Philosophie · Notion 12

La religion

I. Introduction et définition de la notion

La religion désigne un ensemble de croyances, de pratiques et de formes de communauté qui organisent une relation à ce qui est tenu pour sacré, ultime ou porteur d’une signification dépassant la vie ordinaire. Elle peut comprendre des récits d’origine, des rites, des prescriptions et des expériences personnelles. Une définition rigoureuse doit rester assez large pour inclure les traditions théistes et celles qui ne s’organisent pas autour d’un Dieu créateur, sans effacer la diversité de leurs doctrines.

La religion ne se réduit donc ni à une opinion sur l’existence de Dieu ni à une morale. Elle associe, selon des configurations variables, des affirmations sur le monde, des manières de vivre et des appartenances collectives. Son étude philosophique doit distinguer trois questions : une croyance est-elle vraie, peut-elle être justifiée, et quelles fonctions remplit-elle pour ceux qui la partagent ? Expliquer son origine sociale ou psychologique ne suffit pas à trancher sa vérité.

Les distinctions nécessaires à l’analyse

Dans ce cours, le terme « Foi » renvoie à une réalité définie de la manière suivante : adhésion engageant une confiance et souvent une manière de vivre. Dans un contexte religieux, elle peut s’appuyer sur une révélation ou un témoignage sans se présenter comme une démonstration scientifique.

Dans ce cours, le terme « Croyance » désigne un fait de tenir une proposition pour vraie avec un degré d’assurance variable. Toute croyance n’est pas religieuse : les convictions ordinaires et certaines attentes pratiques relèvent aussi de cette catégorie.

Dans ce cours, le terme « Sacré » renvoie à une réalité définie de la manière suivante : ce qu’une communauté met à part et soumet à des prescriptions particulières. Le sacré ne désigne pas nécessairement ce qui serait moralement bon, mais un statut distinct du fonctionnement quotidien.

Dans ce cours, le terme « Profane » désigne un domaine des usages et des activités ordinaires, distingué du sacré. Cette distinction dépend des pratiques d’une tradition et ne correspond pas toujours à une séparation matérielle permanente.

Dans ce cours, le terme « Rite » désigne une action réglée dont l’accomplissement possède une signification symbolique, collective ou religieuse. Il peut marquer une naissance, une disparition, un passage ou le renouvellement d’un engagement.

Dans ce cours, le terme « Révélation » désigne une manifestation par laquelle une vérité est tenue pour communiquée par une source divine. Son autorité repose sur une reconnaissance religieuse que la raison peut interroger sans la présupposer.

Dans ce cours, le terme « Théisme » désigne une affirmation de l’existence d’un Dieu auquel sont généralement attribuées intelligence et volonté. Ses formes varient notamment selon la conception de l’action divine et de sa relation au monde.

Dans ce cours, le terme « Athéisme » désigne une position qui ne reconnaît pas l’existence de dieux, ou qui en affirme l’inexistence selon les usages du terme. Sa portée doit être précisée, car toutes les religions ne se définissent pas par le théisme.

Dans ce cours, le terme « Agnosticisme » désigne une position selon laquelle certaines questions métaphysiques, notamment l’existence de Dieu, ne sont pas connues ou ne peuvent être tranchées avec certitude. Elle ne coïncide pas nécessairement avec l’indifférence religieuse.

Dans ce cours, le terme « Sécularisation » renvoie à une réalité définie de la manière suivante : transformation historique par laquelle certaines institutions, normes ou activités acquièrent une autonomie à l’égard des autorités religieuses. Elle peut modifier la place de la religion sans entraîner la disparition de toute croyance.

L’analyse doit articuler ces dimensions. Une personne peut pratiquer un rite par attachement familial sans partager toutes les doctrines associées ; une foi personnelle peut aussi exister hors d’une institution. La religion doit donc être étudiée à la fois comme une prétention à la vérité, une manière de vivre et une forme de lien social. Aucune de ces dimensions ne suffit à elle seule à la définir.

II.Développement

1. Les formes de l’expérience et de la vie religieuses

Les croyances et la recherche de sens

Une religion peut proposer une interprétation de la naissance, de la souffrance, de la mort et de la place humaine dans le monde. Ces interprétations ne possèdent pas toutes le statut d’hypothèses physiques. Un récit peut exprimer une signification symbolique, transmettre une norme ou affirmer un événement. Il faut déterminer lequel de ces usages est en jeu avant de discuter sa validité.

