Depuis 1967, des gouvernements israéliens ont autorisé ou soutenu l’installation de populations civiles dans les territoires occupés, principalement en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Les motivations sont diverses : sécurité stratégique, idéologie national-religieuse, proximité de Jérusalem, coût du logement ou volonté de créer des faits territoriaux. Le nombre d’habitants des colonies augmente fortement pendant et après les années d’Oslo, même si les gouvernements successifs adoptent des politiques différentes selon les zones.
Sur le plan international, la majorité des États et des juristes considèrent les colonies comme contraires à l’article 49 de la quatrième Convention de Genève ; Israël conteste cette interprétation juridique et insiste sur le caractère disputé des territoires et sur les besoins de sécurité. Le débat politique ne se réduit donc pas à la légalité : la dispersion des implantations, les routes et les zones de contrôle compliquent la continuité territoriale d’un futur État palestinien.
Les colonies deviennent ainsi un test de crédibilité du processus de paix. Pour de nombreux Palestiniens, leur croissance signifie qu’Israël négocie tout en modifiant la réalité territoriale. Pour une partie des Israéliens, certains grands blocs proches de la ligne verte doivent rester sous souveraineté israélienne dans tout accord final, avec des échanges de territoires. Le dossier combine donc droit, démographie, idéologie et sécurité, ce qui explique sa résistance à toutes les négociations.
