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FICHE 196 / 238

La France face au chômage de masse : une question centrale depuis les années 1980

Depuis le milieu des années 1970, le chômage devient un phénomène structurel en France. Dans les années 1990, son taux reste durablement élevé, dépassant régulièrement 10 % de la population active au sens du BIT. La reprise de la fin de la décennie permet une baisse sensible, mais le chômage ne retrouve pas les faibles niveaux des Trente Glorieuses. Les jeunes, les moins qualifiés et certains territoires industriels sont particulièrement exposés.

Les gouvernements successifs expérimentent des réponses diverses : contrats aidés, allégements de cotisations sur les bas salaires, emplois-jeunes, réduction du temps de travail, réforme de la formation professionnelle et politiques d’activation. Le débat oppose rarement deux modèles purs. Dans la pratique, la France combine soutien de la demande, baisse du coût du travail, flexibilisation partielle et maintien d’un système de protection sociale relativement développé. Les crises de 1993, 2008-2009 et de la zone euro interrompent régulièrement les phases d’amélioration.

Le chômage de masse transforme aussi la société. Il fragilise les trajectoires professionnelles, augmente le risque de pauvreté et nourrit un sentiment de déclassement. Sa persistance contribue à la défiance envers les gouvernements, souvent jugés sur leur capacité à créer de l’emploi. Il devient ainsi un problème économique, social et politique central de la France contemporaine. Le chômage baisse nettement à la fin des années 1990 puis remonte après 2008 : parler de « chômage de masse » décrit donc une persistance de long terme, non une évolution linéaire.