SES · Première · Économie · Chapitre 1

Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il ?

SES · Première · ÉconomieChapitre 01

Objectifs d’apprentissage

Ce chapitre présente les règles indispensables aux échanges, les hypothèses de la concurrence et les mécanismes de formation des prix. Vous apprendrez à lire les courbes d’ et de , à expliquer leurs déplacements, à déterminer un équilibre et à mesurer l’effet d’une . L’analyse du , du et des surplus permettra ensuite de comprendre les décisions des producteurs et les .

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Introduction

Une mauvaise récolte suffit parfois à renchérir les fruits, même lorsque les habitudes des consommateurs restent inchangées. À l’inverse, l’arrivée de nouveaux producteurs peut faire baisser le prix d’un produit très demandé. Dans les deux cas, le prix résulte de décisions nombreuses, prises séparément par les acheteurs et les vendeurs, puis confrontées sur un .

On appelle marché le dispositif qui permet la rencontre d’une et d’une et la formation d’un prix. Il peut prendre la forme d’une place de village, d’une plateforme numérique ou d’échanges dispersés entre entreprises. Les économistes en étudient les mécanismes à l’aide de modèles : ceux-ci simplifient la réalité pour isoler des relations que l’on pourra ensuite confronter aux faits.

Dans un marché concurrentiel, aucun participant ne dispose, à lui seul, d’un poids suffisant pour imposer le prix. Cette hypothèse aide à comprendre comment les décisions individuelles peuvent aboutir à un équilibre et procurer des gains aux participants. Elle reste une hypothèse de travail : l’existence d’un prix commun ne prouve pas que tous les marchés fonctionnent conformément au modèle.

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I. Le marché repose sur des règles et sur un certain degré de concurrence

A. Les institutions rendent les échanges possibles

Acheter un fruit suppose des règles généralement invisibles au moment de payer : le vendeur doit pouvoir céder le produit, la quantité annoncée doit être identifiable et chacun doit reconnaître la valeur du règlement. Une est précisément un ensemble relativement durable de règles et de pratiques qui organisent les relations sociales. Les droits de propriété établissent qui peut utiliser et transmettre un bien ; les contrats précisent les engagements, tandis que la monnaie et le droit rendent leur exécution plus facile.

Cette organisation sécurise les échanges. Sachant qu’il peut obtenir réparation en cas de fraude, un acheteur accepte plus facilement de commander à distance. Une entreprise est davantage disposée à investir lorsqu’elle peut faire respecter ses contrats et bénéficier du produit de son activité. Les normes de qualité rendent, de leur côté, les offres plus comparables. Le fonctionne ainsi grâce aux institutions qui le structurent.

Les règles diffèrent selon les produits et les sociétés : certaines ventes sont libres, d’autres soumises à des conditions particulières ou interdites. Leur existence ne garantit pas l’efficacité de chaque marché, mais rappelle qu’aucun échange marchand n’est indépendant de son cadre juridique et social.

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B. Le nombre d’offreurs et les conditions d’entrée influencent la concurrence

Le modèle de retient plusieurs hypothèses : un grand nombre d’acheteurs et de vendeurs, un produit homogène, une information accessible, une entrée et une sortie libres, ainsi qu’une mobilité des facteurs de production. On parle d’ lorsque chaque participant représente une part si faible des transactions qu’il ne peut influencer individuellement le prix.

Dans ces conditions, chaque agent est . Un vendeur qui demanderait davantage pour un produit strictement identique perdrait ses clients au des concurrents. Son choix porte donc sur la quantité produite, les techniques utilisées et les coûts qu’il peut maîtriser ; le prix du marché lui est donné.

La réalité présente des degrés de concurrence variés. Certains marchés comptent un seul vendeur, d’autres quelques grandes entreprises ou de nombreux producteurs dont les biens se distinguent. Le nombre d’offreurs doit être rapproché des possibilités de substitution et des obstacles à l’entrée. C’est l’ensemble de ces conditions qui détermine la pression concurrentielle.

