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FICHE 31 / 76

1947, indépendance et partition de l’Inde : la fin du Raj britannique au prix d’une immense violence communautaire

Le mouvement national indien est dominé depuis l’entre-deux-guerres par le Congrès, au sein duquel Gandhi et Nehru jouent un rôle majeur. La Seconde Guerre mondiale accélère la crise du Raj britannique. Londres engage l’Inde dans le conflit sans consulter les dirigeants nationalistes, tandis que la campagne « Quit India » de 1942 exige l’indépendance immédiate. Après 1945, le gouvernement travailliste de Clement Attlee estime qu’un maintien durable de l’Empire des Indes serait politiquement et financièrement très coûteux.

Au moment du transfert de pouvoir, la relation entre le Congrès et la Ligue musulmane de Muhammad Ali Jinnah devient l’obstacle central. Cette dernière réclame un État séparé pour les musulmans, craignant leur marginalisation dans une Inde dominée par la majorité hindoue. Les négociations échouent. Le vice-roi Lord Mountbatten avance la date du transfert de pouvoir et accepte la partition. Le Pakistan devient indépendant le 14 août 1947, l’Union indienne le 15 août. Le premier est alors composé de deux territoires séparés de plus de 1 500 kilomètres. La frontière du Pendjab et du Bengale, tracée par la commission Radcliffe, n’est officiellement rendue publique que le 17 août, ce qui accroît encore l’incertitude des populations.

La partition provoque une catastrophe humaine. Environ 10 à 15 millions de personnes traversent les nouvelles frontières dans un sens ou dans l’autre. Les massacres entre hindous, musulmans et sikhs font plusieurs centaines de milliers de morts, les estimations variant largement. Le Pendjab est particulièrement touché. Gandhi tente jusqu’à son assassinat en janvier 1948 de contenir les violences. L’indépendance de l’Inde constitue donc un succès majeur de l’anticolonialisme, mais elle s’accompagne d’une division territoriale durable et d’un conflit indo-pakistanais centré notamment sur le Cachemire. Ces violences ne doivent pas être présentées comme l’effet inévitable d’antagonismes religieux anciens : la précipitation du calendrier de partition, l’effondrement de l’autorité administrative et la mobilisation politique des appartenances communautaires jouent un rôle décisif dans leur extension.