ne tient donc pas entièrement compte des différences d’exposition des économies. Les pays les plus dépendants du tourisme ont notamment besoin d’aides ciblées aux activités et aux travailleurs concernés.

Repères de correction. Relier différences d’impact et difficultés d’une réponse commune. Ne pas présenter les règles budgétaires comme ayant empêché toute relance en 2020 : la clause dérogatoire générale a alors permis de s’écarter temporairement des obligations normalement applicables. [7] La politique monétaire unique n’empêche pas des mesures budgétaires nationales différenciées.