Introduction — Formes de conflits et tentatives de paix dans le monde actuel
La guerre semble omniprésente dans l’histoire, mais elle ne constitue ni un phénomène immuable ni une simple explosion de violence. Ses acteurs, ses objectifs, ses espaces et ses techniques se transforment. De même, la paix n’est pas le retour automatique à une situation antérieure : elle résulte d’un rapport de force, de négociations, de règles et d’institutions capables – ou non – d’inscrire un compromis dans la durée. Le thème invite ainsi à étudier ensemble deux activités politiques qui se répondent. « Faire la guerre » signifie organiser l’usage collectif de la force au service d’un but ; « faire la paix » suppose d’arrêter les combats, mais aussi de construire un ordre jugé suffisamment légitime et stable par les acteurs concernés.
L’intitulé officiel associe les formes de conflits aux modes de résolution. Le pluriel est essentiel. Une guerre entre États, une guerre civile internationalisée, une insurrection ou une campagne terroriste ne mobilisent ni les mêmes acteurs ni les mêmes territoires. Un cessez-le-feu, un traité, une médiation et une opération de sécurité collective n’agissent pas non plus au même niveau. La question centrale n’est donc pas seulement de savoir pourquoi les guerres éclatent. Il faut comprendre comment la violence armée demeure un instrument politique, comment cet instrument change lorsque l’adversaire n’est plus un État comparable, et pourquoi le passage de la victoire militaire à une paix durable reste si difficile.
Définir guerre, conflit et paix
Un conflit est une opposition entre des acteurs dont les intérêts, les valeurs, les identités ou les projets sont perçus comme incompatibles. Il peut être social, politique, économique ou diplomatique sans devenir violent. La guerre est une forme particulière de conflit : elle implique un recours organisé à la force armée par des collectivités politiques. Les États ont longtemps été tenus pour ses acteurs principaux, car ils disposent d’armées, d’une fiscalité et d’une souveraineté reconnue. Pourtant, les acteurs non étatiques ne sont pas apparus récemment : mouvements insurgés, milices et compagnies militaires possèdent une longue histoire. La transformation contemporaine tient notamment à l’articulation de leurs implantations locales avec des réseaux transnationaux, aux moyens dont ils disposent et aux difficultés que leur diversité pose à la construction de la paix.