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II. Les décisions des acheteurs et des producteurs déterminent un équilibre

A. La demande relie le prix aux quantités souhaitées par les acheteurs

La indique, pour une période donnée, les quantités que les acheteurs souhaitent et peuvent acquérir à différents prix. Lorsque les autres conditions sont inchangées, elle décroît généralement avec le prix : certains consommateurs achètent moins, renoncent à l’achat ou choisissent un produit de substitution. Un prix plus faible permet, au contraire, à d’autres acheteurs d’entrer sur le .

Pour représenter cette relation, les économistes placent la quantité sur l’axe horizontal et le prix sur l’axe vertical. La courbe de demande est habituellement décroissante. Sa construction suppose de maintenir constants le revenu des consommateurs, leurs préférences et les prix des autres biens : la pente illustre donc l’effet du seul prix étudié.

La disposition à payer est le prix maximal accepté par un acheteur pour une unité. Elle peut diminuer à mesure que l’on consomme davantage d’unités du même bien, car chacune apporte une satisfaction supplémentaire plus faible. Cette intuition éclaire la forme de la courbe, sans supposer que les consommateurs effectuent réellement un calcul détaillé à chaque achat.

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B. Le producteur augmente sa production tant que l’unité supplémentaire est rentable

Pour décider combien produire, l’entreprise compare ses recettes à ses coûts. Le correspond à la différence entre et coût total. Si toutes les unités sont vendues au même prix, la recette totale vaut prix × quantité. Parmi les dépenses de production, certaines restent fixes à court terme, tandis que d’autres varient avec le nombre d’unités produites. Le rapporte le coût total à la quantité ; le mesure celui d’une unité supplémentaire.

Le coût moyen renseigne sur la rentabilité d’ensemble ; le coût marginal guide la décision de produire davantage. Une entreprise preneuse de prix reçoit, pour chaque unité vendue en plus, le prix du marché : sa est donc égale à ce prix. Tant que cette recette supplémentaire dépasse le coût marginal, augmenter la production améliore son profit.

Considérons une entreprise fictive qui vend chaque unité 8 euros et supporte 6 euros de . Les coûts marginaux successifs sont les suivants.

Tableau du chapitre 1
Quantité produiteCoût de l’unité supplémentaire en eurosCoût total en eurosRecette totale en eurosProfit en euros
0Sans objet60−6
12880
2412164
3618246
4826326
51036404
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À 8 euros de prix de vente, la troisième unité ajoute 2 euros au profit, puisque son coût marginal est de 6 euros. La quatrième n’apporte aucun gain supplémentaire et la cinquième réduit le profit de 2 euros. Le maximum, égal à 6 euros, est donc atteint pour trois comme pour quatre unités. Lorsque les quantités sont divisibles et le coût marginal croissant, l’optimum intérieur se trouve au point où prix et coût marginal sont égaux.

Quand le prix augmente, des unités jusque-là trop coûteuses deviennent rentables : la quantité offerte progresse. C’est ce raisonnement qui relie la courbe d’ à la partie pertinente de la courbe de coût marginal. À court terme, l’entreprise n’a intérêt à continuer de produire que si le prix couvre au moins ses moyens ; à plus long terme, elle doit également couvrir ses coûts fixes.

C. Le prix d’équilibre égalise les quantités offertes et demandées

L’offre décrit les quantités que les producteurs souhaitent vendre à chaque prix, leurs conditions de production étant données. En additionnant les offres individuelles, on obtient l’offre du marché. Dans le modèle retenu, elle est croissante : produire davantage suppose de supporter des coûts marginaux de plus en plus élevés.

Prenons un marché fictif décrit par deux relations : quantité demandée = 12 − prix et quantité offerte = prix − 2, pour des quantités positives. Au prix de 7 euros, les acheteurs veulent acquérir cinq unités et les producteurs souhaitent en vendre autant. Le marché est à l’équilibre : les projets de vente et d’achat coïncident.

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À 6 euros, la demande atteint six unités alors que l’offre se limite à quatre : la pénurie relative pousse le prix à la hausse. À 8 euros, les vendeurs proposent six unités pour une demande de quatre ; les invendus les encouragent à baisser leurs prix. Ces ajustements rapprochent offre et demande. Dans les marchés réels, contrats, stocks et délais de production peuvent néanmoins ralentir le mouvement.

