Sommaire du cours
I. Introduction et définition de la notion
Le est la capacité d’exprimer et de communiquer des significations au moyen de signes organisés. Il sert à désigner, interroger, raconter, raisonner et s’engager auprès d’autrui. Il ne transporte donc pas seulement des pensées déjà formées : en donnant une forme publique à l’expérience, il permet de préciser les idées, de les discuter et parfois de les transformer.
Il faut distinguer le , une et la . Le désigne une capacité générale ; une est un système partagé de signes et de règles, comme le français ; la correspond à son emploi dans des actes particuliers. L’écriture et les langues des signes montrent que la ne dépend pas de la voix : elle repose sur des formes organisées et sur des usages appris. Une devient ainsi une pratique commune, pas un code privé.
Un renvoie à autre chose que sa seule présence matérielle. Ce rapport peut reposer sur une trace physique, une ressemblance ou une convention. La fumée indique un feu, un portrait représente une personne et le mot feu désigne son objet parce qu’une lui attribue cette fonction. Comprendre un exige donc d’identifier le type de relation qui le rend interprétable.
La philosophie du examine les rapports entre les signes, la pensée et le monde. Elle demande comment un acquiert un sens, dans quelles conditions il peut être vrai ou faux et comment il devient compréhensible pour autrui. Elle étudie aussi ce que nous faisons en parlant : promettre, ordonner ou accuser modifie une relation. Le est donc à la fois un moyen de connaître et une manière d’agir.
II.Développement
A. Les signes et leur organisation
La et la
Le sens d’une expression ne se confond pas avec l’objet qu’elle désigne. Plusieurs descriptions peuvent se rapporter à la même personne tout en apportant des informations différentes. Une expression peut aussi être comprise sans désigner un objet réel, comme dans une fiction. Si toute dépendait de l’existence immédiate de son référent, il deviendrait difficile de parler du passé, d’un projet ou d’une possibilité.
La ne constitue pas un simple inventaire d’étiquettes attachées à des choses déjà découpées. Elle offre des formes pour exprimer des relations, nier, conditionner ou comparer. Le sens d’un dépend de la place des mots et des combinaisons autorisées. La construction participe donc à ce qui est dit, au lieu de servir de simple emballage à une pensée déjà achevée.
La convention et la règle
La relation entre une forme linguistique et son sens n’est généralement pas imposée par une ressemblance naturelle. Le même objet peut être désigné différemment dans plusieurs langues. Cette absence de nécessité naturelle ne signifie pas que chacun puisse choisir seul les mots qu’il emploie. Un rend la communication possible parce que son usage possède une certaine stabilité collective.
La règle linguistique n’exige pas non plus une application sans variation. Une se transforme par les pratiques, les rencontres et les innovations. Un usage nouveau devient compréhensible lorsqu’il entretient des rapports reconnaissables avec les usages partagés. La norme et le changement doivent ainsi être pensés ensemble : sans stabilité, le sens devient difficile à reconnaître ; sans possibilité de variation, l’expression d’expériences nouvelles serait limitée.
Les niveaux de l’analyse
La syntaxe concerne l’organisation des expressions. La sémantique étudie leurs significations et, notamment, les conditions de vérité des énoncés. La considère les usages dans des situations de communication. Ces dimensions sont distinctes sans être indépendantes. Une phrase grammaticalement correcte peut être dépourvue de pertinence dans une conversation ; une phrase incomplète peut être parfaitement compréhensible dans un contexte partagé.
Si quelqu’un répond simplement demain à une demande de rendez-vous, l’interlocuteur complète ce qui n’est pas explicitement formulé. Cette compréhension dépend d’une activité d’interprétation. Elle repose sur des règles et des attentes communes, pas sur une coïncidence miraculeuse entre deux pensées isolées. L’analyse du doit donc considérer les énoncés et les pratiques qui leur donnent une fonction.
