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FICHE 162 / 238

Les référendums français et néerlandais de 2005 : rejet du traité constitutionnel européen

Le 29 mai 2005, 54,67 % des électeurs français rejettent le traité constitutionnel européen. Trois jours plus tard, les électeurs néerlandais votent également contre. Ces résultats suffisent à empêcher l’entrée en vigueur du texte, qui exige la ratification de tous les États membres.

En France, le « non » rassemble des motivations très différentes : critique d’une Europe jugée trop libérale, défense de la souveraineté nationale, opposition au gouvernement, inquiétudes face à l’élargissement ou rejet d’institutions considérées comme éloignées des citoyens. Le référendum ne peut donc être interprété comme un vote simple pour ou contre l’Europe. Il agrège des clivages sociaux et politiques qui traversent les partis traditionnels.

L’épisode marque une rupture durable. Il montre qu’un approfondissement européen peut être rejeté par des électorats pourtant issus de pays fondateurs. Il nourrit aussi une controverse lorsque plusieurs dispositions institutionnelles réapparaissent dans le traité de Lisbonne, ratifié par voie parlementaire en France. La crise de 2005 devient ainsi un moment clé de la politisation et de la défiance européennes. Le « non » l’emporte en France le 29 mai 2005 puis aux Pays-Bas le 1er juin, deux votes aux motivations partiellement différentes qu’il serait abusif de réduire à un rejet uniforme de l’Europe.