Figure 1 – L’équilibre et les surplus sur un marché concurrentiel fictif

Le point E indique cinq unités échangées à 7 euros. Les courbes représentent des projets d’achat et de vente à différents prix, et non des quantités effectivement échangées simultanément à tous ces prix.

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III. Les changements de conditions modifient les prix et les quantités

A. Distinguer variation du prix, déplacement de courbe et réaction des quantités

Une variation du prix, lorsque rien d’autre ne change, entraîne un déplacement le long de la courbe. Ainsi, sur la initiale, un passage de 7 à 6 euros porte la quantité demandée de cinq à six unités. La courbe elle-même reste inchangée : c’est la réponse des acheteurs au nouveau prix que l’on observe.

Une hausse du revenu ou une évolution des préférences peut, en revanche, modifier la demande à tous les prix. Si les acheteurs souhaitent deux unités supplémentaires quel que soit le prix, la relation devient quantité demandée = 14 − prix. À l’ancien prix de 7 euros, la demande dépasse désormais l’ ; l’ajustement conduit à un nouvel équilibre de six unités à 8 euros.

Il faut donc identifier deux mouvements différents : la demande s’est déplacée vers la droite, puis la quantité offerte a augmenté le long d’une courbe d’offre inchangée. Un progrès technique produirait un autre résultat en abaissant les coûts des vendeurs : c’est alors l’offre qui se déplace vers la droite, ce qui réduit le prix d’équilibre et augmente les quantités échangées.

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Figure 2 – Une hausse de la demande déplace l’équilibre

La demande passe de D0 à D1. La courbe d’offre reste identique : le déplacement de E0 vers E1 traduit une réaction des vendeurs au nouveau prix, sans changement de leurs conditions de production.

La pente d’une courbe donne une première indication sur la réaction des quantités au prix. À échelle identique, une demande presque verticale traduit une faible réaction : les acheteurs disposent, par exemple, de peu de substituts immédiats. Une courbe plus horizontale signale une réaction plus forte. Du côté de l’offre, une récolte déjà effectuée ne peut guère être augmentée à court terme, même si le prix monte.

Le temps modifie ces réactions. Construire une usine exige des années, alors qu’utiliser davantage une capacité existante peut être plus rapide. La pente graphique ne doit cependant pas être confondue avec l’élasticité, qui mesure une variation relative en pourcentage et dépend du point de la courbe considéré. Pour lire correctement le graphique, on commence toujours par les axes, les unités et les variables supposées constantes.

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B. Une taxe unitaire modifie l’équilibre et répartit une charge

Supposons qu’une taxe de 2 euros soit prélevée sur chaque unité vendue. Ce prélèvement unitaire, parfois qualifié de taxe forfaitaire dans les exercices scolaires, augmente de 2 euros le coût de chaque vente pour le producteur. Il diffère d’une somme fixe payée indépendamment de la quantité produite, qui ne modifie pas directement le .

Pour conserver une recette nette donnée, le vendeur doit désormais obtenir un prix acquitté par l’acheteur supérieur de 2 euros. L’offre s’écrit alors quantité offerte = prix payé − 4. Le nouvel équilibre correspond à quatre unités vendues, au prix de 8 euros pour l’acheteur ; une fois la taxe reversée, le producteur reçoit 6 euros par unité, contre 7 euros auparavant.

La charge économique de la taxe se partage ici également : l’acheteur paie 1 euro de plus et le vendeur conserve 1 euro de moins. Cette répartition vient des réactions particulières de l’offre et de la demande dans notre exemple. En général, le côté du le moins sensible au prix supporte la part la plus importante du prélèvement, quel que soit l’agent chargé de le reverser à l’administration.

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Figure 3 – Une taxe unitaire modifie les prix et les quantités

L’écart vertical entre le prix acheteur de 8 euros et le prix vendeur de 6 euros vaut la taxe. Les recettes publiques atteignent 2 × 4 = 8 euros. Les quantités échangées diminuent parce que certains échanges auparavant avantageux deviennent trop coûteux.

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IV. L’échange crée des avantages que les surplus permettent de mesurer

A. Les surplus des consommateurs et des producteurs

Un consommateur peut être disposé à payer 10 euros pour un produit vendu 7 euros. Il retire alors de l’achat un surplus de 3 euros : un avantage évalué en monnaie, et non une somme effectivement versée. Le correspond à la différence entre ce qu’il était prêt à payer et le prix qu’il a acquitté.

