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FICHE 186 / 238

Le gouvernement Jospin : gauche plurielle, croissance et réformes sociales

Le gouvernement de Lionel Jospin, formé en juin 1997, réunit socialistes, communistes, radicaux de gauche, Verts et chevènementistes. Cette « gauche plurielle » gouverne dans un contexte international favorable : la croissance française accélère entre 1997 et 2000 et le chômage recule. Le gouvernement combine alors discipline européenne, politiques de soutien à l’emploi et réformes sociales, plutôt qu’un retour à la rupture économique des débuts du mitterrandisme.

Les emplois-jeunes sont créés en 1997 pour faciliter l’insertion professionnelle. Les lois Aubry de 1998 et 2000 organisent le passage aux 35 heures. La couverture maladie universelle est instaurée en 1999 et le PACS la même année. Le gouvernement procède aussi à plusieurs ouvertures de capital et privatisations, notamment France Télécom, Air France ou le Crédit lyonnais selon des modalités différentes. Cette politique montre la transformation de la gauche française : elle cherche à redistribuer et à réguler sans remettre en cause l’économie de marché.

Le bilan est politiquement paradoxal. Les indicateurs d’emploi s’améliorent et plusieurs réformes deviennent durables, mais la gauche arrive divisée à l’élection présidentielle de 2002. Lionel Jospin est éliminé dès le premier tour. La séquence montre qu’une conjoncture économique favorable et un bilan gouvernemental substantiel ne suffisent pas à assurer une traduction électorale automatique. Le bilan Jospin associe réformes sociales et ouverture économique : plusieurs grandes entreprises sont partiellement privatisées, ce qui nuance l’image d’une gauche uniquement étatiste.