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FICHE 78 / 238

La guerre civile syrienne : d’une contestation populaire à une guerre internationalisée

En mars 2011, des manifestations apparaissent en Syrie après l’arrestation de jeunes à Deraa. Le régime de Bachar al-Assad réprime durement la contestation, tandis qu’une partie de l’opposition se militarise. À partir de 2012, le conflit oppose une multitude d’acteurs : forces gouvernementales, groupes rebelles, organisations kurdes et mouvements djihadistes. Les fractures politiques, territoriales et confessionnelles se combinent sans se réduire à une simple guerre entre sunnites et alaouites.

La guerre devient progressivement internationale. L’Iran et le Hezbollah soutiennent Damas ; la Turquie, les monarchies du Golfe et plusieurs pays occidentaux appuient diverses composantes de l’opposition ; la Russie intervient militairement en septembre 2015. Les États-Unis concentrent ensuite une part croissante de leur action sur la lutte contre Daech. L’échec des négociations et le veto russe au Conseil de sécurité limitent les capacités de l’ONU. La Syrie devient ainsi un cas emblématique de guerre civile où dynamiques locales et rivalités internationales s’entremêlent.

La durée du conflit tient précisément à cette superposition. Chaque acteur extérieur empêche la défaite complète de certains partenaires locaux, tandis que les oppositions syriennes se fragmentent. La guerre devient progressivement impossible à comprendre à la seule échelle nationale. À partir de 2012-2013, la guerre syrienne ne peut plus être comprise comme un simple affrontement régime-opposition : milices, groupes djihadistes et puissances étrangères fragmentent durablement le conflit.