Pour tous les acheteurs, on mesure ce surplus par l’aire comprise entre la courbe de et le prix du , jusqu’à la quantité échangée. Dans la figure 1, il forme un triangle de base cinq et de hauteur 5 euros, soit 12,50 euros. Cette valeur repose sur les dispositions à payer, elles-mêmes liées aux ressources des personnes ; elle ne renseigne pas directement sur l’équité de la répartition.

Le mesure, dans le modèle concurrentiel, l’écart entre ses recettes et ses . Sur un graphique, c’est l’aire située sous le prix et au-dessus de la courbe d’, jusqu’à la quantité vendue. Il indique l’avantage tiré de l’échange avant déduction des .

Dans notre exemple, le surplus des producteurs atteint lui aussi 12,50 euros. Leur peut pourtant être inférieur : des coûts fixes restent à payer. Une entreprise peut même enregistrer une perte comptable malgré un surplus du producteur positif. Vendre une unité au-dessus de son n’assure donc pas, à elle seule, la rentabilité de toute l’activité.

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B. Les gains à l’échange et l’efficacité concurrentielle

Pour chaque unité, l’échange crée un gain dès lors que l’acheteur lui accorde une valeur supérieure au coût marginal de sa production. Additionnés pour l’ensemble des transactions, ces avantages constituent les , mesurés par la somme des surplus. Dans l’exemple, il reste avantageux de produire jusqu’à la cinquième unité ; au-delà, le coût marginal dépasse la disposition à payer.

À l’équilibre concurrentiel, tous les échanges mutuellement avantageux sont donc réalisés dans les conditions du modèle. Le surplus total atteint ici 25 euros. Ce résultat suppose notamment que les prix reflètent l’ensemble des coûts et avantages et que l’information pertinente soit disponible. Il mesure une efficacité de l’allocation, sans garantir la satisfaction de tous les besoins ni l’égalité de pouvoir d’achat.

Après l’introduction de la taxe, chaque surplus privé vaut 8 euros et les recettes publiques 8 euros : le total atteint 24 euros. Le dernier euro représente une perte sèche liée à des échanges abandonnés. Pour évaluer une taxe réelle, il faudrait cependant tenir compte de son objectif et des services qu’elle finance. Une taxe environnementale peut aussi corriger un dommage qui n’apparaît pas dans le modèle concurrentiel initial.

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L’essentiel du chapitre

Les échanges supposent des règles communes. Dans le modèle concurrentiel, aucun agent ne peut imposer le prix : les quantités souhaitées par les acheteurs et les vendeurs se rencontrent à un équilibre déterminé par l’ et la .

L’entreprise preneuse de prix produit des unités supplémentaires tant que leur recette dépasse leur . Dans le cas continu usuel, le maximal est atteint lorsque le prix rejoint le coût marginal ; le renseigne, quant à lui, sur le coût de la production dans son ensemble.

Une variation du prix fait évoluer les quantités le long des courbes existantes. Un changement de revenu, de préférences ou de conditions de production déplace l’une des courbes et modifie l’équilibre. Une introduit un écart entre le prix acquitté par l’acheteur et celui reçu par le vendeur, dont le partage dépend de leurs réactions.

Les surplus évaluent les gains monétaires des acheteurs et des vendeurs. Leur somme atteint un maximum à l’équilibre concurrentiel sous les hypothèses retenues. L’existence de dommages externes ou d’informations incomplètes peut modifier ce résultat ; la maximisation du surplus ne renseigne pas directement sur la justice sociale.