La recherche de sens se distingue de l’explication causale. Connaître les causes biologiques d’une mort ne répond pas directement à la question de la manière de vivre une perte. Cette distinction ne rend pas pour autant toutes les affirmations religieuses compatibles avec les sciences : lorsqu’une doctrine énonce des faits observables, elle doit aussi être confrontée aux preuves disponibles. Le conflit dépend donc du contenu précis de l’énoncé, et non du seul fait qu’il soit religieux.

Les rites et l’appartenance

Un rite ne transmet pas seulement une information. En réunissant des personnes à un moment déterminé, il peut rendre sensible leur appartenance commune et organiser une transition. Des funérailles donnent une forme collective à la séparation, sans que tous les participants éprouvent exactement les mêmes sentiments ou donnent le même sens à la mort.

Cette dimension explique pourquoi la religion peut demeurer importante lorsque certaines croyances s’affaiblissent. Les pratiques entretiennent une mémoire, des solidarités et des rythmes communs. Elles peuvent aussi imposer des normes et exclure ceux qui s’en écartent. Une même institution peut donc soutenir des personnes vulnérables et limiter leur possibilité de désaccord ; l’intégration et la contrainte doivent être analysées ensemble.

2. La foi devant les exigences de la raison

Les arguments sur l’existence de Dieu

Les arguments cosmologiques partent de l’existence du monde, de son changement ou de sa contingence pour rechercher un fondement qui ne dépende pas à son tour d’une autre cause. Leur force tient à la question de l’explication ultime. Leur difficulté est de justifier le passage d’une exigence de fondement à l’existence d’un Dieu personnel, ainsi que le statut exceptionnel attribué à ce fondement.

L’argument ontologique suit une autre voie : il tente d’établir l’existence divine à partir du concept d’un être absolument parfait. L’objection principale porte sur le passage du concept à l’existence. Définir une chose, même comme parfaite, permet-il d’établir qu’elle existe ? Kant conteste que l’existence puisse être ajoutée comme une propriété perfectionnant un concept.

Les arguments tirés de l’ordre du monde rapprochent son organisation de celle d’une œuvre. Cette analogie ne suffit pourtant pas à établir que les deux organisations ont la même origine. Des mécanismes naturels peuvent expliquer certaines régularités, tandis que les désordres et les souffrances compliquent l’idée d’un monde entièrement adapté au bien des vivants. Il faut donc distinguer une hypothèse explicative, une preuve et une interprétation de l’existence.

L’adhésion et les limites de la preuve

La foi peut être comprise comme une confiance irréductible à une preuve contraignante. L’absence de démonstration n’implique pas alors que le croyant reconnaisse sa conviction comme arbitraire : il peut invoquer une expérience, un témoignage ou la cohérence d’une vie. Ces raisons n’ont toutefois pas nécessairement la même force pour une personne qui ne partage pas leurs présupposés.

La pluralité religieuse soulève une difficulté particulière. Si des traditions invoquent des expériences ou des révélations incompatibles, il faut examiner les critères permettant de les départager. L’intensité d’une conviction ne suffit pas, car elle existe dans plusieurs directions. À l’inverse, la diversité des croyances ne démontre pas logiquement que toutes soient fausses. Elle constitue une raison d’interroger les conditions de leur justification.

3. La souffrance, la morale et l’espérance

Le problème du mal

L’existence du mal devient un problème théologique précis lorsqu’on affirme simultanément la toute-puissance, la parfaite bonté et la connaissance divine. Pourquoi un être possédant ces propriétés permettrait-il des souffrances ? L’objection ne vise pas de la même manière toutes les conceptions du divin, mais elle exerce une pression sur leur compatibilité.

Une réponse distingue la liberté humaine et les actes mauvais : empêcher toute possibilité de faute supprimerait une condition de la responsabilité. Cette réponse ne résout pas les souffrances qui ne résultent pas directement d’un choix humain, ni les dommages infligés à des victimes incapables de consentir. Une autre réponse invoque un bien plus large que l’esprit humain ne peut saisir. Elle préserve une possibilité de signification, mais devient difficile à discuter si aucune expérience ne peut compter contre elle.

La religion peut aussi être vécue moins comme une explication du mal que comme une manière d’y répondre : accompagner les victimes, maintenir une espérance ou refuser que l’injustice possède le dernier mot. Il faut distinguer cette portée existentielle d’une démonstration de la justice du monde.