B. Les rapports entre et pensée
Former et préciser une idée
Il semble possible d’éprouver une douleur, de reconnaître un visage ou d’anticiper un mouvement sans formuler une phrase. Toute activité mentale ne se laisse donc pas immédiatement identifier à un discours intérieur. Le raisonnement explicite sur des relations abstraites utilise néanmoins souvent des signes qui stabilisent les distinctions et permettent de suivre plusieurs étapes.
Nommer un phénomène peut le rendre plus accessible à la réflexion. Distinguer jalousie, inquiétude et ressentiment aide à identifier des expériences que l’on pouvait auparavant confondre. Le mot n’ajoute pas seulement une étiquette à une pensée entièrement achevée. Il peut participer à sa détermination. Cette fonction comporte aussi un risque : une catégorie trop rigide peut faire négliger les variations du vécu qu’elle devait éclairer.
La diversité des langues et les possibilités de pensée
Les langues n’organisent pas toutes leurs catégories de la même façon. Cette diversité peut orienter l’attention et faciliter certaines distinctions. Elle ne permet pas de conclure que les locuteurs seraient enfermés dans des mondes mentaux absolument incommunicables. L’apprentissage, la comparaison et la reformulation rendent possible un déplacement des habitudes de pensée.
Une version forte du déterminisme linguistique soutiendrait que la fixe les limites indépassables de ce que l’on peut concevoir. Une position plus modérée reconnaît des influences sans supprimer la possibilité de les examiner. La difficulté est de préciser ce que signifie influencer : rendre une distinction habituelle, faciliter une mémorisation ou empêcher réellement un concept ne sont pas des affirmations équivalentes.
La pensée intérieure et la discussion
Le permet de revenir sur ses raisons. Une impression peut sembler évidente tant qu’elle reste vécue ; formulée, elle devient une thèse dont il faut préciser le sens et le fondement. L’écriture prolonge cette fonction en rendant le raisonnement disponible pour une relecture. Elle donne à la pensée une forme publique, donc contestable et corrigeable.
La discussion expose également les idées à des objections. Cette publicité ne garantit pas la vérité, puisque des groupes peuvent entretenir une même erreur. Elle élargit cependant les moyens de correction. Un désaccord devient plus fécond lorsque les interlocuteurs précisent s’ils divergent sur les faits, sur le sens d’un terme ou sur le critère d’évaluation employé.
C. Le sens dans les situations de communication
Comprendre au-delà de ce qui est formulé
L’ il fait froid peut décrire une température ou suggérer qu’il faut fermer une fenêtre. Le sens des mots et l’intention de communication doivent être distingués. L’interprétation dépend du contexte, de ce que les interlocuteurs savent et de la relation qui les unit. Une même phrase peut ainsi être une information, un reproche ou une plaisanterie.
Cette dépendance ne rend pas toute interprétation également valable. La situation et les usages fournissent des contraintes. Une lecture doit expliquer les éléments disponibles et pouvoir être corrigée par une précision de l’interlocuteur. Le malentendu apparaît parfois lorsqu’un sens littéral est compris, mais que la fonction de l’ ne l’est pas. Clarifier une conversation peut donc demander de reformuler ce que l’on cherchait à faire, au-delà de ce que l’on a dit.
La et la reformulation
Traduire ne consiste pas toujours à remplacer chaque mot par un équivalent fixe. Une expression peut posséder des connotations ou une fonction qui demandent une autre construction dans la d’arrivée. La doit arbitrer entre proximité de la forme, précision du contenu et effet produit. Ces objectifs peuvent entrer en tension.
L’existence de traductions discutables ne prouve pas l’impossibilité de toute compréhension. Elle montre que celle-ci comporte un travail. La reformulation dans une seule rencontre une difficulté voisine : expliquer un concept change les mots tout en cherchant à conserver des relations de sens. On peut donc reconnaître des pertes ou des résistances sans conclure que chaque ou chaque personne serait enfermée dans une privée.
D. Les actions et les pouvoirs de la
Dire et s’engager
Promettre modifie une relation : l’interlocuteur reçoit une raison de compter sur une conduite future. La formule linguistique intervient dans la constitution de cet engagement. Elle ne décrit pas seulement un état intérieur préalable. Des conditions doivent toutefois être réunies : comprendre ce que l’on fait, s’adresser à quelqu’un et employer les signes dans une situation où ils comptent comme un engagement.
