Le sujet
Vous montrerez comment l’accumulation des facteurs de production et les gains de productivité contribuent à la croissance économique.
Dossier documentaire à consulter : 3-4 du sujet de référence
Sources externes :dossier officiel
1. Comprendre la consigne
Il faut distinguer une augmentation de la quantité de travail et de capital, qui constitue une croissance extensive, d’une amélioration de l’efficacité de leur combinaison, qui relève de la croissance intensive. Le sujet est une création : les trois documents proviennent d’un dossier officiel de dissertation et n’ont pas constitué un EC3 du baccalauréat.
2. Exploiter les documents officiels
Pour chaque document, repérez l’idée principale, relevez les données utiles et reliez-les explicitement au sujet. Les chiffres éclairent le raisonnement : ils ne remplacent pas l’interprétation économique ou sociologique.
Document 1 (p. 3). En 2018, en Corée du Sud, la croissance du PIB est de 2,9 %, avec une contribution du capital de +1,2 point, du travail de −0,6 point et de la PGF de +2,3 points. Aux États-Unis, les contributions du travail (+1,3 point), du capital (+0,8) et de la PGF (+0,8) illustrent une combinaison différente. Les totaux peuvent ne pas être exactement égaux en raison des arrondis.
Document 2 (p. 4). En 2020, la Corée du Sud affecte 4,8 % de son PIB à la R&D et compte 16,6 chercheurs pour 1 000 actifs, contre 2,3 % et 11,4 pour la France. Ces efforts peuvent favoriser les connaissances et innovations, mais ne sont pas une mesure de la PGF.
Document 3 (p. 4). En 2019, les dépenses publiques d’éducation représentent 5,4 % du PIB en France, pour un PIB par habitant de 38 832 dollars constants de 2015 ; en Israël, ces valeurs sont 6,1 % et 39 591 dollars. Les comparaisons entre pays montrent des contextes différents et ne permettent pas d’isoler l’effet causal de l’éducation.
3. Plan détaillé proposé
I. L’accumulation des facteurs augmente les capacités de production
- Une augmentation de la quantité de travail mobilisée (emploi et temps de travail) permet, toutes choses égales par ailleurs, de produire davantage.
- L’investissement accroît le capital physique et les capacités de production ; exploiter le document 1 pour comparer la contribution des facteurs travail et capital selon les pays.
II. Les gains de productivité permettent de produire davantage avec des facteurs donnés
- Les progrès techniques et organisationnels améliorent l’efficacité de la combinaison productive, ce qui apparaît notamment dans la contribution de la PGF (document 1).
- La R&D et l’éducation peuvent soutenir l’innovation et le capital humain (documents 2 et 3), tout en évitant l’erreur consistant à lire des corrélations comme des causalités démontrées.
4. Correction entièrement rédigée
La croissance économique correspond à l’augmentation durable du volume de production d’une économie, généralement mesurée par le taux de variation du PIB en volume. Pour produire, les entreprises combinent du travail et du capital. L’augmentation de leurs quantités peut favoriser la croissance, mais celle-ci peut également résulter d’une amélioration de l’efficacité productive. On distingue donc l’accumulation des facteurs de production et les gains de productivité.
En premier lieu, la croissance peut provenir de l’augmentation de la quantité de travail utilisée. Lorsque davantage de personnes travaillent, ou lorsque le volume total d’heures travaillées s’accroît, une économie peut produire davantage si les autres conditions restent comparables. L’accroissement de la population active et de l’emploi contribue ainsi aux capacités productives. Il ne suffit cependant pas que la population augmente : les personnes supplémentaires doivent pouvoir accéder à des emplois et disposer des ressources nécessaires pour produire.
Le capital constitue l’autre facteur de production essentiel. Les entreprises investissent lorsqu’elles achètent ou développent des bâtiments, des machines, des équipements informatiques ou d’autres moyens de production durables. Ces investissements augmentent le stock de capital disponible, permettant soit de produire davantage, soit de développer de nouvelles activités. L’accumulation du travail et du capital correspond à une croissance dite extensive, c’est-à-dire fondée principalement sur l’augmentation des quantités de facteurs.
Le document 1 permet de mesurer ces contributions. En 2018, aux États-Unis, le PIB augmente de 2,9 %, avec une contribution du travail de 1,3 point de pourcentage et une contribution du capital de 0,8 point. La croissance y repose donc notamment sur l’augmentation des facteurs mobilisés. En Corée du Sud, au contraire, le facteur travail contribue négativement à la croissance, à hauteur de −0,6 point, tandis que la contribution du capital atteint +1,2 point. Ces différences montrent que les sources de la croissance varient selon les économies et les périodes.
En second lieu, la croissance peut résulter d’une amélioration de l’efficacité avec laquelle le travail et le capital sont combinés. La productivité désigne le rapport entre une production et les ressources utilisées pour l’obtenir. Le progrès technique, par exemple l’introduction d’un nouveau procédé ou d’un logiciel plus performant, peut permettre de fabriquer davantage de biens avec les mêmes effectifs et les mêmes équipements. Une meilleure organisation de la production peut produire un résultat similaire. On parle alors de croissance intensive, dans laquelle les gains de productivité jouent un rôle majeur.
La productivité globale des facteurs, ou PGF, permet d’appréhender la part de la croissance non expliquée par la seule augmentation des quantités de facteurs dans une décomposition comptable. D’après le document 1, la PGF contribue pour 2,3 points à la croissance sud-coréenne de 2,9 % en 2018. Au Japon, elle apporte 0,4 point à une croissance de 0,6 %. À l’inverse, la Suède présente une contribution de PGF négative de −0,2 point malgré une croissance de 2 %. Ces données montrent que l’efficacité productive peut accélérer ou freiner la croissance, tout en rappelant que la PGF mesure également d’autres phénomènes que le seul progrès technique.
Les gains de productivité peuvent être stimulés par l’investissement dans la recherche et le capital humain. Les activités de R&D favorisent la découverte de nouveaux produits et de nouvelles méthodes de production. Le document 2 indique qu’en 2020 la Corée du Sud consacre 4,8 % de son PIB à la R&D et compte 16,6 chercheurs pour 1 000 actifs, contre 2,3 % et 11,4 en France. L’éducation, de son côté, améliore les connaissances et compétences des travailleurs, ce qui facilite l’utilisation des innovations et l’adaptation aux évolutions productives.
Le document 3 illustre les moyens consacrés à cette formation. En 2019, les dépenses publiques d’éducation représentent 5,4 % du PIB en France et 6,1 % en Israël, pour des PIB par habitant respectifs de 38 832 et 39 591 dollars constants de 2015. Ces chiffres ne permettent pas de conclure que le niveau de richesse d’un pays est uniquement déterminé par ses dépenses d’éducation. Ils montrent cependant que la formation constitue un investissement important, susceptible de soutenir les compétences et, à terme, la productivité.
Ainsi, deux grandes sources complémentaires expliquent la croissance économique. L’accumulation du travail et du capital permet d’accroître les moyens de production, tandis que les gains de productivité améliorent leur efficacité. L’innovation, la recherche et l’éducation peuvent entretenir ces gains, ce qui explique pourquoi une économie peut continuer à croître sans augmenter indéfiniment les quantités de facteurs mobilisées.
