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FICHE 72 / 80

La Communauté économique européenne face aux crises des années 1970 : ralentissement économique, divergences nationales et maintien de l’intégration

La Communauté économique européenne entre dans les années 1970 avec plusieurs succès : union douanière achevée, politique agricole commune et commerce intracommunautaire en forte progression. L’élargissement du 1er janvier 1973 au Royaume-Uni, à l’Irlande et au Danemark porte la Communauté à neuf membres. Presque immédiatement, le choc pétrolier, l’inflation et le chômage compliquent cependant la coordination. Les gouvernements répondent souvent selon leurs priorités nationales, ce qui nourrit l’image d’une Europe en « eurosclérose ». L’élargissement du 1er janvier 1973 au Royaume-Uni, à l’Irlande et au Danemark porte la Communauté de six à neuf membres au moment même où commencent les désordres monétaires et énergétiques, ce qui ajoute une difficulté institutionnelle à la crise économique.

Les difficultés sont aussi institutionnelles et budgétaires. La tentative d’union monétaire esquissée par le plan Werner de 1970 est désorganisée par la fin de Bretton Woods. Le Royaume-Uni conteste durablement le poids de sa contribution au budget communautaire, conflit qui aboutit au compromis de Fontainebleau de 1984. Les politiques industrielles restent largement nationales. Pourtant, la Communauté ne s’arrête pas : le Fonds européen de développement régional est créé en 1975, le Conseil européen s’installe comme lieu d’impulsion politique et le Parlement est élu au suffrage universel direct à partir de 1979.

La décennie révèle donc moins un effondrement de la construction européenne qu’un changement de contexte. L’intégration ne peut plus être portée uniquement par la forte croissance des Trente Glorieuses. Elle doit désormais gérer les divergences économiques, l’élargissement et les conflits de redistribution entre États. L’entrée de la Grèce en 1981, puis de l’Espagne et du Portugal en 1986, montre parallèlement que la Communauté devient un cadre d’ancrage des jeunes démocraties d’Europe du Sud.