Les actes institutionnels rendent ce rôle particulièrement visible. Déclarer une séance ouverte n’a pas le même effet suivant l’autorité reconnue à celui qui parle. La agit à travers des conventions et des relations sociales. Elle ne tire pas son efficacité d’une propriété magique de la phrase. Une même suite de mots prononcée dans un récit ou sur une scène peut représenter un acte sans l’accomplir réellement.
Convaincre et persuader
Convaincre consiste à obtenir un assentiment par des raisons que l’interlocuteur peut examiner. Persuader peut mobiliser également les émotions, les images et la manière de présenter. Les deux démarches ne s’excluent pas nécessairement : un argument juste peut être rendu plus sensible par un exemple. La difficulté apparaît lorsque l’efficacité recherchée remplace le souci de la validité.
Une formulation peut orienter le jugement en rendant certains aspects saillants et d’autres difficiles à voir. Décrire une même dépense comme une charge ou comme un investissement ne change pas seulement son vocabulaire ; cela propose déjà une manière de l’évaluer. Le pouvoir du vient ainsi des cadres de comparaison qu’il rend disponibles, sans dispenser de vérifier les faits auxquels ces cadres s’appliquent.
La reconnaissance et la domination
Prendre la ne suffit pas toujours pour être entendu. Le statut de l’orateur, son accent ou sa maîtrise des codes peuvent affecter la valeur attribuée à ses propos. Une inégalité linguistique peut donc renforcer une inégalité sociale même lorsque chacun possède formellement le droit de parler. L’enjeu concerne l’accès à la discussion et les critères selon lesquels une devient crédible.
Les mots peuvent également humilier ou enfermer une personne dans une catégorie. Leur effet dépend des relations et des circonstances, sans être réduit à une simple sensibilité individuelle. La réflexion doit alors articuler la liberté d’expression, la critique et les torts produits. Elle ne peut traiter toute comme une description sans conséquence, ni supposer que tout désaccord constitue à lui seul une violence.
III. Étude et analyse des auteurs
Descartes et le comme manifestation de la pensée
La cinquième partie du Discours de la méthode, publié en 1637, examine comment distinguer un être humain d’une machine qui en reproduirait l’apparence. Descartes propose notamment le critère de l’usage approprié de paroles ou d’autres signes dans des situations variées. Produire un son appris ne suffit pas à manifester une pensée.
L’argument oppose une réponse mécaniquement liée à une sollicitation et la capacité de composer des signes pour répondre au sens de ce qui est dit. Un dispositif pourrait émettre des mots lorsqu’on le touche à un endroit précis. Cette correspondance ne montrerait pas qu’il comprend. Descartes insiste sur l’adaptation ouverte du discours, qui semble dépasser un répertoire de réponses particulières.
Son critère ne dépend pas de la voix. Il mentionne des personnes privées de l’usage de la sonore qui communiquent par des signes. L’organe d’émission et la capacité de signifier doivent donc être distingués. Le manifeste, dans sa théorie, une raison qui ne se réduit pas à l’agencement des organes.
Le raisonnement possède des limites : l’absence d’un humain ne suffit pas à démontrer l’absence de toute forme de pensée, et l’aptitude observable à produire des réponses appropriées demande elle-même à être interprétée. Il faut donc distinguer le critère proposé et la conclusion métaphysique que Descartes en tire. Sa contribution est d’avoir placé au centre de l’analyse la différence entre reproduire des signes et les employer dans une relation intelligible à une situation.
Saussure et le caractère systémique de la
Le Cours de linguistique générale paraît en 1916, après la mort de Ferdinand de Saussure. Il est établi par Charles Bally et Albert Sechehaye, avec la collaboration d’Albert Riedlinger, à partir de notes de cours. Il ne doit donc pas être traité comme un manuscrit entièrement rédigé et publié par Saussure lui-même.
