À partir d’août 2014, les États-Unis forment une coalition internationale contre Daech. Les frappes aériennes sont combinées au soutien de forces locales : armée irakienne, unités kurdes, Forces démocratiques syriennes et divers partenaires. L’objectif n’est pas de déployer une nouvelle occupation comparable à celle de 2003, mais d’affaiblir l’organisation tout en laissant les combats terrestres à des acteurs locaux. Mossoul est reprise en juillet 2017 et Raqqa en octobre.
En mars 2019, Daech perd son dernier territoire important à Baghouz en Syrie. Cette défaite détruit le califat territorial mais pas les réseaux, les cellules clandestines ni l’idéologie. Des branches existent au-delà du Levant et l’organisation conserve une capacité d’insurrection. La campagne montre donc qu’une coalition peut obtenir un succès militaire mesurable sans supprimer les causes politiques et sociales qui alimentent la violence djihadiste. Elle rappelle aussi la différence entre contrôler un territoire et maintenir une organisation transnationale.
La séquence oblige donc à séparer trois niveaux de succès : destruction d’un territoire contrôlé, affaiblissement d’une organisation et disparition d’une idéologie. La coalition obtient largement le premier, partiellement le second, mais ne peut à elle seule assurer le troisième. La chute de Baghouz en mars 2019 met fin au contrôle territorial continu de Daech, mais non à ses cellules clandestines ni à sa capacité d’inspiration transnationale.
