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FICHE 07 / 80

La désindustrialisation : recul des industries traditionnelles et recomposition des territoires productifs

La désindustrialisation ne signifie pas la disparition de l’industrie. Elle désigne surtout la diminution de la part de l’emploi industriel dans la population active et, dans certains pays, le recul relatif du poids de l’industrie dans la valeur ajoutée. À partir des années 1970, les bassins miniers, sidérurgiques, textiles ou navals d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord connaissent fermetures d’usines, restructurations et pertes d’emplois massives. Il faut surtout distinguer emploi et production : la part de l’emploi industriel peut fortement diminuer alors même que la production manufacturière continue de croître grâce aux gains de productivité.

Trois mécanismes doivent être distingués. D’abord, la productivité industrielle progresse : une usine peut produire davantage avec moins de salariés. Ensuite, la demande se déplace vers les services à mesure que le niveau de vie augmente. Enfin, la concurrence internationale et les nouvelles stratégies des firmes déplacent certaines productions vers des régions à coûts plus faibles ou vers de nouveaux pôles industriels. Les chocs énergétiques accélèrent la crise de secteurs déjà fragilisés, notamment la sidérurgie et les industries lourdes.

Les effets sont très inégaux dans l’espace. Certaines métropoles bénéficient de la finance, des services supérieurs et des technologies nouvelles, tandis que des régions mono-industrielles cumulent chômage, départ des jeunes et perte de recettes fiscales. Les États tentent de reconvertir ces territoires, parfois avec des succès partiels. La désindustrialisation devient ainsi une question économique, sociale et politique : elle modifie la géographie électorale et nourrit le sentiment de déclassement de catégories autrefois au cœur de la prospérité industrielle.