Le linguistique unit un et un . Le est la forme reconnue du , présentée notamment comme image acoustique ; le correspond au concept. Cette relation ne doit pas être confondue avec celle qui relie directement un mot à une chose extérieure. L’arbitraire signifie que l’association n’est pas naturellement nécessaire. Il ne signifie pas que le locuteur dispose librement du vocabulaire commun.
La valeur d’un dépend de ses différences avec les autres signes du système. Un terme reçoit des limites par les oppositions dans lesquelles il entre. Deux langues peuvent ainsi répartir un domaine de sens suivant des découpages différents. La comparaison ne consiste pas seulement à associer des étiquettes sonores à des concepts parfaitement identiques et déjà constitués.
Cette approche distingue aussi l’étude d’une dans un état donné, synchronique, et l’étude de ses transformations, diachronique. On peut lui reprocher de laisser au second plan certains usages concrets, les rapports de pouvoir ou l’activité des interlocuteurs. Ces limites n’annulent pas son apport : comprendre un demande d’examiner les relations qui le rendent distinctif dans une organisation partagée.
Wittgenstein et la diversité des usages
Les Recherches philosophiques, publiées après la mort de Wittgenstein en 1953, contestent la recherche d’un modèle unique qui expliquerait tout . Les paragraphes 1 à 23 proposent notamment des situations élémentaires, dont celle d’ouvriers utilisant des mots dans une activité de construction. Un mot y possède une fonction déterminée par la pratique dans laquelle il intervient, et non par un objet mental qui lui serait attaché en toute circonstance.
Le paragraphe 43 rapporte, pour une large classe de cas mais pas pour tous, la à l’usage. Cette restriction appartient au propos. Wittgenstein ne propose pas de remplacer toute analyse par une formule universelle. Il invite à observer les opérations effectivement accomplies : donner un ordre, raconter, plaisanter ou demander ne sont pas des descriptions identiques sous des formes grammaticales différentes.
La notion de jeu de articule les mots et les activités auxquelles ils participent. Comprendre une règle, c’est savoir poursuivre une pratique, reconnaître les circonstances où elle s’applique et distinguer un usage correct d’un usage déplacé. Le sens n’est donc pas une image mentale privée ajoutée au mot ; il se manifeste dans la maîtrise d’un usage partagé.
Les développements sur le privé, notamment à partir du paragraphe 243, interrogent la possibilité de signes dont le sens serait fixé par une expérience strictement inaccessible à toute autre personne et sans critère indépendant de correction. L’argument ne nie pas l’existence des sensations personnelles. Il demande ce qui permettrait de distinguer suivre une règle et seulement croire la suivre. L’approche peut sembler accorder trop de poids aux usages établis ; elle constitue néanmoins un moyen précis de dissiper des problèmes produits par l’emploi d’un mot en dehors des conditions qui lui donnent un sens.
Austin et les actes de
Publié en anglais en 1962, How to Do Things with Words, traduit en français sous le titre Quand dire, c’est faire, réunit les conférences de J. L. Austin, notamment celles prononcées à Harvard en 1955. L’ouvrage étudie des énoncés qui accomplissent des actes, comme promettre ou nommer, plutôt que de simplement rapporter un fait.
Austin examine leurs conditions de réussite. La procédure doit exister, les personnes et les circonstances doivent être appropriées, et l’acte doit être exécuté correctement. Une déclaration formulée sans l’autorité requise peut échouer. Une promesse insincère pose un autre problème : elle peut bien constituer une promesse tout en étant défectueuse du point de vue de l’engagement. Les différents échecs ne doivent donc pas être confondus.
L’analyse dépasse progressivement l’opposition entre constatif et performatif. Austin distingue l’acte locutoire, production d’un pourvu de sens, l’acte illocutoire, ce que l’on fait en parlant, et les effets perlocutoires, ce que l’on produit par cette , comme rassurer ou convaincre. Ces dimensions peuvent appartenir à une même intervention. Une mise en garde peut être accomplie sans obtenir l’effet attendu sur celui qui l’entend.
