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FICHE 218 / 238

Le terrorisme djihadiste et la société française : peur, résilience et polarisation politique

Les attentats commis en France depuis les années 1990 produisent des effets qui dépassent largement le nombre direct des victimes. Le terrorisme cherche précisément à transformer une violence limitée en peur collective, à pousser l’État à la sur-réaction et à approfondir les divisions sociales. Après 2015, la présence militaire dans l’espace public, les contrôles de sécurité et la médiatisation constante de la menace modifient les pratiques quotidiennes.

La société française manifeste pourtant une forte capacité de continuité. Les rassemblements de janvier 2015, les hommages aux victimes et la reprise rapide de la vie culturelle participent d’une forme de résilience. Dans le même temps, les attentats alimentent des tensions sur l’islam, l’immigration et la laïcité. Les musulmans français peuvent être simultanément victimes du terrorisme et confrontés à des soupçons collectifs, tandis que les actes antisémites et antimusulmans deviennent un enjeu de sécurité publique.

Le principal défi politique consiste donc à lutter contre les réseaux violents sans accepter la logique de polarisation recherchée par les terroristes. Une démocratie doit protéger sa population, mais aussi préserver la confiance civique et la distinction entre une idéologie extrémiste et une religion pratiquée par des millions de citoyens. Cette dimension sociale explique pourquoi le terrorisme est autant une bataille de récits qu’un problème policier. L’impact politique du terrorisme dépend donc autant de la réaction collective que de l’attentat lui-même : surenchère sécuritaire, stigmatisation ou fragmentation peuvent amplifier l’objectif recherché par les organisations violentes.