Le gouvernement Chirac arrivé au pouvoir en 1986 veut rompre avec les nationalisations de 1982. La loi du 2 juillet 1986 autorise le transfert au secteur privé d’un vaste ensemble d’entreprises et de banques. Saint-Gobain, Paribas, Société Générale, Suez ou encore TF1 figurent parmi les opérations les plus emblématiques. L’objectif affiché est de réduire le poids de l’État producteur, d’élargir l’actionnariat et de donner aux entreprises davantage de souplesse financière. La première grande vague se déroule surtout entre 1986 et 1987 ; TF1, privatisée en 1987, appartient au même climat politique mais relève d’un dossier audiovisuel spécifique.
Les privatisations s’inscrivent dans un mouvement international déjà engagé au Royaume-Uni de Margaret Thatcher. Elles bénéficient d’un contexte boursier favorable jusqu’au krach d’octobre 1987 et rencontrent un intérêt important auprès des épargnants. Le gouvernement parle volontiers de « capitalisme populaire ». Les modalités des ventes font néanmoins débat : valorisation des actifs, choix des noyaux d’actionnaires stables et influence persistante de l’État sur certains secteurs stratégiques.
La rupture avec 1982 est forte mais pas totale. Le secteur public demeure important, et la France ne renonce pas à toute politique industrielle. L’État conserve également des instruments de régulation et veille à la constitution de noyaux d’actionnaires capables de stabiliser le contrôle des entreprises privatisées. Surtout, les alternances suivantes ne reconstituent pas l’ancien périmètre public. Les privatisations de 1986 contribuent donc à rendre durable un nouveau consensus : l’intervention de l’État passe moins nécessairement par la propriété directe des entreprises.
