Lexique
Religion — La religion est un ensemble de croyances, de pratiques, de récits et de formes de communauté liés à ce qu’une tradition tient pour sacré ou ultime. Toutes les religions ne reposent pas sur la croyance en un Dieu personnel, ce qui complique toute définition unique.
Foi — La foi est une adhésion qui engage la confiance et peut orienter durablement une existence. Dans le domaine religieux, elle peut s’appuyer sur une révélation ou un témoignage ; elle ne possède pas nécessairement le même mode de justification qu’une démonstration scientifique.
Croyance — La croyance consiste à tenir une proposition pour vraie, avec un degré de conviction variable. Elle peut être religieuse, politique ou ordinaire ; le fait qu’une croyance soit psychologiquement forte ne suffit ni à prouver sa vérité ni à établir sa fausseté.
Révélation — La révélation désigne, dans certaines religions, la communication d’une vérité considérée comme provenant d’une source divine ou transcendante. Sa reconnaissance suppose des critères propres aux traditions concernées ; le philosophe peut interroger ces critères sans présupposer la vérité de la révélation.
Sacré — Le sacré est ce qu’une tradition distingue des usages ordinaires et entoure de règles, d’interdits ou de pratiques particulières. Il ne se réduit ni au divin ni au bien moral : un lieu, un objet ou un moment peut être sacralisé collectivement.
Profane — Le profane désigne ce qui relève de la vie ordinaire par opposition à ce qu’une communauté reconnaît comme sacré. Cette frontière dépend des contextes culturels et religieux : une même action peut avoir un sens quotidien dans une situation et rituel dans une autre.
Rite — Un rite est une action réglée, souvent répétée, à laquelle un groupe attribue une signification symbolique ou religieuse. Il peut exprimer une appartenance, marquer une transition ou renouveler un engagement collectif ; sa fonction ne se limite pas à transmettre une information.
Théisme — Le théisme affirme l’existence d’un Dieu personnel, généralement conçu comme doté d’intelligence et de volonté. Il se distingue des conceptions impersonnelles du divin et de certaines traditions non théistes ; plusieurs formes de théisme divergent sur l’action de Dieu dans le monde.
Monothéisme — Le monothéisme est la croyance en un Dieu unique, auquel peut être attribué le statut de créateur et de fondement ultime du réel. Il se distingue du polythéisme, qui admet plusieurs divinités, sans déterminer à lui seul l’ensemble des pratiques religieuses.
Athéisme — L’athéisme désigne l’absence de croyance en des dieux ou, dans une version plus affirmative, la thèse de leur inexistence. Il faut préciser de quel sens il s’agit : refuser une conception particulière de Dieu ne revient pas toujours à rejeter toute forme de spiritualité.
Agnosticisme — L’agnosticisme soutient que l’existence de Dieu, ou certaines autres questions métaphysiques, n’est pas connue ou ne peut pas être établie de manière décisive. Cette position concerne d’abord les limites du savoir et ne se confond pas nécessairement avec l’indifférence religieuse.
Transcendance — La transcendance désigne ce qui dépasse un domaine donné, notamment le monde de l’expérience ordinaire. Dans plusieurs conceptions religieuses, Dieu est transcendant parce qu’il ne se réduit à aucun être naturel ; cette notion s’oppose alors à une conception strictement immanente du divin.
Immanence — L’immanence caractérise ce dont le principe ou la réalité se situe à l’intérieur d’un domaine plutôt qu’au-delà de lui. Une conception immanente du divin l’inscrit dans le monde même, mais le terme possède aussi des usages philosophiques non religieux.
Théodicée — La théodicée cherche à concilier l’existence d’un Dieu supposé bon et tout-puissant avec celle du mal et de la souffrance. Elle soulève le problème de savoir comment ces attributs divins pourraient être compatibles avec les imperfections constatées du monde.
Sécularisation — La sécularisation désigne la transformation historique par laquelle des institutions, des pratiques ou des représentations deviennent moins directement dépendantes des autorités religieuses. Elle ne signifie pas nécessairement disparition des croyances : celles-ci peuvent subsister ou se recomposer dans une société sécularisée.