L’élargissement transforme l’Union européenne en un ensemble de près de trente États et consolide la stabilité d’une grande partie du continent. Il étend le marché unique, accroît le poids démographique de l’Union et favorise la convergence économique de plusieurs nouveaux membres. Pour beaucoup de pays d’Europe centrale, il marque une sortie définitive de la domination soviétique.
Cette réussite complique pourtant la prise de décision. Les intérêts nationaux deviennent plus divers et l’unanimité requise dans plusieurs domaines peut ralentir l’action collective. Les débats sur le budget, les migrations, l’État de droit ou les relations avec la Russie montrent que l’élargissement ne produit pas automatiquement une homogénéité politique.
Il soulève aussi une question de frontières : jusqu’où l’Union doit-elle s’étendre ? Les Balkans occidentaux restent engagés dans des processus d’adhésion, tandis que la Turquie connaît une candidature longue et de plus en plus incertaine. Depuis 2022, l’Ukraine et la Moldavie ont obtenu le statut de candidat, redonnant à l’élargissement une dimension géopolitique centrale. L’Union doit désormais concilier approfondissement institutionnel et extension de son espace politique. L’élargissement augmente le poids économique et géopolitique de l’Union tout en rendant plus difficiles les compromis institutionnels entre États aux intérêts et niveaux de richesse différents.
