La Turquie demeure membre de l’OTAN depuis 1952 et candidate à l’Union européenne, dont les négociations d’adhésion commencent en 2005. L’arrivée au pouvoir de l’AKP de Recep Tayyip Erdoğan en 2002 ne rompt d’abord pas avec cette orientation occidentale. Les premières années associent réformes économiques, réduction de certaines tutelles militaires et volonté d’approfondir les relations avec l’Europe. Ankara développe parallèlement une diplomatie de voisinage plus active.
Sous l’influence d’Ahmet Davutoğlu, la Turquie cherche à entretenir de bonnes relations avec le Moyen-Orient, les Balkans, le Caucase et la Russie. Les printemps arabes bouleversent cette politique. Ankara soutient plusieurs mouvements issus des révoltes et s’engage fortement contre Bachar al-Assad en Syrie. La guerre syrienne place la question kurde et la présence de groupes djihadistes à proximité immédiate de la frontière au centre de sa sécurité.
Après la tentative de coup d’État du 15 juillet 2016, le pouvoir se centralise davantage autour d’Erdoğan. Les relations avec Washington et plusieurs capitales européennes deviennent plus tendues, tandis que la Turquie achète le système russe S-400 et développe ses interventions en Syrie et en Méditerranée orientale. Elle ne quitte pas le camp occidental : elle cherche plutôt à maximiser son autonomie en jouant de sa position entre plusieurs espaces stratégiques. Les négociations d’adhésion à l’Union européenne ouvertes en 2005 puis leur enlisement illustrent le déplacement progressif d’Ankara vers une politique étrangère plus autonome et multidirectionnelle.
