En janvier 2013, à la demande des autorités maliennes, la France lance l’opération Serval pour stopper l’avancée de groupes djihadistes vers le sud du Mali. L’intervention reprend rapidement les principales villes du Nord. En août 2014, Serval est remplacée par l’opération Barkhane, dispositif régional couvrant plusieurs pays du Sahel et visant des groupes affiliés à Al-Qaïda ou à l’organisation État islamique.
Les forces françaises remportent plusieurs succès tactiques et éliminent des cadres djihadistes. Pourtant, l’insécurité s’étend dans certaines zones du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Les groupes armés exploitent conflits locaux, faiblesse des États et frustrations envers les pouvoirs centraux. Une opération militaire extérieure peut réduire les capacités d’un ennemi sans résoudre les causes politiques et sociales qui permettent son recrutement.
Les coups d’État au Mali en 2020 et 2021 dégradent fortement la relation avec Paris. La France retire Barkhane du Mali en 2022, puis sa présence militaire recule également dans d’autres pays du Sahel. La séquence illustre une limite classique de la puissance : la supériorité militaire ne garantit ni la légitimité politique ni la construction d’institutions locales capables de stabiliser durablement un territoire. Serval remporte en 2013 une victoire opérationnelle rapide, mais Barkhane révèle ensuite le décalage entre neutralisation de groupes armés et construction d’un ordre politique légitime par les États sahéliens.