L’autonomie morale et les prescriptions religieuses

Si une action est dite bonne seulement parce qu’une autorité divine la commande, sa valeur semble dépendre d’une décision qui pourrait être différente. Si Dieu la commande parce qu’elle est bonne, sa valeur paraît alors reposer sur un critère qui ne se réduit pas à l’ordre reçu. Cette difficulté oblige à préciser les rapports entre obéissance, révélation et jugement moral.

Une morale autonome cherche les raisons de l’obligation dans des principes accessibles à la discussion. Elle peut être compatible avec une foi, mais ne fonde pas le devoir sur le seul espoir d’une récompense. Agir uniquement pour obtenir un avantage futur reviendrait à subordonner l’acte moral à un intérêt. La religion peut ainsi soutenir l’engagement moral sans être tenue pour son unique fondement.

4. Les explications sociales et la coexistence des convictions

Les conditions d’apparition ne décident pas seules de la vérité

Les croyances sont transmises dans des milieux familiaux et sociaux. Elles peuvent répondre à des besoins de protection, de cohésion ou de consolation. Mettre en évidence ces facteurs éclaire la manière dont une conviction se forme, mais une genèse n’est pas automatiquement une réfutation. Une proposition apprise par imitation peut être vraie ; une conviction née d’un désir peut aussi se révéler exacte.

La critique devient plus forte lorsqu’elle montre que le mécanisme de formation d’une croyance fonctionne indépendamment de sa vérité et empêche sa remise en question. Il faut alors distinguer la fonction sociale d’une croyance et les preuves qui pourraient la soutenir. L’explication sociologique et l’évaluation philosophique portent sur des dimensions reliées, mais différentes.

La liberté de conscience et l’autorité publique

La coexistence de convictions différentes pose un problème politique : les règles communes doivent-elles reposer sur une doctrine religieuse particulière ? Si elles exigent cette adhésion, ceux qui ne la partagent pas risquent d’être placés dans une situation de dépendance. La liberté de conscience protège la possibilité de croire, de ne pas croire et de changer de conviction.

La laïcité, entendue comme principe de séparation ou de neutralité de l’autorité publique à l’égard des religions, cherche à organiser cette coexistence. Ses réalisations historiques diffèrent. Philosophiquement, il faut distinguer la neutralité d’une institution et l’effacement des convictions dans toute la société. Une personne peut exprimer une foi tout en reconnaissant que la contrainte collective demande des justifications accessibles à des citoyens qui ne la partagent pas.

La tolérance ne signifie pas l’approbation de toutes les pratiques. Elle suppose de déterminer des limites lorsque des libertés entrent en conflit ou qu’une personne subit une contrainte. La difficulté consiste à protéger simultanément l’exercice d’une conviction et le droit de s’en dégager. Le pluralisme religieux devient alors une question de droits, de discussion et d’organisation du pouvoir.

III. Étude et analyse des auteurs

Pascal et le pari dans une existence incertaine

Le fragment traditionnellement appelé le pari appartient aux Pensées, ensemble posthume issu du projet d’une défense du christianisme. Le texte, repéré notamment par le numéro 233 dans l’édition Brunschvicg, s’adresse à un interlocuteur que les preuves métaphysiques ne convainquent pas. Pascal déplace la question de la connaissance vers celle de la conduite : vivre implique déjà de choisir une orientation.

L’argument compare un enjeu fini et la possibilité d’un bonheur infini. Si l’existence divine ne peut être tranchée par la raison démonstrative, renoncer à toute orientation n’abolit pas les conséquences du choix. Pascal veut montrer que l’intérêt pratique d’une vie tournée vers Dieu ne se mesure pas comme un avantage ordinaire.

L’interlocuteur ne peut pourtant se donner immédiatement la foi par décision. Le dialogue se poursuit donc sur les habitudes, les passions et les pratiques qui pourraient rendre une adhésion possible. Le pari n’est ni une démonstration de l’existence de Dieu ni la totalité de la pensée religieuse de Pascal. Il constitue un moment d’une démarche destinée à transformer la disposition du lecteur.

Les objections portent sur le calcul avec l’infini, sur le choix du Dieu considéré et sur la valeur d’une foi recherchée par intérêt. Plusieurs religions pourraient proposer des enjeux différents. La réflexion pascalienne garde une portée plus générale : une décision existentielle peut être nécessaire alors que la certitude théorique fait défaut, sans que l’avantage d’un choix prouve la vérité de son objet.