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Lexique

  • Marché : dispositif de rencontre de l’offre et de la demande qui permet des échanges et la formation d’un prix.
  • Institution : ensemble durable de règles et de pratiques qui structurent les relations économiques et sociales.
  • Droit de propriété : droit d’utiliser un bien, d’en retirer un revenu et de le transmettre dans les limites légales.
  • Concurrence parfaite : modèle reposant notamment sur l’atomicité, l’homogénéité, la transparence et la liberté d’entrée et de sortie.
  • Atomicité : situation où chaque agent est trop petit pour influencer individuellement le prix du marché.
  • Preneur de prix : agent qui considère le prix comme une donnée lorsqu’il décide de la quantité échangée.
  • Monopole : marché sur lequel un seul offreur propose un produit sans substitut suffisamment proche.
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  • Oligopole : marché dominé par un petit nombre d’offreurs dont les décisions sont interdépendantes.
  • Demande : relation entre le prix d’un bien et la quantité que les acheteurs souhaitent acquérir, les autres déterminants étant constants.
  • Offre : relation entre le prix et la quantité que les vendeurs souhaitent proposer, à conditions de production données.
  • Équilibre de marché : combinaison de prix et de quantité pour laquelle quantité offerte et quantité demandée sont égales.
  • Excès de demande : situation où, au prix considéré, les acheteurs souhaitent acheter davantage que ce que les vendeurs proposent.
  • Excès d’offre : situation où, au prix considéré, les quantités offertes dépassent les quantités demandées.
  • Recette totale : montant des ventes, égal au prix multiplié par la quantité lorsque toutes les unités sont vendues au même prix.
  • Profit : différence entre recette totale et coût total de production.
  • Coût fixe : coût qui ne varie pas avec la production sur la période et dans les capacités étudiées.
  • Coût variable : coût dont le montant dépend du volume produit.
  • Coût moyen : coût total rapporté au nombre d’unités produites.
  • Coût marginal : augmentation du coût total provoquée par la production d’une unité supplémentaire.
  • Recette marginale : supplément de recette obtenu par la vente d’une unité supplémentaire.
  • Déplacement de courbe : modification de toute la relation entre prix et quantité à la suite du changement d’un autre déterminant.
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  • Taxe unitaire : prélèvement d’un montant fixe sur chaque unité échangée, créant un écart entre prix payé et prix reçu.
  • Surplus du consommateur : avantage mesuré par la différence entre disposition à payer et prix payé.
  • Surplus du producteur : différence entre les recettes et les coûts variables, représentée au-dessus de l’offre et sous le prix.
  • Gains à l’échange : avantages totaux issus des transactions, mesurés ici par la somme des surplus.
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Exercices corrigés

Exercice 1 – Pourquoi le marché est-il une institution ?

Type : Question de connaissances

Énoncé. Une plateforme numérique permet à des particuliers de vendre et d’acheter des vélos d’occasion. Pour sécuriser les transactions, elle met en place un système de paiement, des règles de remboursement et une procédure de résolution des litiges.

Expliquez pourquoi cet exemple montre qu’un ne se résume pas à la rencontre entre des vendeurs et des acheteurs.

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Corrigé. Un marché désigne un dispositif permettant la rencontre entre une et une et la réalisation d’échanges à un certain prix. Cependant, son fonctionnement suppose l’existence d’un ensemble de règles qui organisent et sécurisent les transactions. C’est pourquoi les économistes considèrent le marché comme une , c’est-à-dire un ensemble de règles et de pratiques relativement durables qui structurent les relations économiques.

Dans l’exemple présenté, la plateforme permet aux participants de réaliser leurs transactions, mais elle établit également les conditions dans lesquelles celles-ci se déroulent. Le système de paiement facilite le règlement des achats, tandis que les règles de remboursement et les procédures de résolution des litiges réduisent les incertitudes auxquelles sont confrontés les utilisateurs.

Ces mécanismes renforcent la confiance entre des individus qui ne se connaissent pas nécessairement. Un acheteur sera davantage disposé à commander un vélo s’il sait qu’il existe une procédure de recours en cas de problème.

Plus généralement, les droits de propriété, les contrats et les règles juridiques contribuent au fonctionnement des marchés. Les échanges marchands reposent donc sur un cadre institutionnel qui rend les transactions possibles et plus prévisibles.

Exercice 2 – Pourquoi une entreprise concurrentielle ne peut-elle pas librement fixer ses prix ?

Type : Raisonnement économique

Énoncé. Dans une région, plusieurs centaines d’exploitations agricoles produisent une variété de blé présentant des caractéristiques comparables. Un agriculteur décide de vendre sa production 30 % plus cher que le prix habituellement pratiqué, sans proposer de différence particulière de qualité.

Expliquez pourquoi cette stratégie risque d’échouer. Précisez les hypothèses du modèle de qui permettent de comprendre cette situation.

