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FICHE 184 / 238

La dissolution de 1997 : un pari politique qui conduit à la troisième cohabitation

En avril 1997, Jacques Chirac décide de dissoudre l’Assemblée nationale alors que la droite y dispose encore d’une large majorité élue en 1993. Le président explique vouloir donner au gouvernement une majorité renouvelée avant les échéances européennes, notamment le passage à l’euro. Le calcul est aussi politique : des élections anticipées semblent moins risquées qu’un scrutin prévu en 1998, après de nouvelles mesures budgétaires potentiellement impopulaires.

Le pari échoue. Aux élections législatives des 25 mai et 1er juin 1997, la gauche plurielle — socialistes, communistes, Verts et alliés — obtient la majorité. Jacques Chirac doit nommer Lionel Jospin Premier ministre. Une troisième cohabitation commence pour cinq ans, durée exceptionnellement longue. Le président demeure chef de l’État, mais le gouvernement contrôle la politique intérieure et dispose d’une majorité parlementaire cohérente.

La dissolution de 1997 devient un cas classique de mauvais calcul institutionnel. Elle montre que le droit de dissolution, conçu comme un instrument de maîtrise des crises politiques, peut produire l’effet inverse lorsqu’il est utilisé de manière stratégique. La séquence contribue ensuite à la réforme du quinquennat et à l’inversion du calendrier électoral : en rapprochant présidentielle et législatives, les réformes de 2000-2001 réduisent la probabilité d’une nouvelle cohabitation. La dissolution est annoncée le 21 avril 1997 ; les législatives de mai-juin donnent contre toute attente la majorité à la gauche plurielle et ouvrent cinq années de cohabitation.