Argument. Le sexe est associé à des positions, des ressources et des contraintes sociales différentes. Les rapports sociaux de genre structurent ainsi l’espace social et contribuent à sa hiérarchisation.
Explication. La socialisation différenciée des filles et des garçons contribue à orienter leurs études, leurs professions et leurs rôles familiaux. Les femmes et les hommes se répartissent inégalement entre métiers : c’est une ségrégation horizontale. Leur accès aux responsabilités est aussi inégal, les femmes pouvant rencontrer un « plafond de verre » qui freine leur progression vers les postes les plus élevés : c’est une ségrégation verticale. La répartition inégale des tâches domestiques et parentales pèse également sur les disponibilités professionnelles et les carrières. Ces mécanismes, auxquels peuvent s’ajouter des discriminations, contribuent aux différences de rémunération et d’accès au pouvoir. Le sexe intervient donc au sein même des catégories socioprofessionnelles et ne se réduit pas à leur opposition.
Illustration. D’après le document, le salaire net mensuel moyen des femmes est de 1 968 euros, contre 2 431 euros pour les hommes : il est inférieur d’environ 19 %. Cet écart se retrouve dans chaque catégorie. Chez les cadres supérieurs, les femmes perçoivent en moyenne 3 477 euros, contre 4 377 euros pour les hommes, soit environ 21 % de moins. L’écart est de 14 % dans les professions intermédiaires, 8 % chez les employés et 17 % chez les ouvriers. Les positions économiques restent donc différenciées selon le sexe, y compris au sein d’un même groupe social.
Repères de correction. Ne pas présenter l’écart de 19 % comme une mesure de discrimination « à travail égal ». Une même catégorie regroupe des métiers et des situations de carrière différents. Les salaires étant exprimés en équivalent temps plein, l’écart présenté ne s’explique pas directement par une durée mensuelle de travail plus faible des femmes.