Kant et la priorité de la morale

La préface de La Religion dans les limites de la simple raison, publiée en 1793, affirme que la morale n’a pas besoin de la religion pour connaître le devoir ou pour obliger. La raison pratique suffit à établir l’exigence de principes universalisables. Introduire une récompense comme fondement de l’obligation déplacerait son motif vers l’intérêt.

Kant ne conclut pas que la religion soit sans signification. La réflexion morale conduit à considérer la destination d’une conduite bonne et la possibilité d’un monde dans lequel vertu et bonheur ne seraient pas définitivement séparés. La religion s’inscrit alors dans une espérance morale ; elle ne fournit pas une connaissance théorique démontrée du suprasensible.

L’ouvrage étudie également la tendance à subordonner la loi morale aux intérêts personnels. Le mal radical désigne ce renversement dans l’ordre des motifs, et non l’idée que chaque humain accomplirait continuellement les actes les plus mauvais. La transformation morale exige un changement de disposition que le seul respect extérieur des rites ne garantit pas.

La communauté éthique doit favoriser une vie selon la vertu sans se confondre avec la contrainte juridique de l’État. Le culte devient problématique lorsqu’il prétend remplacer l’action bonne par des observances. On peut objecter que cette conception évalue les religions à partir d’une morale rationnelle qui ne restitue pas toutes leurs dimensions. Sa force est de refuser qu’une autorité religieuse dispense le sujet de sa responsabilité morale.

Marx et la religion comme expression d’un monde social

Dans l’Introduction à la critique de la philosophie du droit de Hegel, rédigée en 1843 et publiée en 1844, Marx situe la religion dans un monde où les humains éprouvent une souffrance et une dépossession réelles. Il refuse de traiter la croyance comme une simple erreur intellectuelle que l’on supprimerait par une réfutation isolée : il faut comprendre les conditions sociales qui rendent cette croyance nécessaire.

La religion exprime une détresse tout en lui donnant une consolation. Elle peut également porter une protestation contre une existence privée de justice. Sa critique ne se comprend donc pas si l’on retient seulement l’idée d’un instrument de manipulation fabriqué par les dominants. Le besoin religieux possède, dans ce texte, une réalité humaine et sociale.

L’illusion devient problématique lorsqu’une réconciliation imaginée détourne de la transformation des conditions qui rendent cette consolation nécessaire. Critiquer la religion demande alors de critiquer les institutions et les rapports sociaux. Supprimer une représentation sans modifier la détresse qui la soutient laisserait intacte une cause essentielle de sa reproduction.

Cette approche éclaire les relations entre croyances et organisation sociale, mais elle n’établit pas à elle seule que toute proposition religieuse soit fausse. Elle peut aussi sous-estimer l’autonomie des traditions et leur capacité à soutenir des changements politiques opposés. Sa contribution majeure consiste à rendre l’analyse de la religion inséparable de celle des conditions concrètes dans lesquelles les personnes cherchent un sens et une justice.

Durkheim et la constitution sociale du sacré

Dans Les Formes élémentaires de la vie religieuse de 1912, Durkheim cherche les caractéristiques communes des faits religieux. Il écarte une définition fondée uniquement sur les dieux ou le surnaturel, car elle ne convient pas à toutes les traditions. Le livre I privilégie la distinction du sacré et du profane ainsi que l’union des croyants dans une communauté.

L’étude des pratiques totémiques australiennes lui permet de relier les représentations religieuses à la vie collective. Dans certains rassemblements, l’intensité des interactions fait éprouver une force qui dépasse l’individu. Les symboles donnent à cette expérience un objet durable ; les rites réactivent l’appartenance et les obligations communes.

Le sacré ne constitue donc pas, dans cette analyse, une propriété physique visible dans une chose isolée. Son statut dépend d’interdits, de croyances et de pratiques partagées. La force ressentie n’est pas imaginaire au sens d’une illusion sans effet : Durkheim l’interprète comme une puissance sociale dont les personnes font réellement l’expérience, même si elles en représentent autrement l’origine.

