Boris Eltsine devient le premier président élu de la Fédération de Russie en juin 1991 et dirige le pays jusqu’à sa démission le 31 décembre 1999. Il hérite de l’essentiel du territoire, de l’arsenal nucléaire et du siège soviétique au Conseil de sécurité, mais aussi d’une économie désorganisée et d’institutions en construction. La transition vers le marché s’accompagne d’une forte inflation, d’une chute de la production et d’un appauvrissement pour une partie importante de la population.
Le régime reste pluraliste et des élections concurrentielles ont lieu, mais la consolidation démocratique demeure fragile. La crise constitutionnelle d’octobre 1993, les privatisations controversées et la guerre de Tchétchénie détériorent la confiance. L’État éprouve des difficultés à lever l’impôt et à imposer son autorité à certains acteurs économiques et régionaux. La Russie d’Eltsine ne peut pourtant être résumée à un effondrement : elle crée aussi de nouvelles institutions, une presse pluraliste et une économie privée qui survivront sous des formes transformées.
La crise financière d’août 1998 révèle brutalement cette fragilité : le rouble est dévalué et l’État fait défaut sur une partie de sa dette intérieure. Paradoxalement, la reprise qui suit prépare une partie du redressement économique dont Poutine bénéficiera.
