Argument. La précarisation désigne le développement de situations professionnelles marquées par l’instabilité et l’incertitude concernant l’emploi et les revenus. L’exposition aux contrats temporaires varie fortement selon l’âge et, dans une moindre mesure, selon le sexe.
Explication. Les jeunes qui entrent sur le marché du travail ont souvent moins d’expérience et n’ont pas encore accédé à un emploi stable. Les entreprises peuvent les recruter en CDD ou en intérim pour ajuster leurs effectifs ou évaluer leurs compétences. L’enchaînement de contrats temporaires, éventuellement interrompu par du chômage, rend alors les revenus et les projets plus incertains. Les femmes et les hommes n’occupent pas les mêmes métiers ni les mêmes secteurs : cette répartition différenciée contribue également à des formes distinctes d’exposition à l’instabilité. Les femmes sont notamment davantage présentes dans certains services recourant aux CDD, tandis que l’intérim est plus répandu dans des activités industrielles et de construction fortement masculinisées.
Illustration. En 2019, 28,4 % des personnes en emploi de 15 à 24 ans sont en CDD et 6,9 % en intérim, soit 35,3 % au total. Cette proportion n’est que de 11 % chez les 25 à 49 ans et de 6,2 % chez les 50 ans ou plus. Les jeunes sont donc nettement plus exposés aux contrats temporaires. Selon le sexe, les CDD concernent 11,1 % des femmes en emploi, contre 7,2 % des hommes. En revanche, l’intérim concerne 3,3 % des hommes, contre 1,5 % des femmes. En réunissant ces deux contrats, les proportions atteignent respectivement 12,6 % chez les femmes et 10,5 % chez les hommes.
Repères de correction. Expliquer les écarts, au-delà de leur constat. Ne pas confondre salariat et précarité, ni assimiler tout emploi indépendant à un emploi précaire. L’apprentissage comprend une dimension de formation et ne suffit pas à établir une trajectoire de précarisation. Le tableau de 2019 montre des expositions inégales, sans mesurer à lui seul leur évolution historique.