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Consommation durable et engagement politique

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Correction

Consommer pour défendre une cause

Sujet 23-SESJ2G11 · CREDOC, enquêtes 1998–2018, publication de mars 2019 · Ménages

À l’aide des données du document, vous comparerez l’évolution de la consommation des ménages en produit issu de l’agriculture biologique et celle concernant les produits alimentaires en vrac, entre 1998 et 2018.

Réponse rédigée. Entre 1998 et 2018, la proportion de ménages ayant acheté un produit biologique au cours des six mois précédant l’enquête augmente davantage que celle des ménages ayant acheté un produit alimentaire en vrac. La première passe de 44 % à 70 %, soit une hausse de 26 points et une multiplication par environ 1,6. La seconde progresse de 32 % à 47 %, soit 15 points supplémentaires et une multiplication par environ 1,5. L’achat de produits biologiques reste donc plus répandu et son avance s’accroît : l’écart passe de 12 à 23 points. Pour les deux pratiques, l’essentiel de la progression intervient entre 1998 et 2009 ; de 2009 à 2018, les hausses sont respectivement de 6 points et de 1 point.

Lecture utile. Le graphique mesure l’existence d’au moins un achat au cours de six mois, pas les quantités consommées, la fréquence habituelle des achats ni leur part dans le budget.

À l’aide des données du document et de vos connaissances, vous expliquerez en quoi la consommation engagée constitue une forme d’engagement politique.

Argument. La consommation engagée consiste à orienter ses achats ou ses refus d’achat en fonction de convictions et de causes collectives. Elle constitue un engagement politique lorsqu’elle vise à agir sur l’organisation de la société, par exemple sur les conditions de production, les droits sociaux ou la protection de l’environnement.

Explication. Le consommateur peut refuser d’acheter les produits d’une entreprise dont il désapprouve les pratiques : il s’agit d’un boycott. Il peut aussi privilégier des produits ou des entreprises jugés conformes à ses valeurs : on parle d’achat engagé ou de buycott. Dans les deux cas, l’objectif dépasse la satisfaction personnelle. Les achats deviennent un moyen d’exprimer une revendication et d’exercer une pression économique ou symbolique sur les producteurs. Le soutien au commerce équitable peut ainsi chercher à améliorer la rémunération des producteurs, tandis que l’achat en vrac peut viser à limiter les emballages. Ces actes individuels peuvent être coordonnés par des associations ou des campagnes collectives.

Illustration. En 2018, 70 % des ménages déclarent avoir acheté un produit biologique et 47 % un produit alimentaire en vrac au cours des six derniers mois, contre respectivement 44 % et 32 % en 1998. Ces pratiques, lorsqu’elles répondent à une volonté de réduire certaines atteintes à l’environnement ou de soutenir un autre modèle de production, peuvent servir de supports à un engagement politique. L’achat de produits d’occasion sur internet, déclaré par 46 % des ménages en 2018, peut également participer à une démarche de sobriété ou de réemploi.

Repères de correction. Définir l’intention collective qui donne une portée politique au choix marchand. Le document ne mesure pas les motivations : acheter biologique pour sa seule santé, du vrac pour son prix ou de l’occasion pour économiser ne suffit pas à établir un engagement politique. La progression de ces achats ne prouve donc pas, à elle seule, une progression équivalente de la consommation engagée.