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Destinées sociales des femmes de 1977 à 2015

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Correction

Mobilité des filles par rapport à leur mère

Sujet 24-SESJ1AN1 · INSEE, enquêtes Formation et qualification professionnelle 1977 et 2014-2015

À l’aide des données du document, vous montrerez que l’immobilité sociale des filles par rapport à leur mère a globalement diminué entre 1977 et 2015.

Réponse rédigée. Entre 1977 et 2015, l’immobilité sociale des filles par rapport à leur mère diminue pour cinq des six origines sociales du tableau. La part des filles d’agricultrices qui sont elles-mêmes agricultrices passe de 42,2 % à 8 %, soit une baisse de 34,2 points. Celle des filles d’artisanes, commerçantes et cheffes d’entreprise restant dans ce groupe recule de 26 % à 10,1 %. Parmi les filles d’employées et d’ouvrières non qualifiées, l’immobilité passe de 47,2 % à 31,4 %, soit 15,8 points de moins. Elle diminue aussi chez les filles de professions intermédiaires et de salariées qualifiées. Seule exception, elle augmente légèrement chez les filles de cadres, de 40,1 % à 41,7 %.

Lecture à retenir. L’immobilité se lit sur la diagonale de chaque table. Le document ne donne pas le poids de chaque origine sociale : on ne peut pas calculer le taux global d’immobilité en additionnant ou en faisant la moyenne simple des pourcentages de la diagonale.

À l’aide du document et de vos connaissances, vous présenterez deux facteurs expliquant l’augmentation de la mobilité sociale ascendante des filles par rapport à leur mère entre 1977 et 2015.

Argument. L’augmentation de la mobilité ascendante des filles par rapport à leur mère s’explique notamment par la transformation de la structure des emplois et par l’élévation du niveau de formation des femmes.

Explication du premier facteur. Le recul des emplois agricoles et le développement des fonctions qualifiées dans les services transforment les positions disponibles entre générations. L’essor des emplois de cadres et de professions intermédiaires permet à des filles de salariées peu qualifiées d’accéder à des positions supérieures. Cette évolution des emplois alimente une mobilité liée aux transformations de la structure socioprofessionnelle.

Explication du second facteur. L’allongement des études et l’accès accru des femmes à l’enseignement supérieur leur donnent des qualifications et des diplômes permettant d’occuper ces postes. L’ouverture des perspectives professionnelles et les transformations des normes de genre favorisent aussi leurs carrières. Le niveau de formation des filles peut ainsi leur permettre d’accéder à une position supérieure à celle de leur mère, sans garantir une ascension pour toutes.

Illustration. Parmi les filles d’employées et d’ouvrières qualifiées, la part de celles qui deviennent cadres passe de 3,3 % en 1977 à 14,9 % en 2015, tandis que l’accès aux professions intermédiaires passe de 19,6 % à 30,2 %. Pour les filles de salariées non qualifiées, l’accès aux professions intermédiaires progresse de 9,4 % à 22,4 %. Ces flux illustrent l’augmentation des possibilités d’ascension.

Repères de correction. Distinguer les deux facteurs et leurs mécanismes. Une baisse de l’immobilité ne prouve pas, en elle-même, une hausse de l’ascension : elle peut aussi correspondre à une mobilité descendante ou non verticale. Le tableau ne mesure pas directement les diplômes des femmes.