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Corrigé. Dans le modèle de concurrence parfaite, les entreprises sont considérées comme preneuses de prix : individuellement, elles ne disposent pas d’un pouvoir suffisant pour influencer le prix du marché.

Cette caractéristique découle notamment de deux hypothèses fondamentales. L’ suppose qu’un grand nombre de vendeurs et d’acheteurs participent au marché, chacun représentant une faible part des échanges. L’homogénéité signifie que les biens proposés par les différents producteurs sont identiques ou considérés comme tels par les consommateurs.

Dans la situation présentée, les acheteurs peuvent se procurer un blé comparable auprès de nombreux autres producteurs. Si un agriculteur augmente son prix de 30 %, ses clients ont donc intérêt à se tourner vers ses concurrents. Le producteur risque de perdre une grande partie de ses débouchés sans parvenir à imposer son prix aux autres participants.

Le modèle repose également sur la transparence de l’information, la libre entrée et sortie du marché et la mobilité des facteurs de production. Ces hypothèses contribuent à expliquer l’intensité de la concurrence. Dans la réalité, elles sont rarement intégralement respectées. Une différence de qualité, des coûts de transport ou des relations commerciales durables peuvent notamment permettre à certains producteurs de pratiquer des prix différents.

Exercice 3 – Interpréter les déséquilibres entre l’offre et la demande

Type : Application chiffrée

Énoncé. Le tableau suivant présente les quantités offertes et demandées sur un marché fictif de produits artisanaux.

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Tableau du chapitre 1
Prix unitaireQuantité demandéeQuantité offerte
4 €12040
6 €10070
8 €8080
10 €60100

Déterminez le prix et la quantité d’équilibre. Calculez ensuite l’ à 6 € et l’ à 10 €. Expliquez les ajustements susceptibles de ramener le marché vers son équilibre.

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Corrigé. L’équilibre d’un marché concurrentiel correspond à la situation dans laquelle la quantité offerte est égale à la quantité demandée. D’après le tableau, cette égalité est atteinte lorsque le prix est de 8 €, pour une quantité de 80 unités.

À un prix de 6 €, les consommateurs souhaitent acheter 100 unités, tandis que les producteurs n’en proposent que 70. L’excès de demande est donc égal à 100 − 70 = 30 unités. Cette situation correspond à une pénurie relative : au prix considéré, tous les projets d’achat ne peuvent pas être satisfaits.

La demande excédentaire peut exercer une pression à la hausse sur le prix. Cette augmentation encourage certains producteurs à proposer davantage de biens, tandis que certains consommateurs réduisent leurs achats.

À un prix de 10 €, les producteurs souhaitent vendre 100 unités, alors que les consommateurs n’en demandent que 60. L’excès d’offre atteint donc 100 − 60 = 40 unités. Les producteurs peuvent alors être incités à diminuer leurs prix pour écouler leurs marchandises. La baisse du prix favorise la demande et réduit les quantités offertes.

Ces ajustements conduisent théoriquement le marché vers un prix de 8 €, où les décisions des acheteurs et des vendeurs deviennent compatibles. Il faut toutefois distinguer les quantités offertes ou demandées des quantités effectivement échangées. À 10 €, par exemple, la quantité vendue ne peut normalement pas dépasser 60 unités en l’absence d’autres débouchés.

Exercice 4 – Quels sont les effets d’un prix plafond ?

Type : Étude de situation

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Énoncé. Sur un marché fictif, le prix d’équilibre d’un produit est de 12 €. À ce prix, 200 unités sont échangées. Pour limiter le prix payé par les consommateurs, une autorité publique impose un prix maximal de 8 €. À ce nouveau prix, les consommateurs souhaitent acheter 260 unités, tandis que les producteurs acceptent d’en vendre 130.

Expliquez les conséquences de cette intervention sur les quantités échangées et sur le fonctionnement du marché.

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Corrigé. Un prix plafond est un prix maximal imposé par une autorité publique, au-delà duquel un bien ne peut légalement être vendu. Lorsque ce plafond est inférieur au prix d’équilibre concurrentiel, il devient contraignant et empêche le marché de retrouver son équilibre initial par une augmentation du prix.