Les données ethnographiques utilisées et la généralisation à partir d’un ensemble limité de sociétés ont été discutées. Le vocabulaire historique de formes élémentaires ne doit pas être compris comme une hiérarchie de dignité entre peuples. L’approche durkheimienne explique la réalité collective de la religion ; elle ne constitue pas, par sa seule méthode, une preuve métaphysique de l’inexistence de Dieu.

Lexique

Religion — La religion est un ensemble de croyances, de pratiques, de récits et de formes de communauté liés à ce qu’une tradition tient pour sacré ou ultime. Toutes les religions ne reposent pas sur la croyance en un Dieu personnel, ce qui complique toute définition unique.

Foi — La foi est une adhésion qui engage la confiance et peut orienter durablement une existence. Dans le domaine religieux, elle peut s’appuyer sur une révélation ou un témoignage ; elle ne possède pas nécessairement le même mode de justification qu’une démonstration scientifique.

Croyance — La croyance consiste à tenir une proposition pour vraie, avec un degré de conviction variable. Elle peut être religieuse, politique ou ordinaire ; le fait qu’une croyance soit psychologiquement forte ne suffit ni à prouver sa vérité ni à établir sa fausseté.

Révélation — La révélation désigne, dans certaines religions, la communication d’une vérité considérée comme provenant d’une source divine ou transcendante. Sa reconnaissance suppose des critères propres aux traditions concernées ; le philosophe peut interroger ces critères sans présupposer la vérité de la révélation.

Sacré — Le sacré est ce qu’une tradition distingue des usages ordinaires et entoure de règles, d’interdits ou de pratiques particulières. Il ne se réduit ni au divin ni au bien moral : un lieu, un objet ou un moment peut être sacralisé collectivement.

Profane — Le profane désigne ce qui relève de la vie ordinaire par opposition à ce qu’une communauté reconnaît comme sacré. Cette frontière dépend des contextes culturels et religieux : une même action peut avoir un sens quotidien dans une situation et rituel dans une autre.

Rite — Un rite est une action réglée, souvent répétée, à laquelle un groupe attribue une signification symbolique ou religieuse. Il peut exprimer une appartenance, marquer une transition ou renouveler un engagement collectif ; sa fonction ne se limite pas à transmettre une information.

Théisme — Le théisme affirme l’existence d’un Dieu personnel, généralement conçu comme doté d’intelligence et de volonté. Il se distingue des conceptions impersonnelles du divin et de certaines traditions non théistes ; plusieurs formes de théisme divergent sur l’action de Dieu dans le monde.

Monothéisme — Le monothéisme est la croyance en un Dieu unique, auquel peut être attribué le statut de créateur et de fondement ultime du réel. Il se distingue du polythéisme, qui admet plusieurs divinités, sans déterminer à lui seul l’ensemble des pratiques religieuses.

Athéisme — L’athéisme désigne l’absence de croyance en des dieux ou, dans une version plus affirmative, la thèse de leur inexistence. Il faut préciser de quel sens il s’agit : refuser une conception particulière de Dieu ne revient pas toujours à rejeter toute forme de spiritualité.

Agnosticisme — L’agnosticisme soutient que l’existence de Dieu, ou certaines autres questions métaphysiques, n’est pas connue ou ne peut pas être établie de manière décisive. Cette position concerne d’abord les limites du savoir et ne se confond pas nécessairement avec l’indifférence religieuse.

Transcendance — La transcendance désigne ce qui dépasse un domaine donné, notamment le monde de l’expérience ordinaire. Dans plusieurs conceptions religieuses, Dieu est transcendant parce qu’il ne se réduit à aucun être naturel ; cette notion s’oppose alors à une conception strictement immanente du divin.

Immanence — L’immanence caractérise ce dont le principe ou la réalité se situe à l’intérieur d’un domaine plutôt qu’au-delà de lui. Une conception immanente du divin l’inscrit dans le monde même, mais le terme possède aussi des usages philosophiques non religieux.

Théodicée — La théodicée cherche à concilier l’existence d’un Dieu supposé bon et tout-puissant avec celle du mal et de la souffrance. Elle soulève le problème de savoir comment ces attributs divins pourraient être compatibles avec les imperfections constatées du monde.

Sécularisation — La sécularisation désigne la transformation historique par laquelle des institutions, des pratiques ou des représentations deviennent moins directement dépendantes des autorités religieuses. Elle ne signifie pas nécessairement disparition des croyances : celles-ci peuvent subsister ou se recomposer dans une société sécularisée.