Lexique
Nature — Au sens général, la nature désigne l’ensemble des réalités et des processus du monde physique. Elle peut aussi désigner ce qui n’est pas fabriqué par l’être humain ou les propriétés essentielles d’un être ; ces trois significations ne doivent pas être confondues.
Culture — La culture rassemble les pratiques, les savoirs, les institutions et les représentations acquis et transmis au sein des sociétés humaines. Elle suppose des capacités naturelles, notamment biologiques, sans que ses formes historiques puissent être entièrement déduites de ces capacités.
Artifice — Un artifice est une réalité produite ou transformée intentionnellement au moyen d’un savoir-faire. Il s’oppose au naturel lorsqu’on considère l’origine d’une chose, mais demeure soumis aux lois physiques : une construction humaine n’existe pas en dehors de la nature.
Essence — L’essence désigne ce par quoi un être est ce qu’il est, indépendamment de ses propriétés accidentelles. Rechercher une essence humaine revient à se demander s’il existe des caractéristiques fondamentales communes aux êtres humains, au-delà de leurs différences individuelles et historiques.
Contingence — La contingence caractérise ce qui existe ou se produit sans être nécessaire et aurait pu être autrement. Elle s’oppose à la nécessité, mais ne signifie pas toujours absence de causes : une situation peut être causée sans être la seule situation concevable.
Loi naturelle — Une loi naturelle décrit une relation ou une régularité entre des phénomènes, dans certaines conditions. Contrairement à une loi juridique ou morale, elle ne prescrit pas ce qui doit être fait ; elle vise à expliquer ce qui se produit ou peut se produire.
Causalité — La causalité est la relation par laquelle un phénomène contribue à en produire un autre selon des conditions déterminées. Expliquer causalement un événement consiste à rechercher les processus qui le rendent possible, plutôt qu’à lui attribuer nécessairement une intention ou un but.
Mécanisme — Le mécanisme est une manière d’expliquer les phénomènes à partir des éléments qui les composent et des relations causales entre eux. Une explication mécaniste ne cherche pas d’abord la fin poursuivie par la nature, mais les opérations par lesquelles un résultat apparaît.
Finalité — La finalité consiste à comprendre une activité ou une organisation par référence à une fin, une fonction ou un résultat. Dire qu’un organe remplit une fonction ne suppose cependant pas qu’il ait été conçu intentionnellement : il faut distinguer la fonction biologique d’un projet conscient.
État de nature — L’état de nature est une situation hypothétique dans laquelle les êtres humains sont envisagés avant l’établissement de certaines institutions politiques. Chez Hobbes, Locke ou Rousseau, cette construction théorique sert à examiner les raisons de former une société politique, non à décrire nécessairement une époque historique.
Nature humaine — La nature humaine désigne les dispositions ou caractéristiques supposées communes à l’ensemble des êtres humains. La difficulté est de déterminer ce qui relève de capacités biologiques partagées, de conditions sociales récurrentes ou d’institutions historiquement variables, sans confondre fréquence et nécessité.
Inné et acquis — L’inné renvoie à ce qui dépend des dispositions présentes dès le développement de l’organisme ; l’acquis à ce qui résulte des apprentissages et de l’expérience. La distinction ne signifie pas que leurs effets s’additionnent séparément : ils interagissent constamment dans les conduites humaines.
Naturalisation — La naturalisation consiste à présenter comme naturels, et donc parfois comme inévitables, des comportements ou des rapports sociaux qui comportent une dimension historique. Elle devient contestable lorsqu’une différence constatée sert, sans justification supplémentaire, à légitimer une hiérarchie ou une institution.
Anthropocentrisme — L’anthropocentrisme est une perspective qui place les êtres humains au centre de l’interprétation ou de l’évaluation du monde. Sous sa forme morale, il accorde une priorité à leurs intérêts, mais n’implique pas nécessairement l’absence de toute obligation envers les autres vivants.
Valeur intrinsèque — La valeur intrinsèque est la valeur reconnue à un être ou à une réalité pour elle-même, indépendamment de son utilité pour autrui. Attribuer une telle valeur à des animaux, des espèces ou des écosystèmes modifie les raisons invoquées pour leur protection.