Dans l’exemple étudié, la fixation du prix à 8 € stimule la demande, qui atteint 260 unités. En revanche, les producteurs souhaitent limiter leur offre à 130 unités, car le prix plus faible rend certaines ventes moins rentables. Il apparaît donc un excès de demande de 260 − 130 = 130 unités.

En l’absence de stocks supplémentaires, la quantité effectivement échangée ne pourra pas dépasser 130 unités. Certains consommateurs bénéficieront d’un prix inférieur au prix d’équilibre, mais d’autres ne parviendront pas à acheter le produit. Des mécanismes de rationnement peuvent alors apparaître : files d’attente, limitations des quantités vendues ou sélection des acheteurs selon des critères autres que le prix.

L’effet social de la mesure dépendra notamment de l’identité des consommateurs qui obtiennent effectivement le produit. Ainsi, une diminution administrative du prix ne garantit pas que l’ensemble des consommateurs puisse accéder davantage au bien concerné.

Exercice 5 – Pourquoi une entreprise peut-elle continuer à produire malgré une perte ?

Type : Application chiffrée et raisonnement

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Énoncé. Une petite entreprise vend ses produits 15 € l’unité sur un marché concurrentiel. Elle a déjà engagé 35 € de irrécupérables pour la journée. Les des quatre premières unités sont respectivement de 6 €, 9 €, 13 € et 17 €.

Déterminez la quantité qui maximise son . Expliquez pourquoi elle peut avoir intérêt à produire même si son résultat demeure négatif.

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Corrigé. Le coût marginal correspond au coût supplémentaire supporté par une entreprise lorsqu’elle produit une unité supplémentaire. Sur un marché concurrentiel, une entreprise preneuse de prix cherche à produire tant que la recette apportée par une unité supplémentaire est supérieure à son coût marginal.

Dans notre exemple, chaque unité vendue rapporte 15 €. La première unité coûte 6 € et apporte donc une contribution de 9 € à la couverture des coûts fixes et au profit. La deuxième apporte 6 € supplémentaires et la troisième 2 €. En revanche, la quatrième unité coûte 17 € alors qu’elle ne rapporte que 15 €. Sa production réduit donc le profit de 2 €.

L’entreprise maximise son résultat en produisant trois unités. Son chiffre d’affaires atteint 15 × 3 = 45 €. Ses sont de 6 + 9 + 13 = 28 €. Son coût total atteint 35 + 28 = 63 €. Son profit est donc égal à 45 − 63 = −18 €.

L’entreprise réalise une perte de 18 €, mais cette perte serait plus importante si elle cessait immédiatement de produire, puisqu’elle supporterait les 35 € de coûts fixes déjà engagés. Il est donc rationnel de poursuivre temporairement la production lorsque les recettes couvrent les coûts variables et contribuent à absorber une partie des coûts fixes. À long terme, une entreprise ne peut toutefois pas durablement fonctionner dans ces conditions sans modifier ses prix, ses coûts ou son activité.

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Exercice 6 – Calculer les gains à l’échange

Type : Application chiffrée

Énoncé. Sur un marché fictif, quatre consommateurs présentent des dispositions à payer respectives de 90 €, 70 €, 60 € et 40 € pour une unité d’un produit. Les coûts marginaux de production des quatre unités sont respectivement de 25 €, 45 €, 55 € et 70 €. Le prix du marché est fixé à 58 €.

Déterminez le nombre d’unités échangées. Calculez le surplus des consommateurs, le surplus des producteurs et les gains totaux à l’échange.

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Corrigé. La disposition à payer correspond au prix maximal qu’un consommateur accepte de verser pour acquérir un bien. Un consommateur achète lorsque sa disposition à payer est au moins égale au prix proposé.

Au prix de 58 €, les trois premiers consommateurs souhaitent acheter le produit. Le quatrième, dont la disposition à payer est de 40 €, renonce à l’achat. Du côté des producteurs, les trois premières unités présentent un coût marginal inférieur au prix de vente. La quatrième, dont le coût marginal atteint 70 €, n’est pas produite. Trois unités sont donc échangées.

Le surplus des consommateurs correspond à la différence entre leur disposition à payer et le prix effectivement acquitté. Il atteint (90 − 58) + (70 − 58) + (60 − 58) = 32 + 12 + 2 = 46 €.

