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Évolution des catégories socioprofessionnelles et tertiarisation

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Correction

Tertiarisation et structure socioprofessionnelle

Sujet D6-1 · INSEE Références, Emploi chômage revenus du travail, juillet 2020 · France hors Mayotte

À l’aide des données du document, vous comparerez l’évolution de la part des catégories socioprofessionnelles « Cadres et professions intellectuelles supérieures » et « Ouvriers » parmi les personnes en emploi.

Réponse rédigée. Entre 1982 et 2019, parmi les personnes en emploi, la part des cadres et professions intellectuelles supérieures augmente fortement, tandis que celle des ouvriers diminue. La première passe d’environ 8 % à 19 %, soit une hausse d’environ 11 points de pourcentage et une multiplication par près de 2,4. La part des ouvriers passe, à l’inverse, d’environ 30 % à 20 %, soit une baisse d’environ 10 points. Les deux catégories se rapprochent donc en poids dans l’emploi : l’écart, supérieur à 20 points en 1982, devient très faible en 2019, où les ouvriers restent légèrement plus nombreux en proportion que les cadres.

Lecture à retenir. Le graphique décrit des parts dans l’emploi, pas directement des effectifs. Une baisse de la part d’une catégorie ne signifie pas nécessairement une diminution de son nombre de membres.

À l’aide des données du document et de vos connaissances, vous expliquerez le phénomène de tertiarisation de la population active française.

Argument. La tertiarisation désigne l’augmentation de la part des emplois du secteur tertiaire, qui regroupe les activités de services marchands et non marchands. Elle résulte notamment de transformations de la demande et de différences de gains de productivité entre secteurs.

Explication. Avec l’élévation du niveau de vie et la transformation des besoins, la demande de services se développe, par exemple dans la santé, les loisirs, l’éducation ou les services aux entreprises. Cette demande soutient les créations d’emplois tertiaires. Parallèlement, les gains de productivité dans l’agriculture et l’industrie permettent de produire davantage avec moins de travail par unité produite. Lorsque la production augmente moins vite que la productivité, les besoins d’emploi de ces secteurs diminuent. Dans de nombreux services, le travail humain reste difficile à remplacer et la hausse de la demande nécessite davantage d’emplois. L’externalisation de fonctions auparavant assurées dans les entreprises industrielles, comme l’entretien ou la comptabilité, accroît aussi l’emploi comptabilisé dans les services.

Illustration. Le document montre le recul de la part des agriculteurs exploitants, d’environ 7 % en 1982 à moins de 2 % en 2019, ainsi que celui des ouvriers, d’environ 30 % à 20 %. Dans le même temps, les professions intermédiaires progressent d’environ 20 % à 26 %, et les cadres d’environ 8 % à 19 %. Ces transformations sont cohérentes avec l’essor d’emplois de services, notamment administratifs, techniques, éducatifs ou de santé.

Repères de correction. Expliquer les changements de demande et de productivité. Les catégories socioprofessionnelles ne se confondent pas avec les secteurs : tous les ouvriers ne travaillent pas dans l’industrie, ni tous les cadres dans les services. Le graphique porte sur les personnes en emploi, c’est-à-dire la population active occupée, et ne fournit pas directement la part du tertiaire.