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FICHE 07 / 50

Le New Deal : secours, reprise et réformes durables d’un capitalisme désormais régulé

Le New Deal regroupe des politiques successives plutôt qu’un programme unique. On les résume souvent par les « trois R » : relief, c’est-à-dire l’aide immédiate aux victimes de la crise, recovery pour la reprise économique, et reform pour la transformation durable des institutions. Le premier New Deal de 1933-1934 agit surtout dans l’urgence. Il stabilise les banques, soutient les agriculteurs, finance des travaux publics et tente d’organiser certains secteurs industriels. À partir de 1935, un second New Deal donne davantage de place à la protection sociale, aux droits syndicaux et à l’emploi public. Cette évolution répond à la persistance du chômage et aux pressions politiques venues de la gauche comme des mouvements populistes.

Plusieurs mesures deviennent durables. Le Social Security Act d’août 1935 crée un système fédéral de retraites et d’assurance-chômage, encore incomplet mais profondément novateur. Le Wagner Act de juillet 1935 protège l’organisation syndicale et la négociation collective. La Works Progress Administration emploie plusieurs millions de personnes dans des infrastructures, des programmes culturels et des services publics. La Securities and Exchange Commission, créée en 1934, renforce la surveillance des marchés financiers. L’État fédéral devient donc un acteur permanent de la régulation économique et sociale, même si l’économie américaine demeure fondamentalement capitaliste.

Le bilan économique est discuté. Entre 1933 et 1937, la production et le revenu progressent fortement, sans retrouver le plein emploi. La récession de 1937-1938 montre la fragilité de la reprise. La réduction prématurée des dépenses fédérales et le resserrement monétaire contribuent à ce recul, ce qui renforce ensuite l’argument en faveur d’un soutien plus durable de la demande. Le chômage reste élevé jusqu’à l’entrée dans l’économie de guerre. Les dépenses militaires massives de 1940-1941 jouent un rôle décisif dans le retour au plein emploi.

Il serait pourtant réducteur de juger le New Deal uniquement à l’aune de la disparition du chômage. Son apport majeur réside dans la stabilisation bancaire, la création d’institutions sociales et la redéfinition du contrat politique américain. Les partisans y voient un sauvetage du capitalisme par la réforme. Les critiques libérales dénoncent l’extension de l’État, tandis que les critiques de gauche soulignent la modestie de la redistribution et les exclusions qui touchent notamment une partie des travailleurs agricoles et domestiques. Le New Deal ne met pas fin seul à la Grande Dépression. Il transforme en revanche durablement les rapports entre citoyens, marché et gouvernement fédéral.