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Destinées sociales des femmes selon la profession de leur mère

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Destinées sociales des femmes en 2022

Sujet 25-SESJ1JA1 · INSEE, enquête Emploi, 2022 · Femmes françaises de 35 à 59 ans en emploi ou ayant travaillé

À l’aide des données du document, vous comparerez la destinée sociale des filles de cadres et professions intellectuelles supérieures et des filles d’employées et ouvrières peu qualifiées.

Réponse rédigée. En France en 2022, les filles de cadres accèdent beaucoup plus souvent aux positions supérieures que les filles d’employées et d’ouvrières peu qualifiées. Elles sont 51,3 % à devenir cadres, contre 9,4 % des secondes, soit 41,9 points d’écart et une proportion environ 5,5 fois plus élevée. Elles deviennent aussi plus fréquemment membres des professions intermédiaires : 29 % contre 23,8 %. Au total, ces deux groupes rassemblent 80,3 % des filles de cadres, contre 33,2 % des filles de salariées peu qualifiées. À l’inverse, 31,5 % de ces dernières deviennent employées ou ouvrières qualifiées, contre 11,8 % des filles de cadres, et 32,1 % demeurent salariées peu qualifiées, contre 3,9 % des filles de cadres. Les écarts de destinée sont donc importants et concernent les principales positions de la hiérarchie salariée.

Calculs utiles. 51,3 − 9,4 = 41,9 points ; 51,3 / 9,4 ≈ 5,5 ; 51,3 + 29 = 80,3 %. La table se lit en ligne, conditionnellement au groupe de la mère.

À l’aide du document et de vos connaissances, vous mettrez en évidence les caractéristiques de la mobilité sociale des femmes.

Argument. La mobilité sociale des femmes par rapport à leur mère associe des ascensions, des déclassements et une reproduction sociale qui reste marquée. Les trajectoires dépendent fortement de l’origine sociale.

Explication. Les transformations des emplois et l’élévation de la formation féminine favorisent l’accès de filles de milieux populaires aux positions qualifiées. Toutefois, les ressources familiales restent inégales et contribuent au maintien d’avantages entre générations. Il existe aussi des trajectoires descendantes : une fille peut occuper une position salariée moins élevée que sa mère. La mobilité observée ne signifie donc ni ascension pour toutes, ni disparition des inégalités d’origine.

Illustration. Les ascensions sont fréquentes parmi les filles de salariées peu qualifiées : 31,5 % deviennent salariées qualifiées, 23,8 % accèdent aux professions intermédiaires et 9,4 % aux cadres. Elles représentent ensemble 64,7 % de ces filles. La reproduction reste toutefois visible aux deux extrémités : 51,3 % des filles de cadres sont cadres et 32,1 % des filles de salariées peu qualifiées restent dans ce groupe. Enfin, 29 % des filles de cadres deviennent membres des professions intermédiaires, 11,8 % salariées qualifiées et 3,9 % salariées peu qualifiées : ces trois trajectoires descendantes représentent 44,7 % des filles de cadres.

Repères de correction. Les 64,7 % et 44,7 % concernent des origines particulières, pas toutes les femmes. Une seule table de destinée ne permet pas de calculer le taux global de mobilité sans la répartition des mères par groupe. Elle ne permet pas non plus de comparer directement les femmes aux hommes, ni aux pères, ni d’établir une évolution dans le temps.