Affirmer quelque chose constitue également un acte de , même si l’ conserve une exigence de vérité. La théorie ne supprime donc pas la distinction entre vrai et faux ; elle la replace parmi plusieurs dimensions d’évaluation. Son apport est de montrer que le se comprend dans des relations réglées entre des personnes, où le sens, l’engagement et les effets ne se recouvrent pas entièrement.
Lexique
- Langage
- Capacité humaine à produire, comprendre et combiner des signes pour exprimer des significations, communiquer et accomplir des actes. Le langage dépasse la parole sonore : il peut mobiliser des langues signées, des systèmes écrits et des conventions partagées.
- Langue
- Système socialement partagé de signes et de règles qui permet aux membres d’une communauté de construire des énoncés. Une langue possède notamment un lexique et une grammaire ; elle se distingue de la faculté générale de langage et des usages individuels de la parole.
- Parole
- Mise en œuvre singulière d’une langue par un locuteur dans une situation donnée. Chez Saussure, la parole se distingue de la langue comme système collectif ; elle fait intervenir des choix, des intentions et des circonstances particulières.
- Signe
- Élément perceptible ou reconnaissable qui renvoie à autre chose que lui-même. Selon les cas, ce rapport repose sur une convention, une ressemblance ou une relation causale ; les mots des langues fonctionnent principalement à l’intérieur de systèmes de conventions.
- Signifiant
- Dans la linguistique saussurienne, face sensible ou forme identifiable d’un signe linguistique, traditionnellement conçue comme image acoustique. Il se distingue du signifié, c’est-à-dire du concept associé, sans constituer à lui seul la signification complète.
- Signifié
- Concept associé à un signifiant au sein d’un signe linguistique, dans la théorie de Saussure. Il ne se confond pas nécessairement avec l’objet réel auquel on fait référence : un mot peut être compris même lorsqu’il ne désigne aucun être existant.
- Arbitraire du signe
- Principe saussurien selon lequel le lien entre un signifiant et un signifié n’est généralement pas imposé par une nécessité naturelle. Cette convention n’autorise pas chaque locuteur à changer librement les mots : leur usage dépend d’une communauté linguistique.
- Signification
- Rapport par lequel un mot ou un énoncé possède un sens intelligible dans une langue et une situation. La signification dépend des règles linguistiques et des usages, mais ne se réduit pas toujours à l’objet concret éventuellement désigné.
- Référence
- Relation entre une expression linguistique et l’être, l’objet ou la situation auxquels elle renvoie. Deux expressions peuvent avoir la même référence tout en présentant des sens différents ; certaines expressions intelligibles n’ont aucun référent réel.
- Énoncé
- Suite de signes produite dans une situation de communication et susceptible d’exprimer une proposition, une question, un ordre ou un engagement. La compréhension d’un énoncé dépend de sa structure linguistique ainsi que de son contexte d’emploi.
- Pragmatique
- Domaine de l’étude du langage consacré à son usage en situation et aux effets des paroles sur leurs destinataires. Il examine notamment les intentions communicatives, les présupposés, le contexte et les actes accomplis en parlant.
- Acte de langage
- Action accomplie au moyen d’un énoncé, comme promettre, ordonner, avertir ou remercier. Les théories d’Austin et de Searle montrent que le langage ne sert pas seulement à décrire le monde, mais aussi à modifier des relations et des engagements.
- Énoncé performatif
- Énoncé qui, dans des conditions institutionnelles ou sociales appropriées, accomplit l’action qu’il énonce, par exemple formuler une promesse. Chez Austin, son efficacité dépend du contexte et des conventions, et non de la seule vérité d’une description.
- Polysémie
- Propriété d’un mot possédant plusieurs sens liés entre eux, selon les usages et les contextes. Elle montre que le vocabulaire ne fonctionne pas comme un catalogue de correspondances uniques entre mots et choses ; l’interprétation dépend de l’énoncé entier.
- Traduction
- Opération consistant à reformuler dans une langue un contenu exprimé dans une autre, en cherchant à préserver des significations et des effets pertinents. La traduction oblige souvent à choisir entre plusieurs équivalences imparfaites, notamment pour les images, les nuances et les contextes culturels.
