Créée en 1945, l’Organisation des Nations unies reste après 1991 le principal cadre universel de légitimité internationale. Elle réunit presque tous les États du monde, organise des opérations de paix, coordonne l’aide humanitaire et porte de nombreuses agences spécialisées. Les années 1990 semblent d’abord ouvrir une période plus active, avec la guerre du Golfe, le Cambodge ou les Balkans.
Les échecs du Rwanda et de Srebrenica révèlent toutefois les limites du système. L’ONU ne dispose pas d’une armée propre et dépend des États pour ses moyens. Surtout, le Conseil de sécurité peut être paralysé par le veto de l’un de ses cinq membres permanents. La guerre d’Irak de 2003, puis les blocages sur la Syrie ou l’Ukraine, montrent que l’organisation ne peut imposer une décision lorsque les grandes puissances s’opposent directement.
Cette faiblesse ne rend pas l’ONU inutile. Même les puissances qui la contournent cherchent souvent à obtenir sa légitimité. Ses agences restent essentielles pour les réfugiés, la santé, l’alimentation ou le développement. L’ONU est donc à la fois le reflet des rapports de force et un espace où ceux-ci peuvent être négociés. Son efficacité dépend moins d’un pouvoir autonome que de la volonté des États de coopérer.
