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Taux d’intérêt et politique monétaire

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Politique monétaire et conjoncture économique

Sujet 22-SESJ1G11 · Caisse des dépôts, 6 janvier 2021 · Taux directeurs en pourcentage

À l’aide des données du document, vous comparerez l’évolution du taux d’intérêt directeur aux États-Unis et dans la zone euro entre 2005 et 2010.

Réponse rédigée. Entre 2005 et 2010, les taux directeurs américains et de la zone euro connaissent d’abord une hausse, puis une forte baisse. Aux États-Unis, le taux passe d’environ 2,25 % début 2005 à 5,25 % en 2006, niveau maintenu jusqu’en 2007. Dans la zone euro, il augmente d’environ 2 % début 2005 à 4,25 % à l’été 2008. L’assouplissement est donc plus précoce aux États-Unis : le taux américain baisse dès 2007 et atteint environ 0,25 % fin 2008. Dans la zone euro, la baisse intervient à partir de 2008 et conduit à un taux de 1 % en 2009, maintenu en 2010. Entre leur maximum et 2010, la baisse atteint ainsi environ 5 points aux États-Unis, contre 3,25 points dans la zone euro.

Lecture à retenir. Les taux sont en pourcentage et leurs variations en points de pourcentage. La comparaison doit porter sur le sens des évolutions, leur calendrier et leur ampleur.

À l’aide des données du document et de vos connaissances, vous montrerez comment la politique monétaire peut agir sur la conjoncture économique.

Argument. La banque centrale agit sur la conjoncture en modifiant les conditions de financement de l’économie. Elle peut soutenir la demande et l’activité ou, au contraire, les freiner pour limiter les tensions inflationnistes.

Explication. Lorsqu’elle baisse ses taux directeurs, les taux du marché monétaire diminuent généralement et les banques peuvent répercuter cette baisse sur les crédits accordés aux ménages et aux entreprises. Le crédit moins coûteux rend certains investissements plus rentables et facilite les achats financés par emprunt. L’augmentation de l’investissement et de la consommation soutient la demande globale, puis la production et l’emploi : il s’agit d’une politique monétaire expansionniste. Inversement, une hausse des taux directeurs renchérit tendanciellement les crédits et freine les dépenses. Elle réduit les pressions de la demande sur les prix : c’est une politique restrictive. Dans la zone euro, la stabilité des prix constitue l’objectif principal, avec une cible d’inflation de 2 % à moyen terme pour l’ensemble de la zone. [4]

Illustration. Le document montre une forte baisse des taux après le déclenchement de la crise des subprimes : le taux américain passe d’environ 5,25 % en 2007 à 0,25 % fin 2008, tandis que celui de la zone euro passe de 4,25 % en 2008 à 1 % en 2009. Ces décisions visent à assouplir le financement et à soutenir l’activité dans un contexte de crise.

Repères de correction. Développer la chaîne « taux directeurs → conditions du crédit → consommation et investissement → production et emploi ». La transmission n’est ni immédiate ni automatique : elle dépend des banques et de la volonté d’emprunter des agents. La courbe des taux ne mesure pas l’effet effectivement obtenu sur la croissance ou l’inflation.