Lexique
Bonheur — État de satisfaction globale et relativement durable à l’égard de son existence, ou qualité d’une vie estimée accomplie. Le bonheur ne se réduit pas à un plaisir momentané : il engage aussi l’évaluation des activités, des relations et des conditions dans lesquelles on vit.
Plaisir — Expérience affective agréable, liée à une sensation, à une activité ou à la cessation d’une peine. Le plaisir peut contribuer au bonheur, mais sa durée et son intensité ne suffisent pas nécessairement à évaluer la valeur d’une existence entière.
Joie — Affect positif qui peut accompagner une rencontre, une réussite ou le développement d’une capacité. Elle est souvent plus ponctuelle que le bonheur, même si elle peut en être une composante importante. Chez Spinoza, elle correspond au passage vers une plus grande puissance d’agir.
Eudaimonia — Notion grecque habituellement traduite par « bonheur » ou « vie accomplie ». Chez Aristote, elle renvoie à une activité de l’âme conforme à la vertu et déployée sur une vie entière, plutôt qu’à la simple accumulation de sensations agréables.
Eudémonisme — Doctrine morale qui considère le bonheur comme la fin fondamentale de l’existence humaine. Elle cherche à préciser ce qui constitue une vie heureuse et quels moyens permettent de l’atteindre. Elle ne se confond pas avec l’hédonisme, qui privilégie le plaisir.
Hédonisme — Famille de doctrines accordant au plaisir une place essentielle dans la définition du bien. L’hédonisme ne commande pas nécessairement la recherche immédiate de toute jouissance : certains plaisirs peuvent être écartés lorsqu’ils entraînent des peines plus grandes.
Désir — Tendance consciente ou non vers un objet, une expérience ou une situation représentée comme satisfaisante. Contrairement à un besoin strictement vital, le désir peut être fortement façonné par l’imagination, l’histoire individuelle et les comparaisons sociales.
Besoin — Exigence dont la satisfaction est nécessaire au maintien de la vie ou à certaines conditions fondamentales de l’existence. Le besoin se distingue du désir par son caractère moins facultatif, même si les manières de le satisfaire sont souvent socialement organisées.
Ataraxie — Idéal de tranquillité de l’âme associé notamment à l’épicurisme et au scepticisme antiques. Il consiste à limiter les troubles qui naissent des craintes, des croyances ou des désirs excessifs. Il ne signifie pas une suppression générale de toute activité ou émotion.
Aponie — Dans l’épicurisme, absence de douleur du corps, associée à l’ataraxie comme composante majeure d’une vie agréable. Elle montre que le plaisir peut être conçu comme un état stable de non-souffrance plutôt que comme une recherche incessante d’excitations intenses.
Vertu — Disposition acquise à agir et à juger de manière appropriée, notamment dans les situations où plusieurs biens sont en jeu. Chez Aristote, les vertus contribuent à la vie accomplie en orientant durablement les actions, plutôt qu’en procurant un simple avantage ponctuel.
Prudence — Traduction courante de la phronèsis aristotélicienne : capacité de délibérer correctement sur ce qu’il convient de faire dans une situation particulière. Elle permet d’ajuster les choix aux circonstances sans prétendre les déduire mécaniquement d’une règle universelle.
Sagesse — Manière d’ordonner ses jugements et ses désirs en fonction d’une conception réfléchie de la vie bonne. Les écoles philosophiques divergent sur ses exigences, mais elles lui attribuent généralement une fonction de discernement face aux satisfactions immédiates.
Souverain bien — Bien tenu pour suprême parce que les autres fins lui sont subordonnées ou qu’il rassemble les exigences essentielles de la vie morale. Son contenu varie selon les doctrines : bonheur, vertu ou union des deux n’ont pas le même statut.
Utilitarisme — Doctrine morale qui évalue les actions et les institutions à partir de leurs conséquences sur le bien-être des personnes concernées. Dans sa version classique, elle cherche à accroître le bonheur global, tout en rencontrant des difficultés relatives aux droits individuels et aux comparaisons de bien-être.