Lexique
Raison théorique — La raison théorique concerne la recherche de connaissances justifiées : elle examine les propositions, leurs preuves et les relations logiques entre elles. Elle ne consiste pas simplement à posséder des informations, mais à pouvoir expliquer pourquoi une affirmation mérite d’être tenue pour vraie.
Raison pratique — La raison pratique intervient dans la délibération sur ce qu’il convient de faire. Elle évalue des motifs, des fins et des obligations ; chez Kant, elle peut également formuler des exigences morales qui ne dépendent pas seulement de l’intérêt ou du désir individuel.
Rationalité — La rationalité caractérise une pensée ou une conduite conforme à des exigences pertinentes de cohérence et de justification. Sa forme dépend du problème traité : la démonstration mathématique, l’interprétation d’un témoignage et la décision collective ne mobilisent pas exactement les mêmes critères.
Raisonnable — Est raisonnable une conduite qui tient compte des circonstances, des intérêts d’autrui et des motifs susceptibles d’être discutés publiquement. Le raisonnable ne se réduit pas à la conformité formelle à une règle de logique ni au calcul du gain individuel maximal.
Entendement — L’entendement est la faculté de comprendre et de juger au moyen de concepts. Dans la philosophie de Kant, il organise les données de l’expérience selon des catégories, tandis que la raison cherche des principes d’unité plus généraux et interroge l’inconditionné.
Argument — Un argument est un ensemble de propositions dont certaines, appelées prémisses, sont avancées pour justifier une conclusion. Sa qualité dépend à la fois de la solidité des prémisses et de la manière dont la conclusion en découle ; persuader n’équivaut pas toujours à démontrer.
Déduction — La déduction est un raisonnement dans lequel la conclusion résulte nécessairement des prémisses si la forme logique est valide. Cette nécessité est conditionnelle : un raisonnement déductif correctement construit peut aboutir à une conclusion fausse lorsque ses prémisses sont elles-mêmes fausses.
Induction — L’induction consiste à tirer d’observations particulières une généralisation ou une prévision concernant des cas non encore observés. Elle intervient dans de nombreuses enquêtes empiriques, mais ne garantit pas logiquement que ce qui a été constaté se reproduira toujours.
Intuition — L’intuition désigne une saisie immédiate, sans déroulement explicite d’un raisonnement par étapes. Elle peut correspondre, selon les auteurs, à une perception sensible ou à une appréhension intellectuelle ; elle ne doit pas être assimilée systématiquement à un pressentiment irrationnel.
Rationalisme — Le rationalisme accorde à la raison un rôle essentiel dans la constitution et la justification des connaissances. Certaines de ses formes reconnaissent des principes accessibles indépendamment de l’expérience, sans affirmer pour autant que l’observation du monde serait inutile à toute connaissance.
Empirisme — L’empirisme souligne le rôle fondamental de l’expérience sensible dans l’origine et la justification des connaissances. Il se distingue du rationalisme par la place qu’il attribue aux données empiriques, mais ne revient pas à interdire les raisonnements abstraits ou les constructions théoriques.
Principe de non-contradiction — Le principe de non-contradiction interdit d’affirmer et de nier simultanément la même chose, sous le même rapport. Il constitue une exigence centrale de la logique classique : deux propositions contradictoires ne peuvent y être toutes deux vraies dans les mêmes conditions.
Rationalité instrumentale — La rationalité instrumentale consiste à choisir efficacement des moyens en fonction d’une fin préalablement fixée. Elle peut déterminer comment atteindre un objectif, sans établir à elle seule si cet objectif est juste ou souhaitable ; cette limite ouvre une interrogation morale.
Dogmatisme — Le dogmatisme est une attitude consistant à tenir certaines affirmations pour définitivement assurées sans soumettre suffisamment leurs fondements à l’examen. Il ne se confond pas avec toute conviction ferme : une thèse peut être fortement soutenue tout en restant ouverte à la critique.
Critique — La critique est l’examen raisonné des fondements, des conditions de validité et des limites d’une proposition ou d’une faculté. Chez Kant, critiquer la raison consiste notamment à déterminer ce qu’elle peut connaître légitimement, non à récuser globalement sa capacité de connaître.