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FICHE 24 / 76

Budapest, octobre-novembre 1956 : l’espoir d’un socialisme autonome écrasé par l’intervention soviétique

La Hongrie est depuis la fin des années 1940 une démocratie populaire étroitement alignée sur Moscou. Le régime de Mátyás Rákosi combine stalinisation rapide, police politique et industrialisation forcée. Après la mort de Staline puis le XXe congrès, les critiques s’intensifient. Le 23 octobre 1956, une manifestation étudiante à Budapest se transforme en soulèvement. Des symboles soviétiques sont détruits, des unités de l’armée rejoignent parfois les insurgés et le pouvoir vacille.

Imre Nagy, ancien chef du gouvernement réformateur, revient au pouvoir. Il annonce le rétablissement du pluralisme politique, demande le retrait des forces soviétiques et, le 1er novembre, proclame la neutralité de la Hongrie ainsi que sa sortie du pacte de Varsovie. Cette dernière décision transforme la crise intérieure en enjeu stratégique majeur pour Moscou. Après une première phase d’hésitation, les dirigeants soviétiques choisissent l’intervention. Il faut distinguer deux moments : des forces soviétiques interviennent dès le 24 octobre, puis un retrait partiel semble ouvrir la voie à une négociation ; la décision d’une seconde intervention massive, exécutée le 4 novembre, ferme cette possibilité.

Le 4 novembre, les chars soviétiques entrent massivement dans Budapest. La résistance est vaincue en quelques jours. Plusieurs milliers de Hongrois sont tués et environ 200 000 personnes fuient le pays. Nagy est arrêté puis exécuté en 1958. János Kádár prend la tête d’un régime fidèle à Moscou, avant d’introduire progressivement des assouplissements économiques. L’Occident condamne l’intervention sans agir militairement, d’autant que la crise de Suez se déroule simultanément. Budapest fixe une frontière claire : la déstalinisation peut modifier les méthodes de gouvernement, mais l’URSS n’accepte pas qu’un État stratégique sorte du bloc oriental.