Le surplus des producteurs correspond ici à la différence entre les recettes tirées des ventes et les coûts variables de production. Il atteint (58 − 25) + (58 − 45) + (58 − 55) = 33 + 13 + 3 = 49 €. Le gain total à l’échange est donc égal à 46 + 49 = 95 €.

La quatrième unité n’est pas échangée, car son coût de production, soit 70 €, dépasse la disposition à payer du quatrième consommateur, égale à 40 €. Sa production entraînerait donc une diminution du surplus total. Cet exemple permet de comprendre pourquoi, dans le modèle concurrentiel, les sont maximisés lorsque seules les transactions mutuellement avantageuses sont réalisées.

Exercice 7 – Pourquoi une hausse simultanée de l’offre et de la demande peut-elle produire un résultat incertain ?

Type : Raisonnement économique

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Énoncé. Sur le marché des équipements sportifs, une campagne de sensibilisation encourage davantage de personnes à pratiquer une activité physique. Simultanément, plusieurs fabricants ouvrent de nouvelles unités de production, ce qui augmente les quantités qu’ils peuvent proposer à chaque prix.

Expliquez les effets de ces deux évolutions sur le prix et la quantité d’équilibre.

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Corrigé. La campagne de sensibilisation peut accroître la demande d’équipements sportifs. À chaque niveau de prix, davantage de consommateurs souhaitent acheter ces produits. Graphiquement, cette évolution se traduit par un déplacement de la courbe de demande vers la droite.

Si l’offre restait inchangée, cette hausse de la demande provoquerait normalement une augmentation du prix et de la quantité d’équilibre. Parallèlement, l’ouverture de nouvelles capacités de production augmente l’offre. À prix donné, les entreprises sont désormais capables de proposer davantage de produits. La courbe d’offre se déplace donc également vers la droite.

Si la demande restait constante, cette augmentation de l’offre conduirait à une baisse du prix d’équilibre et à une augmentation des quantités échangées. Lorsque les deux déplacements interviennent simultanément, leurs effets sur les prix sont opposés : la hausse de la demande exerce une pression à la hausse, tandis que l’augmentation de l’offre favorise une diminution du prix.

Il est donc impossible de déterminer avec certitude l’évolution du prix d’équilibre sans connaître l’ampleur respective des deux déplacements. En revanche, les deux mécanismes favorisent une augmentation des quantités échangées. La quantité d’équilibre augmente donc dans le cadre du modèle étudié.

Exercice 8 – Qui supporte réellement une taxe sur un marché ?

Type : Raisonnement économique

Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il ?28
SES · Première · ÉconomieChapitre 01

Énoncé. Une taxe identique est introduite sur deux marchés. Sur le premier, les consommateurs disposent de nombreux produits de substitution. Sur le second, ils disposent de très peu d’alternatives et réduisent difficilement leur consommation lorsque les prix augmentent.

En supposant des conditions d’offre comparables, expliquez pourquoi la répartition de la charge fiscale risque d’être différente entre les deux marchés.

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Corrigé. Lorsqu’une est introduite sur un marché, elle crée un écart entre le prix acquitté par le consommateur et le montant effectivement reçu par le producteur. La répartition de cette charge dépend des réactions de l’offre et de la demande aux variations du prix. On parle d’incidence fiscale pour désigner les conséquences économiques du prélèvement sur les différents agents.

Sur le premier marché, les consommateurs peuvent facilement se tourner vers des produits de substitution. Leur demande est relativement sensible au prix. Si les producteurs répercutent une part importante de la taxe sur les prix, ils risquent de perdre une partie significative de leurs clients. Ils peuvent donc être amenés à absorber une proportion plus importante du prélèvement en réduisant leur recette nette par unité.

Sur le second marché, les consommateurs disposent de peu d’alternatives. Leur demande est relativement peu sensible au prix. Ils continueront donc à acheter une quantité proche de leur consommation initiale malgré l’augmentation du prix. À conditions d’offre comparables, les producteurs pourront leur transférer une part plus importante de la taxe.

La charge économique d’une taxe dépend ainsi des élasticités relatives de l’offre et de la demande, et non uniquement de l’agent légalement chargé de la verser.

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