Le Web apparaît d’abord comme une réponse très concrète à un problème rencontré par les chercheurs du CERN : retrouver et relier des documents dispersés. En 1989, l’informaticien britannique Tim Berners-Lee propose un dispositif fondé sur l’hypertexte : des documents pourraient être reliés entre eux et consultés à distance. Avec Robert Cailliau et d’autres collaborateurs, il contribue à mettre au point les principaux éléments du World Wide Web, notamment les adresses URL, le protocole HTTP et le langage HTML. Le premier site web apparaît au CERN en 1991.
Internet existe déjà lorsque le nouveau système de pages hypertextes commence à se diffuser. Internet fournit l’infrastructure de communication ; le Web organise l’accès à des pages et à des ressources reliées par des liens. En 1993, le CERN place les logiciels fondamentaux du Web dans le domaine public, ce qui facilite leur diffusion sans paiement de licence. L’apparition de navigateurs graphiques accélère ensuite l’adoption de cette technologie par les universités, les entreprises et le grand public. L’existence de pages reliées par des hyperliens change aussi le travail documentaire. Une publication scientifique n’est plus seulement conservée dans un établissement : elle peut être consultée à distance et renvoyer vers d’autres sources, ce qui accélère certains échanges entre équipes.
L’ouverture des standards facilite une appropriation rapide au-delà du monde de la recherche. Cette liberté d’utilisation encourage l’innovation et l’émergence de nouveaux services, mais permet aussi l’essor d’acteurs privés capables de concentrer l’accès à l’information. Les moteurs de recherche, les réseaux sociaux et les plateformes modifient progressivement la manière dont les savoirs sont visibles, hiérarchisés et monétisés. Le choix de rendre ces outils largement accessibles explique leur diffusion, sans empêcher l’apparition ultérieure d’intermédiaires privés puissants dans l’accès à l’information.
