Les immigrés algériens en France et leurs descendants transmettent une mémoire située entre les deux rives. Pendant la guerre, le FLN et le MNA se disputent le contrôle politique de l’émigration. À Paris, la répression de la manifestation algérienne du 17 octobre 1961 demeure longtemps marginale dans le récit national français. Les recherches historiques ont établi la responsabilité de la préfecture de police et l’existence de nombreux morts, malgré des archives incomplètes et des évaluations discutées. La reconnaissance publique progressive de l’événement montre comment une mémoire militante peut conduire à une enquête historique, puis à une prise de parole de l’État.
Les présidents de la République multiplient les reconnaissances ciblées. En 2012, François Hollande reconnaît une répression sanglante lors de la manifestation du 17 octobre 1961. En septembre 2018, Emmanuel Macron reconnaît la responsabilité de l’État dans la disparition de Maurice Audin et admet l’existence d’un système favorisant la torture durant la guerre. En mars 2021, il reconnaît au nom de la France qu’Ali Boumendjel a été torturé et tué par l’armée française. Ces gestes reconnaissent des faits précis et reposent sur les travaux des historiens ; ils suscitent aussi des attentes pour d’autres victimes.
