Le terme « banlieue » recouvre des réalités très différentes, des communes aisées de l’ouest parisien aux grands ensembles populaires. Dans le débat public, il désigne souvent les quartiers d’habitat social construits massivement durant les Trente Glorieuses. À partir des années 1970-1980, certains cumulent chômage élevé, pauvreté, départ des classes moyennes et concentration de populations immigrées ou issues de l’immigration. La crise industrielle accentue ces difficultés.
L’État développe progressivement une politique de la ville : développement social des quartiers dans les années 1980, zones urbaines sensibles, contrats de ville, rénovation urbaine après 2003. L’objectif est de combiner logement, éducation, emploi, sécurité et transports. Les résultats restent inégaux. La rénovation physique améliore parfois fortement l’habitat, mais elle ne suffit pas à corriger les inégalités scolaires ou les discriminations sur le marché du travail.
La question des banlieues est aussi une question de représentation. Les violences urbaines sont très médiatisées, alors que la majorité des habitants ne participe pas aux émeutes. Réduire ces territoires à l’échec de l’intégration masque leur diversité sociale et leurs dynamiques associatives. L’enjeu central est la concentration spatiale de difficultés sociales qui existent aussi ailleurs, mais dont l’accumulation produit un sentiment d’abandon particulier. Les « banlieues » françaises sont très hétérogènes ; certaines concentrent pauvreté et ségrégation, tandis que d’autres appartiennent aux espaces les plus favorisés des grandes agglomérations.
