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CDD, intérim et pouvoir intégrateur du travail

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Correction

Emplois instables et intégration

Sujet 26-SESJ1G11 · INSEE, 2023 · France hors Mayotte, personnes en emploi

À l’aide des données du document et de calculs simples, vous comparerez l’évolution de la part des CDD et des intérimaires entre 1982 et 2023.

Réponse rédigée. Entre 1982 et 2023, la part des CDD et celle des intérimaires augmentent toutes deux dans l’emploi en France hors Mayotte. Les CDD passent de 3,2 % à 7,9 % des personnes en emploi, soit une hausse de 4,7 points et une multiplication par environ 2,5. L’intérim passe de 0,4 % à 2 %, soit une hausse de 1,6 point et une multiplication par cinq. La progression est donc plus forte pour les CDD lorsqu’on mesure le gain en points de pourcentage, mais plus rapide pour l’intérim lorsqu’on raisonne en proportion de la valeur initiale. Les CDD demeurent, sur toute la période, plus répandus que l’intérim.

Calculs utiles. CDD : 7,9 − 3,2 = 4,7 points ; 7,9 / 3,2 ≈ 2,47, soit + 146,9 %. Intérim : 2 − 0,4 = 1,6 point ; 2 / 0,4 = 5, soit + 400 %.

À l’aide du document et de vos connaissances, vous montrerez que certaines évolutions de l’emploi fragilisent le pouvoir intégrateur du travail.

Argument. Le travail favorise l’intégration sociale en procurant des revenus, des relations, des droits et une reconnaissance. Le développement d’emplois instables ou de faible qualité peut affaiblir ces différentes dimensions.

Explication. Un emploi relativement stable assure des ressources régulières qui permettent de consommer, de se loger et de construire des projets. Il inscrit aussi l’individu dans un collectif de travail où se développent des solidarités, des habitudes communes et un sentiment d’utilité. À l’inverse, l’enchaînement de CDD, de missions d’intérim et de périodes sans emploi rend les ressources moins prévisibles. Il peut compliquer l’accès au crédit ou à la location, limiter les possibilités de formation et empêcher de nouer des liens durables avec les collègues. Le salarié demeure en emploi pendant certaines périodes, mais son insertion sociale est plus fragile.

L’affaiblissement du pouvoir intégrateur peut aussi résulter du chômage de longue durée et de la polarisation entre emplois qualifiés, stables et bien rémunérés et emplois moins qualifiés, moins rémunérés ou plus instables. Ces mécanismes, issus du cours, ne sont pas mesurés directement par le tableau. De même, certaines activités indépendantes exposent à des revenus fluctuants et à l’isolement, tandis que d’autres offrent de bonnes conditions d’activité.

Illustration. Dans le document, les CDD et l’intérim représentent ensemble 3,6 % de l’emploi en 1982, contre 9,9 % en 2023, soit une hausse de 6,3 points. Davantage de personnes occupent ainsi des contrats dont la continuité n’est pas garantie. La part des indépendants augmente également de 11,7 % à 12,9 % entre 2010 et 2023, sans que le tableau permette de savoir quelle fraction connaît une situation vulnérable.

Repères de correction. Relier chaque évolution à un mécanisme d’intégration précis. Le travail conserve un pouvoir intégrateur ; celui-ci est inégal et peut être fragilisé. Les indépendants ne progressent pas sur l’ensemble de 1982–2023 : leur part recule de 18,6 % à 12,9 %. Ne pas présenter tous les contrats temporaires comme des situations d’exclusion.