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Statuts d’emploi et précarisation en France

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Correction

Précarisation de l’emploi en France

Sujet 22-SESJ2PO1 · INSEE Première n° 1793, février 2020 · France hors Mayotte, personnes en emploi

À l’aide des données du document, vous décrirez l’évolution de la part des cadres et des indépendants entre 1982 et 2002.

Réponse rédigée. Entre 1982 et 2002, la part des cadres augmente tandis que celle des indépendants diminue. En France hors Mayotte, les cadres représentent environ 8 % des personnes en emploi en 1982, contre environ 14 % en 2002, soit une progression de l’ordre de 6 points. Leur poids est ainsi multiplié par près de 1,8. À l’inverse, les indépendants passent d’environ 18 % à un peu moins de 12 % des personnes en emploi : leur part recule d’environ 6 points, soit d’un tiers. Les cadres, initialement nettement moins nombreux en proportion que les indépendants, deviennent proportionnellement plus nombreux à la fin des années 1990.

Lecture utile. La consigne s’arrête en 2002, même si le graphique va jusqu’en 2019. Les valeurs de la série d’origine sont 7,8 % puis 14,2 % pour les cadres et 18 % puis 11,7 % pour les indépendants ; ces décimales ne sont pas exigibles à partir du seul graphique.

À l’aide du document et de vos connaissances, vous montrerez quelles sont les principales caractéristiques de la précarisation de l’emploi en France.

Argument. La précarisation se manifeste principalement par une instabilité accrue de l’emploi et par des situations dans lesquelles le travail procure des revenus insuffisants ou incertains. Elle touche une partie des actifs et coexiste avec le maintien d’un salariat stable majoritaire.

Explication. Un CDD ou une mission d’intérim a une échéance connue, sans garantie de renouvellement. L’alternance de contrats et de périodes de chômage peut empêcher la stabilisation professionnelle et rendre plus difficile l’accès au logement ou au crédit. Le temps partiel peut aussi contribuer à la précarité lorsqu’il est subi : le salarié souhaite travailler davantage, mais ne trouve pas d’emploi ou d’heures supplémentaires. Il reçoit alors un revenu plus faible que celui qu’il pourrait obtenir à temps complet. En revanche, un temps partiel volontaire ne traduit pas nécessairement une situation précaire. Certains indépendants peuvent également connaître une forte incertitude sur leur activité, mais le statut indépendant ne suffit pas à la démontrer.

Illustration. Sur le graphique, la part des CDD et de l’intérim passe d’environ 7,5 % de l’emploi en 1994 à 11,5 % en 2019. Le temps partiel progresse d’environ 9 % en 1982 à 18 % en 2019, avec un maximum proche de 19 % en 2014. Ces évolutions illustrent le développement de contrats à durée limitée et d’emplois à durée réduite. Elles ne signifient toutefois pas que toutes les personnes concernées subissent durablement la précarité, ni que tous les temps partiels sont imposés.

Repères de correction. Articuler instabilité contractuelle et insécurité économique. La hausse des cadres ne mesure pas la précarisation. Le graphique fourni comporte une ancienne série des CDD et de l’intérim avant 2003 : l’INSEE signale un erratum daté du 3 mars 2020. La comparaison 1994–2019 utilisée ici n’est pas affectée pour ses valeurs de départ et d’arrivée. Voir les précisions en fin de recueil.