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Inflation, chômage et chocs asymétriques

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Conjonctures nationales et politique monétaire unique

Sujet 24-SESJ1ME1 · D’après Eurostat, 2023 · Données de mai 2023

À l’aide du document, comparez les conjonctures économiques de l’Espagne et de la Lettonie.

Réponse rédigée. En mai 2023, l’Espagne connaît un chômage beaucoup plus élevé que la Lettonie, mais une inflation nettement plus faible. Son taux de chômage atteint 12,7 % des actifs, contre 5,7 % en Lettonie, soit un écart de 7 points de pourcentage et un niveau environ 2,2 fois plus élevé. En revanche, son taux d’inflation annuel est de 2,9 %, contre 12,3 % en Lettonie : il est inférieur de 9,4 points. La conjoncture espagnole est donc caractérisée par un chômage particulièrement important, tandis que la Lettonie fait face à des tensions inflationnistes beaucoup plus fortes.

Lecture à retenir. Le taux d’inflation est annuel : en Lettonie, les prix ont augmenté de 12,3 % sur un an en mai 2023, et non de 12,3 % au cours du seul mois de mai. Le tableau ne fournit pas le taux de croissance du PIB.

À l’aide du document et de vos connaissances, vous montrerez pourquoi un choc asymétrique peut induire des difficultés de mise en œuvre des politiques économiques dans la zone euro.

Argument. Un choc asymétrique affecte différemment les économies de la zone euro et peut appeler des réponses nationales différentes, alors que la politique monétaire est unique et que les politiques budgétaires doivent être coordonnées.

Explication. Un pays fortement touché par une baisse de la demande peut avoir besoin d’une politique de soutien de l’activité. Un autre, davantage confronté à des tensions inflationnistes, peut avoir besoin d’une politique plus restrictive. La BCE fixe pourtant une orientation monétaire pour l’ensemble de la zone euro : elle ne peut pas simultanément fixer un taux directeur bas pour un État et un taux élevé pour un autre. Les pays ne disposent pas davantage d’une monnaie nationale qu’ils pourraient dévaluer par rapport à leurs partenaires. Les politiques budgétaires nationales peuvent compléter la réponse commune, mais elles sont encadrées par des règles européennes et par les capacités de financement propres à chaque État. En outre, leurs effets se transmettent aux partenaires par les échanges : un défaut de coordination peut donc affaiblir la stabilisation de l’ensemble de la zone.

Illustration. En mai 2023, la Lettonie présente une inflation annuelle de 12,3 %, contre 2,9 % en Espagne, tandis que le chômage est de 5,7 % en Lettonie et de 12,7 % en Espagne. Un resserrement monétaire visant à freiner les fortes tensions sur les prix peut aussi réduire la demande et l’emploi dans une économie déjà confrontée à un chômage élevé. À l’inverse, un soutien monétaire plus fort pourrait entretenir les tensions inflationnistes là où elles sont importantes. La BCE doit donc raisonner sur la situation de l’ensemble de la zone.

Repères de correction. Montrer le conflit possible entre besoins nationaux, sans attribuer à la BCE des taux directeurs différents selon les pays. Le tableau illustre des conjonctures hétérogènes : il ne prouve pas l’existence d’un choc précis ni que tout le chômage espagnol est conjoncturel. Les conditions de crédit peuvent différer entre pays malgré une orientation monétaire commune.